"J'ai rendez-vous avec Angela"

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Les Allemands estiment que leur Chancelière, Angela Merkel, est un peu trop familière avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

En Allemagne, tout le monde appelle Angela Merkel "Mutti". Si la "maman" de la nation est toujours aussi populaire dans les sondages, son "instinct" maternel commence à être critiqué de plus en plus ouvertement. La Chancelière sans enfant est accusée d’être trop clémente envers son dernier "protégé". Son nom? Alexis Tsipras…

La chef du parti chrétien-démocrate (CDU) et le leader du mouvement d’extrême gauche Syriza ne partagent pourtant pas les mêmes idées politiques. Mais le "courant" semble passer entre ces deux dirigeants. Lors de sa première visite officielle à Berlin en mars dernier, l’ancien ingénieur de 40 ans était tout sourire devant les photographes, tout en serrant chaleureusement la main de l’ex-physicienne qui a vingt ans de plus que lui.

"Angela… tu sais de qui je parle…"

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Plus récemment, un épisode plutôt cocasse relaté dans les colonnes du "Frankfurter Allgemeine Zeitung" (FAZ) a montré à quel point les deux chefs de gouvernement étaient proches l’un de l’autre. Lors du sommet du Partenariat oriental auquel participaient les 28 membres de l’UE et six pays de l’ancienne URSS, les 21 et 22 mai dernier à Riga, Alexis Tsipras a quitté la table des négociations en expliquant à Martin Schulz qu’il avait "un rendez-vous avec Angela".

Surpris, le président du Parlement européen lui répondit: "Avec Angela? Qui est cette personne?" Embarrassé, le Premier ministre grec se contenta de répondre: "Angela… tu sais de qui je parle…" Tout sourire, l’ancien député social-démocrate lui donna un coup de coude en lui demandant s’il "n’était pas un peu tombé amoureux". Alexis Tsipras eut alors l’air "un peu gêné mais très fier", résume le reporter du FAZ. Cette relation assez complice commence à en énerver plus d’un en Allemagne.

"Mutti" va devoir choisir

Le ministre fédéral des finances, Wolfgang Schäuble, souhaiterait que la Chancelière se montre plus ferme envers la Grèce, un pays qu’il a toujours jugé "irresponsable" et dont il critique la "politique désinvolte". Le chef de file des députés sociaux-démocrates (SPD) au Bundestag, Thomas Oppermann, juge, lui aussi, que "la situation en Grèce ne s’est pas améliorée ces deux dernières semaines" et il se demande pourquoi "la Chancelière n’a pas fait de ce dossier sa principale priorité".

58%
Plus d'un Allemand sur deux souhaiteraient que la Grèce abandonne l'euro.

L’Allemand de la rue semble également perdre patience. Un récent sondage de l’institut YouGov montre que 58% des personnes interrogées souhaiteraient que la Grèce abandonne la monnaie unique sans attendre. Près de la moitié des sondés (49%) pensent qu’Athènes devra probablement quitter la zone euro alors qu’ils étaient à peine 39% à partager cette opinion le mois dernier. "Mutti" va devoir bientôt choisir lequel de ses "enfants" elle préfère…

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