Un bank run tranquille...

©© Alexandros Michailidis/Demotix/Corbis

Cette semaine, ce sont au moins trois milliards qui seraient partis des banques, selon la presse. Mais selon un banquier, il n'y a pas de files d'attente ou de panique...

Les Grecs se prémunissaient vendredi contre la possible instauration d'un contrôle des capitaux en cas d'échec du sommet européen de lundi, mais dans un calme à la hauteur du fatalisme qui règne dans le pays après six ans d'une crise sans précédent.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : ménages et entreprises grecs, inquiets des conséquences de l'arrivée de Syriza au pouvoir, avaient retiré déjà 31,5 milliards d'euros de décembre à avril, et le mouvement se serait accéléré depuis. Rien que cette semaine, ce sont au moins trois milliards qui seraient partis, selon la presse.

Car chacun redoute que le gouvernement et ses créanciers ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les réformes à accomplir pour que ces derniers versent à temps à Athènes les 7,2 milliards d'euros qui lui permettront de rembourser au FMI le 30 juin une échéance d'1,5 milliard d'euros.

Faute de quoi, la Grèce sera en défaut de paiement, avec les conséquences ingérables d'une possible panique bancaire ("bank-run").

Pour éviter celle-ci, tous les économistes pointent désormais la probabilité de l'annonce sans préavis d'un strict contrôle des mouvements d'argent, comme en mars 2013 chez le voisin chypriote, qui vient à peine d'en sortir. Cependant, impossible de déceler la moindre frénésie devant les distributeurs de la ville vendredi.

Même si, devant cette succursale de la Banque nationale de Grèce (BNG - une des quatre grandes banques du pays) dans le quartier bourgeois de Kolonaki, on ne parlait que de ça.

  • "Les gens sont calmes parce que tout est déjà parti!" s'amusait Panos, 23 ans, un livreur.
  • Pas tout à fait : une retraitée disait être venue retirer le reste de ses économies après avoir attendu trois heures la veille pour un précédent retrait au guichet.
  • Maria, 39 ans, avait pris "quelques centaines d'euros au cas où il n'y aurait plus d'argent dans les distributeurs". Mais "sans toucher à son compte d'épargne".
  • Kyriaki, elle, une analyste financière de 31 ans, "ne voulait pas avoir de responsabilité dans la situation", et n'avait rien retiré, tout en reconnaissant que "si elle avait beaucoup à perdre" dans cette banque, "elle verrait peut-être les choses différemment".
  • Comme Athina, qui, titulaire d'un compte à l'étranger, avait résisté jusqu'alors à transférer ses économies, "car on ne peut pas vouloir à la fois que la Grèce sorte de cette crise et contribuer à affaiblir le système". Mais elle va s'y résoudre avant le 30 juin, "car la situation devient vraiment incertaine".

La Banque de Grèce veut rassurer

©Bloomberg

Le système bancaire grec reste stable, a déclaré vendredi le gouverneur de la banque centrale grecque, cherchant à apaiser les inquiétudes face à la flambée des retraits des épargnants.

"Le gouverneur de la Banque de Grèce confirme la stabilité du système bancaire, qui est complètement sécurisé par les actions conjointes de la Banque de Grèce et de la Banque centrale européenne", déclare Yannis Stournaras dans un communiqué diffusé après sa rencontre avec Euclide Tsakalotos, le coordinateur de l'équipe chargée par Athènes de négocier avec les créanciers internationaux du pays.

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