Jamais la Bourse d'Athènes n'a autant chuté

©© Panayiotis Tzamaros/Demotix/Corbis

Après cinq semaines de fermeture dans le cadre du contrôle des capitaux, la Bourse d'Athènes s'est effondrée pour sa réouverture. Les valeurs bancaires ont particulièrement encaissé.

Les traders s'y attendaient. La Bourse d'Athènes a chuté pour sa première séance, après cinq semaines de fermeture. Quelques minutes après le début des échanges, l'indice principal de la place financière grecque  chutait de 22,8%. Il a finalement clôturé en recul de 16,23%, la plus forte baisse de son histoire. La dernière chute d'une telle ampleur remonte à décembre 1987 avec des pertes de 15,3% sur la séance.

Les valeurs bancaires ont été particulièrement pénalisées avec un plongeon d'environ 30%, qui traduit la grande vulnérabilité du secteur en attente urgente de recapitalisation après des retraits de plus de 40 milliards d'euros depuis décembre.

  • La Bourse avait été fermée le 26 juin, à la veille de l'annonce surprise par Alexis Tsipras, premier chef d'un gouvernement de gauche radicale en Europe, d'un prochain référendum (qu'il a remporté, le 5 juillet) sur les nouvelles mesures d'austérité proposées à son pays. Il espérait sortir de l'impasse dans laquelle s'étaient retrouvées les négociations avec les créanciers (UE et FMI) en soumettant ainsi leur offre d'accord sur le financement à la population.
  • Cette décision avait provoqué la panique des épargnants qui s'étaient précipités aux distributeurs de billets pour retirer de l'argent, aggravant une lente hémorragie des dépôts depuis décembre 2014.
  • Devant le risque d'un effondrement des banques, le gouvernement avait décrété un contrôle des capitaux et la fermeture à la fois des banques, qui ont finalement rouvert le 20 juillet, et de la Bourse.

La Bourse d'Athènes (ASE) est restée fermée depuis le 29 juin, jour où le gouvernement a imposé la fermeture des banques et instauré un contrôle des capitaux.

Les échanges ont repris lundi avec des limitations pour les investisseurs locaux. Ces derniers ne peuvent pas financer l'achat de titres avec l'argent de leurs comptes bancaires en Grèce, restant ainsi soumis au contrôle des capitaux encore en vigueur dans ce pays. Ils peuvent en revanche se servir de comptes à l'étranger ou effectuer des transactions en liquide. Une interdiction des ventes à découvert pour limiter la spéculation à la baisse était également en vigueur lundi.

Les investisseurs étrangers -qui détiennent environ 60% de la capitalisation boursière sur le marché grec- ne sont pas concernés par ces restrictions.

©Bloomberg

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