Desobry, un nouvel écrin pour un nouvel élan

Thierry Huet, CEO de Desobry ©Emy Elleboog

Créée en 1947, la biscuiterie tournaisienne Desobry voit grand. Après avoir investi plus de 20 millions d'euros dans l'automatisation, elle se prépare à déménager dans un nouvel écrin de 5 hectares logé dans le zoning de Tournai Ouest. De quoi se donner l'espace nécessaire pour poursuivre son développement.

Le timing prévu sera parfaitement respecté. En mars 2019, la biscuiterie Desobry disposera d’une nouvelle unité d’emballage ultramoderne, installée dans un hangar de 12.000 m2. Où seront également logés une laveuse de bacs totalement automatisée et trois grands espaces de stockage hauts de 17,5 mètres.

Desobry

♦ Créée en 1947 par Léon Desobry, la biscuiterie éponyme a connu un parcours tourmenté entre sa mise en vente, en 1981, et son rachat, en avril 2000, par Thierry Huet et deux autres managers.

♦ L’entreprise tournaisienne a bouclé son exercice 2017-2018 avec un chiffre d’affaires de 35,2 millions d’euros (+ 10 %), dont 78 % proviennent des marchés d’exportation.

♦ A l’étroit dans son faubourg tournaisien, Desobry s’apprête à déménager son unité d’emballage dans le zoning de Tournai Ouest.

♦ Desobry, qui emploie 260 salariés, produit annuellement près de 6.000 tonnes de biscuits.

La société tournaisienne, à l’étroit dans son usine enchâssée au cœur du Vert Bocage, un quartier résidentiel de la périphérie de Tournai, se prépare à changer de dimension. Le fruit d’un processus de longue haleine entamé il y a une dizaine d’années. Entre 2008 et 2013, Desobry aura investi 23 millions d’euros dans l’automatisation et le numérique. Et voilà qu’elle vient de lâcher 15 millions supplémentaires pour la construction de sa nouvelle unité d’emballage.

Présente partout dans le monde sauf en Afrique, la société tournaisienne, qui emploie 260 personnes (intérimaires compris), compense le handicap du coût salarial en misant sur la qualité et sur l’efficience industrielle.

Pour le CEO Thierry Huet, investir dans l’automatisation et dans l’innovation est la clé de la survie d’un acteur beaucoup plus petit que ses concurrents. "L’innovation et la différenciation sont des éléments clés. Nous sommes un des plus petits acteurs, mais un des plus dépensiers au niveau des investissements, parce que nous nous obligeons à être parmi les premiers dans le domaine technologique ou dans les innovations produits. Avec nos ganaches ou nos biscuits perlés, nous sommes uniques au monde", souligne-t-il.

DESOBRY | FAST & SERIOUS

Un passé mouvementé

Selon lui, Desobry se trouve en décalage avec les théories économiques, qui parlent de masse critique, de grandes synergies, d’organisations multiples, d’outsourcing de la production. "Nous faisons tout l’inverse: nous avons une usine en Belgique, nous investissons énormément, notre marché intérieur est très réduit, ce qui nous oblige à exporter, avec tous les coûts que cela génère, dit Thierry Huet. C’est possible grâce à une organisation très resserrée. Nous n’avons pas une panzer division, nous sommes plutôt des paracommandos susceptibles d’être envoyés en mission éclair à 1.000 kilomètres".

L’histoire de cette société familiale n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Vendue en 1981 par la famille Desobry à la multinationale américaine Pillsbury, elle se retrouve sept ans plus tard, avec les gaufres Suzy ou encore les glaces Häagen Dazs, dans le giron du géant britannique Grand Metropolitan. Qui, sous la marque Diageo, se recentrera ensuite sur les boissons.

En 1997, les activités alimentaires sont revendues à la CNP d’Albert Frère. Mais l’alimentation, ce n’est pas trop son truc. Alors, quand éclate la crise de la dioxine en 1999, Thierry Huet, directeur général de Suzy et Desobry, pousse la CNP à tout revendre.

Suzy est rachetée par Lotus Bakeries pendant que Huet, soutenu par deux collègues managers, reprend Desobry via un management buy out (MBO). En avril 2000, l’affaire est réglée, avec le soutien actif de la Banque Degroof, qui détient toujours 22,1% du capital.

Même si le propriétaire n’est plus le même, Desobry a donc retrouvé son ADN d’entreprise familiale: la famille Huet possède 65,5% des parts, les 11,4% restants étant détenus par le management de l’entreprise.

Desobry respire la santé. Ses cinq lignes de production lui permettent de produire annuellement près de 6.000 tonnes de biscuits. De quoi lui assurer un chiffre d’affaires de plus de 35 millions d’euros. Quatre fois plus que lors du rachat de l’entreprise, il y a 18 ans.

Pour Thierry Huet, il n’y a pas de mystère: si la biscuiterie tournaisienne s’en sort si bien, c’est grâce à un rythme d’investissements "colossal" par rapport à sa taille.

"Quand ils parlent du secteur alimentaire, les financiers évoquent souvent un investissement ‘défensif’. Mais ils oublient une chose: l’alimentaire est un des marchés les plus globalisés au monde et requiert une technicité robotique de haut niveau, souligne le patron de Desobry. Il faut gérer des matières premières cotées en Bourse, des manufacturiers… Sans oublier la pression sur les prix exercée par les distributeurs. Et nous sommes régulièrement l’objet d’audits non annoncés de nos clients".

Avec son nouvel écrin logé dans le zoning, Desobry peut voir l’avenir avec optimisme. Car la surface disponible permet, si nécessaire, de doubler les lignes de production. De quoi envisager sereinement une montée du chiffre d’affaires à 100 millions d’euros. Mais ce ne sera pas pour tout de suite.

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