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L'accord conclu, le plus dur reste à accomplir

©Bloomberg

Le troisième plan d’aide de la Grèce devrait ramener la stabilité et, à terme, la croissance dans le pays. Pour autant que la Grèce respecte ses engagements en mettant en œuvre les réformes prévues.

L’accord de principe conclu hier aux petites heures entre la Grèce et les dirigeants de la zone euro suffira-t-il à ramener la stabilité et la croissance dans le pays au bord de la faillite? Tous les chefs d’État et de gouvernement en étaient persuadés, à la sortie du Sommet de la zone euro. À commencer par le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Mais la recette va-t-elle prendre? Tout dépendra de la rapidité avec laquelle le plan d’aide de 82 à 86 milliards d’euros sera élaboré. Vu la dégradation de l’économie grecque, l’élaboration de ce plan et sa mise en œuvre ne doivent pas traîner. La chancelière allemande Angela Merkel l’a rappelé hier: la détérioration de l’économie grecque depuis le début de cette nouvelle crise, survenue après l’arrivée de Syriza, a fortement creusé la dette du pays.

Selon un responsable européen, cette crise politique et économique a coûté entre 25 et 30 milliards d’euros au gouvernement grec.

Or, l’élaboration du troisième programme d’aide à la Grèce risque de prendre plusieurs semaines. Un mois au minimum, selon un responsable européen. "Nous savons que le temps est compté pour la Grèce mais il n’y a pas de raccourcis possibles", a indiqué hier Klaus Regling, le directeur du Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds de secours appelé à débloquer plusieurs dizaines de milliards d’euros pour la Grèce.

Selon un responsable européen, cette crise politique et économique a coûté entre 25 et 30 milliards. d’euros au gouvernement grec.

Le retour à la stabilité et à la croissance envisageables

Pour autant que l’accord soit voté par les Parlements et que le plan d’aide soit finalisé, la Grèce disposera des marges de manœuvre nécessaires pour faire redémarrer son système bancaire.

Le gouvernement Tsipras a aussi obtenu un rééchelonnement d’une partie de la dette de son pays, qui représente aujourd’hui 175% du PIB. La maturité des prêts sera allongée et les intérêts seront aménagés. Cet autre ballon d’oxygène devrait soulager le pays, pour autant qu’il en profite de manière durable.

À plus long terme, les réformes structurelles contenues dans l’accord devraient être en mesure de restaurer la confiance des investisseurs, seule condition préalable à un redémarrage de l’économie grecque.

Mais il restera encore du chemin à parcourir avant le retour de la croissance. "Avant le début de la crise économique et financière, la Grèce allait vers une croissance de plus de 3% de son PIB. Aujourd’hui, elle affiche une décroissance supérieure à -3%", souligne une source européenne.

Le pays en difficulté aura aussi accès à un programme d’investissement de 35 milliards d’euros qui sera libéré par la Commission européenne. Cet argent était déjà prévu, mais sa libération était conditionnée à un accord entre la Grèce et ses créanciers.

Par ailleurs, Alexis Tsipras a désormais les coudées franches pour rénover les structures étatiques de la péninsule. Réduire les dépenses publiques, réformer la fiscalité, améliorer la durabilité des retraites, adopter un code de procédure civile pour réduire les coûts de la justice… Ces mesures devraient conférer à l’économie de meilleures conditions de croissance.

Un fonds de privatisations difficilement réalisable

Le retour à la stabilité est envisageable, à condition que la confiance des créanciers soit restaurée durablement. L’accord prévoit à cette fin un "fonds de privatisations" de 50 milliards d’euros. Un "verrou", intégré à la demande de l’Allemagne.

Le gouvernement grec s’est engagé à transférer dans ce fonds des actifs de valeur. Ce fonds doit ensuite les monétiser, en les vendant ou en les exploitant le plus rentablement possible.

La moitié de ces recettes doit aller à la recapitalisation des banques. Le reste ira au désendettement et à des investissements, à concurrence de 12,5 milliards chacun.

Ce fonds sera basé en Grèce, géré par le gouvernement hellène, et supervisé par les autorités internationales.

Cette cession d’actifs est une caution exigée de longue date des créanciers de la Grèce. Le nouvel accord fait largement droit à cette demande. Mais de nombreuses questions se posent quant à la faisabilité de cette privatisation massive.

Combien de temps faudra-t-il pour la réaliser? Quels biens sont-ils susceptibles d’être vendus? Rien n’est précisé dans l’accord. Syriza, dont l’un des chevaux de bataille est l’arrêt des privatisations, va-t-il aller à contre-courant de ses convictions?

Pour beaucoup d’observateurs, le pari est difficilement réalisable.

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