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La Grèce réclame 279 milliards d'euros à l'Allemagne, et des réponses

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Le débat sur les réparations allemandes a ressurgi avec intensité en Grèce. Athènes, étranglée par les dettes, veut aussi connaître l'origine de celles-ci. La chasse aux coupables est ouverte...

Durant un débat parlementaire, Dimitris Mardas, secrétaire d'Etat au Budget, a indiqué que ses services avaient évalué à 278,7 milliards d'euros le montant des réparations de guerre dues par l'Allemagne à la Grèce à la suite de l'occupation du pays entre 1941 et 1944.

Le débat sur les réparations allemandes a ressurgi depuis le début la crise économique en Grèce et le nouveau gouvernement Syriza revendique le paiement de ces réparations alors que l'Allemagne incarne pour de nombreux Grecs la politique d'austérité stricte qui leur est imposée pour tenter de redresser le pays.

Selon Mardas, la somme de 278,7 milliards comprend un prêt forcé de 10,3 milliards d'euros exigé de la Banque de Grèce par les occupants ainsi que les dommages subis par les "particuliers et les infrastructures" du pays.

• Un rapport de la Comptabilité nationale grecque avait dans la passé évalué le montant des réparations à 162 milliards d'euros (infrastructures et prêt).

Mais pour Berlin, la question des réparations et des dédommagements de guerre a été définitivement réglée par le biais de traités internationaux.

 

♦ D'où viennent ces dettes?

Bientôt nous allons démontrer que la Grèce est un pays indépendant et respectable.
Alexis Tsipras
Premier ministre grec

Autre exigence grecque, Alexis Tsipras demande des réponses sur l'origine des politiques d'austérité en Grèce

Le Premier ministre grec a estimé que "les questions qui se posent sur ces cinq dernières années de plans d'austérité sont immenses" et que "le peuple a le droit d'avoir des réponses". Tsipras s'exprimait lors d'une séance parlementaire consacrée à la création d'une commission d'audit de la dette grecque, qui était une promesse de campagne d'Alexis Tsipras.

Constituée de scientifiques et de juristes, la commission vise à déterminer l'origine de la dette grecque et des plans d'austérité mis en place à partir de 2010 en échange de l'aide financière de l'Union européenne, de la BCE et du FMI.

"L'objectif est de déterminer l'éventuel caractère odieux, illégal ou illégitime des dettes publiques contractées par le gouvernement grec", avait précisé la présidente de l'Assemblée Zoé Konstantopoulou en mars, lors de la présentation de la commission qui devrait rendre ses premières conclusions en juin.

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"Le peuple grec a besoin de comprendre comment le pays a accepté des mesures qui ont fait augmenter la dette, passée de 124% du PIB au début de la crise à 175% aujourd'hui, qui ont conduit à l'augmentation du chômage, aux baisses des salaires et à l'exode des jeunes diplômés", a déclaré Tsipras."La commission doit examiner les conséquences désastreuses du PSI (échange de dette mené par le secteur privé en mars 2012, ndlr) sur les caisses d'assurance et comment cela a permis d'alléger la charge des banques allemandes."

Il a été chahuté par les députés socialistes du Pasok et conservateurs de la Nouvelle Démocratie (l'ancienne coalition au pouvoir, ndlr) qui ont annoncé ne pas voter pour la constitution de cette commission.

Celle-ci étudiera la période entre mai 2010, date du premier mémorandum entre la Grèce et ses créanciers, à janvier 2015, date de l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale Syriza.

Ce choix de dates est contesté par le groupe parlementaire socialiste soulignant que la dette a considérablement augmenté durant le mandat de la Nouvelle Démocratie entre 2004 et 2009.

La Nouvelle Démocratie a fait une contre-proposition pour que la question de l'origine de la dette soit étudiée sur une période allant de 1981 à aujourd'hui.

"Bientôt nous allons démontrer que la Grèce est un pays indépendant et respectable", a assuré Tsipras alors que les négociations avec les créanciers se poursuivent et qu'un bilan de ses propositions devrait être fait en conférence téléphonique mercredi du groupe de travail de l'Eurogroupe.

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