Spadel, le maître des eaux, mise sur ses bastions régionaux pour se développer

©Anthony Dehez

Les prix de "L’Entreprise de l’année" et de "L’Entreprise prometteuse de l’année", organisés par EY, L’Echo et BNP Paribas Fortis, seront décernés le lundi 16 octobre. Qui succédera à Daoust et à Real Impact Analytics?

Être un "acteur régional à dimension humaine" n’empêche pas l’ambition. Spadel , qui brigue une place de leader sur les marchés qu’il occupe, entend s’appuyer sur des places fortes régionales pour se développer. Et tailler des croupières, là où il le peut, aux grandes multinationales.

Société de taille moyenne au niveau européen, Spadel peut s’appuyer sur six marques régionales fortement ancrées dans leur marché. Numéro un au Benelux avec Spa et Bru, Spa Monopole n’est plus à présenter. La marque Devin, acquise en début d’année, prend à son compte 40 % du marché bulgare. L’Alsacienne Carola est bien implantée dans l’est de la France et la galloise Brecon Carreg, numéro un au pays de Galles, gagne du terrain dans l’ouest de l’Angleterre.

Spadel | Finaliste pour l'Entreprise de l'Année 2017

Exploitée depuis le XVIe siècle

L’eau de source de Spa est exploitée depuis longtemps. On retrouve la trace d’une première exploitation commerciale à la fin du XVIe siècle. Dès le XVIIIe siècle, elle est exportée vers l’Amérique. Les sources de Spa sont protégées à partir de 1889, les autorités publiques établissant un périmètre de protection de 34,6 hectares. Depuis 2001, un décret de la Région wallonne étend cette zone de protection à plus de 13.000 hectares.

Spadel
  • 1912: Création de la "Compagnie fermière des eaux et bains de Spa", rebaptisée Spa Monopole en 1921
  • Emploi: 1.287 salariés (Devin inclus), dont près de 600 en Belgique
  • Chiffre d’affaires 2016: 250,4 millions d’euros (croissance sur 4 ans: 26,3 %)
  • Résultat après impôt: 17,2 millions d’euros (croissance sur 4 ans: 92,4 %)

C’est en 1912 que naît la société qui deviendra le groupe Spadel. La Compagnie fermière des eaux et des bains de Spa possède le monopole sur les sources de la cité thermale. Un statut qui pousse le chevalier Charles de Thier à créer la société Spa Monopole.

Les ventes progressent rapidement, passant de 2,9 millions de bouteilles en 1920 à 15 millions en 1922. Mais ce n’est qu’en 1924 que la famille du Bois imprime sa marque, avec l’entrée au conseil d’administration d’Ernest du Bois. Grand-père de l’actuel administrateur délégué Marc du Bois, cet ingénieur géologue a fondé après la Première Guerre mondiale la société Acide Carbonique Pur (ACP).

Cet homme d’affaires avisé perçoit vite le profit qu’il peut tirer du succès croissant des eaux pétillantes dans les années folles. Il entre au capital de plusieurs sociétés minéralières: Chaudfontaine, Spontin, et Spa Monopole. Confrontée à des difficultés financières, cette dernière accepte de régler ses dettes envers Ernest du Bois en lui octroyant des actions.

Petit à petit, la famille du Bois montera en puissance dans le capital de la société. Elle en détient aujourd’hui 93%, le reste étant flottant en Bourse.

©Anthony Dehez

Sous la houlette d’Ernest du Bois, Spa Monopole multiplie les innovations (les limonades Spa Citron et Spa Orange) et les acquisitions (Spontin en 1933, Chevron en 1942).

À son décès en 1947, son fils Guy-Jacques, âgé d’à peine 22 ans, reprend les rênes de l’entreprise, qu’il transformera progressivement en un leader industriel régional après l’avoir sortie de l’ornière au lendemain de la guerre 40-45. Le succès croissant de l’eau minérale après la Seconde guerre mondiale permet à Spa Monopole de connaître une croissance quasi ininterrompue qui aboutira à la création, en 1980, du groupe Spadel, acronyme de "Société de Services, de Participations, de Direction et d’Élaboration. Fallait y penser…

En 2000, Guy-Bernard, le fils aîné de Guy-Jacques du Bois, qui avait succédé à son père à la tête du groupe, se tue dans un accident de la route. Son jeune frère Marc se voit aussitôt propulsé à la direction.

Spadel investit alors dans la modernisation de l’outil et dans les innovations. Les acquisitions aussi. Après une première escapade au Pays de Galles, avec le rachat de Brecon Carreg en 1983, le groupe se tourne vers la France, en rachetant les sources de Wattwiller (en 2004) et de Ribeauvillé (en 2013).

Nouvelle gamme

Avant le dernier rachat en date, celui de la société bulgare Devin, Spadel s’est surtout centré sur le renouvellement de sa gamme de produits.

Entreprise de l'année 2017

Les prix de "L’Entreprise de l’année" et de "L’Entreprise prometteuse de l’année", organisés par EY, L’Echo et BNP Paribas Fortis, seront décernés le lundi 16 octobre. Qui succédera à Daoust et à Real Impact Analytics?

Découvrez ci-dessous les 4 finalistes:

Lancées en 2013, les eaux aromatisées naturelles sans sucre ajouté connaissent un succès fulgurant. Pour répondre à cet engouement, le groupe investit dans la capacité de production. "Spadel a investi 45 millions d’euros sur le site de Spa sur les cinq dernières années", souligne Marc du Bois. Une ligne supplémentaire est notamment installée. Cet investissement de 12,8 millions d’euros doit permettre au groupe de disposer d’une nouvelle unité de production qui sera dédiée à des petits formats et dont la cadence variera entre 40.000 et 48.000 bouteilles par heure.

Avec un chiffre d’affaires consolidé de 250,4 millions d’euros en 2016, le groupe Spadel a progressé de 26,3% en 4 ans. Plus des trois quarts de cette croissance sont d’origine organique. Dans le même temps, le résultat d’exploitation a quasiment doublé, passant de 12,8 millions d’euros en 2012 à 25,1 millions en 2016.

"Ce groupe, qui emploie aujourd’hui 1.287 personnes, avec des positions fortes au Benelux, mais aussi en Bulgarie, et des positions régionalement fortes au Royaume Uni et en France, est un petit parmi les grands plutôt qu’un grand parmi les petits", résume son administrateur délégué.

Entreprise prometteuse

Lasea

Fondée en 1999 par Axel Kupisiewicz, ingénieur physicien de l’Université de Liège et actuel CEO, Lasea est spécialisée dans les systèmes laser à haute précision pour des industries aussi diverses que l’automobile, l’électronique, le pharmaceutique, le médical et l’énergie ainsi que pour l’horlogerie ou la joaillerie.

Installée à Liège, avec une présence en France et aux Etats-Unis, la firme travaille aussi bien dans le marquage et la traçabilité des produits (via notamment la gravure de numéros de série) que la soudure des plastiques ou encore le traitement de surfaces (dans le cas de décorations sur des mouvements de montres par exemple, ou la pose d’un logo à travers une plaque de verre).

Des applications fortement demandées et pour lesquels l’expertise de l’entreprise est reconnue. En résulte une croissance annuelle sur les six dernières années de plus de… 30%. Cela tient peut-être à la précision atteinte par la firme, pouvant aller jusqu’à 0.2 µm, soit 250 fois moins que le diamètre d’un cheveu.

Si Lasea emploie aujourd’hui près de 70 personnes et génère un revenu consolidé tournant autour des 9 millions d’euros, le quart de son chiffre d’affaires est réinvesti en recherche et développement, histoire de soutenir son développement futur.

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