Fact Security mise sur sa réactivité pour challenger les trois grands du gardiennage

Fact Security propose une large palette de services, qui inclut les missions de rondes de surveillance. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Les prix de "L’Entreprise de l’année" et de "L’Entreprise prometteuse de l’année", organisés par EY, L’Echo et BNP Paribas Fortis, seront décernés le lundi 16 octobre. Qui succédera à Daoust et à Real Impact Analytics?

En quinze ans, Yves Bastin a réussi à hisser Fact Security sur la quatrième marche du marché du gardiennage en Belgique derrière trois filiales de multinationales, Securitas, G4S et Seris. L’entreprise qu’il a créée au départ d’une feuille blanche et d’une simple idée, en 2001, est devenue la première société wallonne – et indépendante – du secteur avec près de 800 emplois et une palette de services associés à la sécurité lui permettant de disputer les grands clients "entreprises" à ses principales rivales.

L’histoire a débuté en marge d’une autre. Au départ, Yves Bastin travaillait comme avionicien, c’est-à-dire mécanicien spécialisé en maintenance aéronautique. Après avoir bossé au service de la Sabca et de la compagnie charter TEA de Georges Gutelman, il bichonnait les avions de la Sabena pour le compte de sa filiale spécialisée Sabena Technics. Parallèlement, ce fils d’agriculteur, dont les journées étaient toutes placées sous le signe de l’effort et du travail, soignait ses fins de mois en faisant office de portier aux entrées de deux discothèques bien connues de la jet-set bruxelloise, le Mirano et le Claridge.

"Je n’ai pas bien vécu la faillite de la Sabena, j’adorais mon métier de mécanicien. Mais j’avais envie d’entreprendre. J’ai toujours aimé les défis."
yves bastin
fondateur et ceo

Fin des années 1990, la conjonction de deux événements a fait basculer son destin: l’entrée en vigueur de la Loi Tobback réglementant plus strictement les activités de gardiennage et la faillite du groupe Sabena. "Le patron du Mirano m’a dit que la nouvelle loi changeait la donne pour les portiers et qu’il fallait trouver des solutions, se remémore Yves Bastin. J’avais une société dormante, Fact SPRL, que j’avais constituée en 1996 pour exploiter, sans succès, un magasin de vêtements. Cela m’a donné l’idée de lancer un nouveau business dans ce créneau du gardiennage: j’ai rebaptisé ma SPRL Fact Security, j’ai déposé une demande d’agrément et j’ai suivi les formations nécessaires. Le premier avril 2001, j’ai reçu l’autorisation d’exercer toutes les activités de gardiennage à l’exception du transport de fonds."

L’année 2001, c’est aussi celle de la faillite de la Sabena: bien que Sabena Technics souhaite continuer à utiliser ses services, Yves Bastin démissionne pour se consacrer à 100% à sa nouvelle affaire. Son premier client est… le Mirano! Mais d’autres suivent bientôt: le Centre belge de la Bande dessinée, le parc d’attraction Walibi, la chaîne de grande distribution Cora… D’emblée, la cible est fixée: les entreprises, privées comme publiques.

Fact Security | Finaliste pour l'Entreprise de l'Année 2017

Management préventif

M Bastin ©Dieter Telemans

Rapidement, le jeune patron définit sa stratégie: il va pratiquer ce qu’il appelle le management préventif. "Ce mode de gestion proactif consiste à déceler les problèmes dès leur naissance afin de les résoudre immédiatement. Plus tard on les réglera, plus difficile et plus coûteux ce sera."

Une démarche qualitative plutôt que quantitative qui l’amène à passer trois ou quatre jours par semaine à visiter ses clients. Il leur demande d’évaluer périodiquement les services fournis par Fact Security en leur décernant une cote. "Tout le monde est évalué en permanence, du simple agent au directeur financier qui établit la facture. Il s’agit d’une analyse objective, étayée par des cotations. Cette transparence est la base de la confiance. Ce système a toujours bien fonctionné et nous a permis de tisser un intense relationnel client. Accessoirement, grâce à cela, je sais en permanence ce qui marche bien ou mal dans la société."

Fédérer

Seul actionnaire de son entreprise, Yves Bastin a constamment réinvesti ses profits dans son développement. "En Wallonie, on a malheureusement encore trop souvent tendance à considérer que les entrepreneurs sont là pour s’enrichir, observe-t-il. C’est faux, nous sommes là pour entreprendre. Pour définir des objectifs puis fédérer des gens autour de soi pour les atteindre et continuer à se développer."

profil
  • Année de création: 2001
  • Emploi: plus de 750 personnes
  • Chiffre d’affaires 2016: 27,5 millions d’euros
  • Part à l’exportation: infime (Grand-Duché)
  • Croissance depuis 2014: 20 % par an
  • Part du chiffre d’affaires issue de marchés publics: 35%
  • Position sur le marché belge du gardiennage: 4e

En grandissant, Fact Security a ajouté des métiers complémentaires à son activité de gardiennage: logistique, services d’accueil, etc. Elle s’est aussi dotée d’une société sœur, Fact Training, qui assure la formation du personnel: "C’est une force de disposer d’un tel outil, car ce métier implique de la formation continue; c’est aussi une aide au recrutement; c’est enfin un levier de performances qui nous permet de motiver et de valoriser notre personnel." Et en 2013, elle a fait un premier pas vers l’internationalisation en reprenant les clients d’une entreprise faillie au Grand-Duché pour y ouvrir une filiale.

"Pour l’essentiel, nous prestons des services, explique le CEO, notre chiffre d’affaires est donc intimement lié aux emplois. Je tire une grande satisfaction personnelle du fait que quelque 800 familles vivent grâce à ce que nous construisons ensemble ici."

Cap sur la Flandre

Aujourd’hui, le groupe construit par Yves Bastin pèse 27,5 millions d’euros de chiffre d’affaires (plus de 30 millions attendus cette année), enregistre une croissance supérieure à 20% chaque année depuis 2014 et emploie plus de 750 personnes. Il se positionne en premier challenger des trois leaders du marché national, et mise sur sa réactivité et sa stratégie qualitative pour leur tailler des croupières. Il considère le projet de loi prévoyant d’ouvrir une série de missions policières au secteur privé (surveillance caméra dans les villes…) comme une opportunité. Entre autres projets d’avenir, il songe à se déployer en Flandre, dont il est quasiment absent aujourd’hui, et à investir davantage dans la dimension technologique de ses métiers. Il compte notamment ouvrir en son sein une "control room", afin d’être en mesure de gérer en un seul lieu l’ensemble des signaux d’alerte entrants.

"Depuis les attentats de 2016, la sécurité n’est plus perçue comme un mal nécessaire, mais comme un service essentiel au fonctionnement de l’entreprise et de la société, conclut Yves Bastin. Cela revalorise le métier." Dans la foulée, il émet le vœu que nos responsables politiques participent à la revalorisation de l’entrepreneuriat. "Il faut redonner l’envie aux jeunes d’entreprendre et faciliter l’accès à la création d’entreprise", dit-il, en commençant par simplifier le cadre administratif et redynamiser l’enseignement. Une déclaration empreinte de bon sens: une qualité essentielle dans son métier.

Entreprise prometteuse

Edebex étend son empreinte en Europe

En trois ans à peine, Edebex est parvenu à imposer sa plate-forme d’échange de créances commerciales bien au-delà des frontières de la région bruxelloise où elle est née. Le concept est simple mais novateur dans la mesure où il permet la vente de créances à l’unité et non par paquet. L’algorithme développé par Edebex permet d’analyser un risque facture en 20 minutes. Une fois la vente effectuée, le vendeur est déchargé de toute obligation.

La scale-up fintech s’est lancée avec succès sur le marché belge et luxembourgeois avant d’attaquer la France l’année dernière en grande partie grâce aux trois millions d’euros levés en juin 2015 auprès d’un business angel français installé en Belgique. L’Hexagone représente désormais 60% de son chiffre d’affaires. Globalement, en Europe continentale, la start-up bruxelloise fait figure de leader dans la mesure où leur produit est assez unique par rapport à ce qui existe déjà sur le marché.

Dernièrement, Edebex s’est allié avec Credion, un expert hollandais du financement d’entreprise, pour attaquer le marché hollandais. "Nous sommes optimistes, mais un marché n’est pas l’autre", a confié son CEO, Xavier Corman. À cette occasion, elle a annoncé avoir franchi le cap des 125 millions d’euros de factures échangées en ligne, soit un volume qui a plus que doublé depuis 2016.

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