Gobert veut rayonner au-delà de la Wallonie

Ronald Gobert, administrateur délégué et troisième génération de l’entreprise familiale. ©Anthony Dehez

Les prix de "L’Entreprise de l’année" et de "L’Entreprise prometteuse de l’année", organisés par EY, L’Echo et BNP Paribas Fortis, seront décernés le lundi 15 octobre. Qui succédera à Spadel et à Trasis?

L’histoire de l’entreprise Gobert débute juste après la Seconde Guerre mondiale dans le petit village de Thieusies. On est dans la région du Centre. Dans le triangle composé par Soignies, Mons et Le Roeulx.

En 1946, Georges Gobert et son épouse Marie débutent dans le négoce en bois. En 1955, Ghislain et Gérard Gobert rejoignent leurs parents. Le business familial se développe et la famille Gobert se lance alors dans le commerce de charbon et de mazout. En 1975, c’est le troisième fils, Hubert, qui rejoint la société et son arrivée permet à l’entreprise d’élargir son champ d’activités par la location d’engins de génie civil et l’exploitation de terrils. À l’heure actuelle, Hubert Gobert est toujours l’administrateur délégué de l’entreprise et le propriétaire avec son épouse Patricia Vanden Bosch de 100% des parts de la société. La troisième génération est rentrée dans l’entreprise familiale en 2002 en la personne de Ronald Gobert. Il a commencé au service marketing mais occupe désormais, aux côtés de son père, le poste d’administrateur délégué.

GOBERT | FAST & SERIOUS

Gobert
  • Entreprise familiale fondée en 1946 par Georges Gobert.
  • Le chiffre d’affaires tourne aux alentours de 125 millions.
  • Emploie 320 personnes.
  • 13 points de vente: Ath, Ghlin, Tubize, Strépy-Bracquegnies, Soignies, Roucourt, Nivelles, Anderlecht, Colfontaine, Noville-les-Bois, Montignies-sur-Sambre, Châtelineau et Wegnez.

Quand Ronald Gobert a rejoint l’entreprise familiale, celle-ci avait un chiffre d’affaires de 35 millions et cinq points de vente. Seize ans plus tard, aujourd’hui donc, le groupe Gobert, c’est un chiffre d’affaires de 125 millions, c’est un stock d’une valeur de 20 millions, c’est 60.000 références, c’est 85 camions et c’est surtout plus de 320 employés. La croissance de l’entreprise a été parallèlement interne et externe. En effet, dès la fin des années 80, Gobert a commencé à racheter des entreprises de son secteur d’activité. La première acquisition sera les établissements Storez à Mons en 1987. La dernière opération date de 2016 avec le rachat de Reale Matériaux à Châtelineau. Le rachat de ces diverses sociétés a permis au groupe, soit d’élargir ses domaines de compétences, soit d’asseoir sa position territoriale et son assise en termes de parts de marché. On estime sa part de marché en dessous des 20%.

La société dispose pour l’instant de 13 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire wallon et sur Bruxelles. Deux supplémentaires devraient voir le jour en 2019, à savoir à Tournai et à Charleroi. Le groupe Gobert essaie au maximum de se fournir en Belgique (75% des achats). Le négoce représente 80% du chiffre d’affaires et le génie civil près des 20% restants. 80% des clients de Gobert sont des professionnels et 20% sont des particuliers. Hubert Gobert continue à suivre au jour le jour l’activité de génie civil et son fils, Ronald, celle du marché du négoce de matériaux. "Le génie civil est pour nous un marché de niche historique qui a permis à l’entreprise de se développer et de toujours garder plusieurs activités dans son portefeuille", expose pour nous Ronald Gobert. Le parc de l’activité génie civil est composé d’une cinquantaine de machines destinées notamment au terrassement de masse, dont des excavatrices de 25 à 90 tonnes, des tombereaux articulés de 35 et 40 tonnes et autres bulldozers. Chaque année, l’entreprise officie des travaux de découverture et d’exploitation de carrière pour un volume annuel supérieur à 2.000.000 m³!

Le nord de la France

Ronald Gobert ne s’en cache pas. Son souhait est de continuer à étendre son réseau en Wallonie, en Région bruxelloise mais aussi dans le nord de la France. Aujourd’hui, la France représente moins d’un pour-cent. Il y a donc du potentiel. "Nous étudions des projets dans le nord de la France avec des partenaires pour y implanter de nouveaux points de vente", avance Ronald Gobert. On évoque Lille et Dunkerque. Et les noms de Roosens Béton et de Wanty sont cités. Par ailleurs, l’équipe cycliste Gobert-Wanty est un bel outil marketing pour pénétrer le marché français. Cela fait deux ans que l’équipe wallonne participe au tour de France. Le groupe Gobert collabore avec d’autres entreprises familiales du Hainaut, notamment avec les sociétés Dufour et, à nouveau, Wanty. Cela permet notamment aux trois entreprises de l’axe Tournai-Mons-Binche de faire des économies lors d’achats groupés.

On a déjà évoqué le cyclisme mais le sport occupe une grande place chez Gobert. "Notre activité est encore fort basée sur le relationnel", insiste l’administrateur délégué. Ce dernier est le président de l’équipe de basket de Mons-Hainaut. En football, Gobert est un des sponsors principaux du Sporting de Charleroi. Pour les années à venir, les projets ne manquent pas. L’entreprise familiale veut lancer une plate-forme d’e-commerce et un concept store en 2019. Sans oublier, le positionnement stratégique de plusieurs dépôts le long de la voie d’eau qui constitue selon Ronald Gobert une opportunité à terme dans un contexte de contraintes croissantes sur le transport routier et pour réduire l’empreinte CO2 de l’entreprise. Une entreprise qui sera peut-être désignée "Entreprise de l’année"... "Vous savez à notre niveau, nous avons déjà gagné. C’est une grande fierté pour les employés d’avoir été nominé", conclut Ronald Gobert. Petite ou grande victoire, verdict le 15 octobre.

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