L'avenir grec se discute en coulisses

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Le nouveau ministre grec des Finances Yanis Varoufakis affirme que sortir la Grèce de la zone euro reviendrait à voir le chateau de cartes s'effondrer. Il pointe ainsi du doigt la situation italienne. En attendant, la Troika est arrivée dimanche à Athènes.

L'euro est un château de cartes qui s'écroulerait si l'on en retirait la Grèce, affirme le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, dans un entretien dimanche à la télévision italienne, repris lundi dans les médias italiens.

"La sortie de la Grèce de l'euro n'est pas une perspective qui rentre dans nos plans, simplement parce que nous pensons que l'Europe est fragile. C'est comme quand on construit un château de cartes. Si on enlève la carte Grèce, les autres s'écroulent", déclare le ministre grec dans cet entretien.

Ce dernier compare également la situation de la dette grecque à celle de l'Italie, ce qui a provoqué une vive réaction de la part de son homologue italien Pier Carlo Padoan.

"Des fonctionnaires italiens, je ne dirai pas de quelle grande institution, m'ont approché pour me dire qu'ils sont solidaires avec nous, mais qu'ils ne peuvent dire la vérité, également parce que l'Italie risque la banqueroute et qu'ils craignent des conséquences de la part de l'Allemagne", déclare M. Varoufakis dans cette interview à la chaîne publique RAI.

"Un nuage de peur a enveloppé ces dernières années toute l'Europe. En somme, nous devenons pire que l'ex-Union soviétique", a-t-il ajouté.

"La dette italienne solide et supportable. Les propos de Varoufakis n'ont pas lieu d'être", a sèchement répliqué le ministre italien sur son compte Twitter.

Interrogé lundi par les médias italiens depuis Istanbul, où il participe à une réunion des ministres des Finances du G20, M. Padoan a ensuite affirmé s'être expliqué avec son homologue grec.

"Nous nous sommes expliqué avec Varoufakis. Nous nous sommes parlé ces dernières heures et nous avons échangé des messages. Il n'y a aucun problème et encore moins sur le plan personnel", a déclaré le ministre italien.

"L'objectif de l'Italie est de trouver une solution partagée en ce qui concerne la situation de la Grèce, à partir de la réunion de l'eurogroupe mercredi" à Bruxelles, a-t-il ajouté, cité par l'agence italienne AGI.

"Les institutions européennes sont très ouvertes à trouver une solution qui soit dans l'intérêt de tous. Pour le moment, il n'y a pas de plan B, nous devons avant tout voir le plan A", a encore dit M. Padoan.

Pourparlers en coulisses

Malgré la fermeté affichée par le gouvernement grec sur ses projets de financement et de réformes, les tractations se poursuivent lundi avec les représentants des créanciers du pays qui ont fait le déplacement à Athènes en vue de discussions cruciales, mercredi, à Bruxelles.

La rencontre devrait rester secrète mais a fini par être ébruitée: deux émissaires de la zone euro sont arrivés à Athènes dimanche pour rencontrer des responsables du gouvernement, signifiant ainsi que le dialogue n'est pas rompu.

Et c'est même un responsable de cette troïka que le Premier ministre Alexis Tsipras voue aux gémonies, qui a été chargé de jouer les Monsieur bons offices: Declan Costello est le représentant de l'Union européenne au sein de l'attelage UE-BCE-FMI qui supervise depuis 2010 les réformes demandées à la Grèce. Il est venu à Athènes avec Thomas Wieser, président de l'Euro Working Group, l'instance qui prépare les Eurogroupes - réunion des ministres européens des Finances.

Une source européenne voyait dans cette mission le signe que la zone euro fait "tout son possible pour faciliter" la préparation de l'Eurogroupe extraordinaire de mercredi à Bruxelles, où Athènes et ses créanciers vont essayer de trouver un terrain d'entente sur le cadre de financement immédiat d'une Grèce menacée par l'asphyxie budgétaire, selon les analystes.

Le ministre français des Finances Michel Sapin a résumé le dilemme des Européens, à son arrivée lundi pour le G20 Finances à Istanbul: "Il faut assurer un financement sans quoi la Grèce serait à la merci de n'importe quelle situation de panique sur les marchés, mais on ne peut pas simplement dire +on finance, on finance+", car "le pendant" de ce soutien doit être "le respect des règles européennes" par Athènes.

 

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