Les 4 scénarios possibles

©REUTERS

Comment pourrait évoluer la crise grecque? Voici 4 scénarios envisageables.

Scénario 1

Athènes obtient un prêt de 7,2 milliards

C’est le scénario idéal. La Grèce doit rembourser 5,1 milliards d’euros (1,6 milliard au FMI pour le 30 juin et 3,5 milliards à la BCE pour le 20 juillet). Mais les caisses sont vides. Pour ne pas faire défaut, Athènes doit obtenir un nouveau prêt de 7,2 milliards. Ses créanciers subordonnent son octroi à un accord sur une liste de réformes destinées à mettre le pays sur la voie de l’orthodoxie budgétaire. Créanciers et emprunteurs négocient sans succès depuis cinq mois. Mais, surprise, l’un et l’autre sont soudain prêts à faire des concessions. La situation se débloque le 18 juin, lors de l’Eurogroupe, ou, vraisemblablement, lors du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement 25 et 26 juin.

À moins que le prêt de 7,2 milliards ne soit octroyé par un tiers. Un "invité surprise", comme la Russie courtisée par Tsipras.

Scénario 2

La Grèce ne paie pas et reste dans la zone euro

Le 30 juin, à défaut d’accord avec ses créanciers, la Grèce ne rembourse pas sa dette au FMI. Le pays sera-t-il pour autant considéré par les Européens comme faisant défaut? Non. Un responsable européen l’a rappelé hier: un non-paiement de l’échéance due au FMI n’entraînera pas automatiquement un défaut sur les prêts de la zone euro. La vraie échéance, c’est le 20 juillet, le prêt de 3,5 milliards auprès de la BCE. Si cette dette n’est pas honorée, le risque d’instabilité est grand. La BCE pourrait cesser d’autoriser la Banque de Grèce à prêter aux autres institutions du pays. Les déposants grecs pourraient se ruer vers leurs banques et provoquer leur faillite. La Grèce ne se relèverait pas avant longtemps de cette crise. Pour éviter le pire, le gouvernement Tsipras, ou une nouvelle équipe issue d’élections, finirait par plier devant les créanciers de la Grèce.

Scénario 3

La Grèce fait défaut et sort de la zone euro

La Grèce fait défaut le 20 juillet. Le système bancaire grec est en pleine débandade. Pour éviter le pire, la Grèce sort de la zone euro. C’est le "Grexit". Le gouvernement rétablit le Drachme et fait tourner la planche à billets. Endettée, le pays laisse entrer dans son économie des investisseurs "étrangers", comme la Russie ou la Chine. Des biens publics sont vendus. L’Europe, quant à elle, ne souffrirait guère d’un "Grexit". Le risque systémique est faible. La Grèce n’est pas Lehman Brothers. Le pays a déjà fait défaut en 2012, les banques se sont débarrassées de la plupart de leurs dettes grecques. Athènes pourrait conclure un accord avec ses créanciers pour faciliter sa sortie de la zone euro. Mais cela pourrait déraper, et la Grèce sortir de l’Union européenne. Dans ce cas, pour l’Europe, perdre la Grèce serait une catastrophe géopolitique majeure.

Scénario 4

A la mode "chypriote"

Le défaut de paiement de la Grèce, le 30 juin ou, pire, le 20 juillet, est inexorable, tandis qu’aucun accord n’a été conclu entre le pays et ses créanciers. Les marchés s’emballent. Afin d’éviter un "Grexit" ou une crise dévastatrice pour la Grèce, ses créanciers lui imposent une issue de crise semblable à celle qui fut appliquée à Chypre. Ils instaurent un contrôle des capitaux et ferment les banques pendant plusieurs jours. L’objectif? Faire plier le gouvernement Tsipras et imposer des réformes. C’est le "plan B" que prépareraient pour l’instant le FMI, la BCE et la Commission, à en croire la presse allemande. Il pourrait être mis en œuvre en cas d’absence d’accord lors de l’Eurogroupe ou du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. Mais la Grèce n’est pas Chypre. Et un tel plan suppose le vote d’une loi au sein du parlement grec.

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