N-VA menace à peine voilée

Ils sont craints ou ils sont adulés mais ils ne laissent personne indifférent. Ils, ce sont les candidats de la N-VA et leurs partisans. Il y a 3 ans, les Francophones tremblaient devant Yves Leterme, aujourd’hui c’est devant Bart De Wever.

La N-VA a beau avoir modéré (sur papier) ses propos ces dernières semaines, elle n’en est pas moins séparatiste. Oui, la N-VA veut l’indépendance de la Flandre. Les drapeaux européens lors du Congrès de la N-VA dimanche passé ont été distribué par le parti afin d’éviter de voir à la télévision, une mer de lions flamands sur fond jaune. Question d’image. Mais sur le fond, rien n’a changé. A la sortie, un militant a suggéré à la personne qui récupérait les drapeaux de mettre un lion sur le fond bleu européen. Deux jours plus tard, à la conférence donnée pour la presse internationale, une étoile du drapeau européen était remplacée par un lion flamand. Bart De Wever a beau dire qu’il ne veut pas la fin de la Belgique, il veut quand même l’indépendance de la Flandre au final.

Le président est à la fois l’image de marque et la caricature de son parti. Les humoristes le dessinent bedonnant, les cheveux plaqués sur le côté, les yeux globuleux, en costume local autrichien comme lors de ses vacances familiales. Il la joue fine et cultivé en costume sans cravate sur les plateaux télévisés. Il a séduit les Flamands par son intelligence et son sens de la répartie au jeu télévisé de la VRT "De Slimste Mensen ". Bart De Wever a le bon mot, la phrase choc, l’exemple dénigrant pour ses adversaires, qui font mouche auprès de son audience.

La N-VA, c’est Bart De Wever. Bart De Wever, c’est la N-VA, même si au départ, c’est Geert Bourgeois qui a créé le parti après l’éclatement de la VolksUnie.

Geert Bourgeois est à l’opposé de son président de parti. Grand, mince, pincé, lunettes semi-transparentes, cheveux gris, le fondateur de la N-VA est classe. Il est aussi intransigeant et tatillon. Côté francophone, on le connaît mieux pour son refus de nommer trois bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise et les annulations de préparation des élections. En Flandre, on parle flamand, pas de discussion. Le ministre flamand de l’intérieur utilise son pouvoir avec délectation.

Figures respectables

La N-VA compte d’autres figures, souvent méconnues en Francophonie, qui font bonne impression en Flandre.

Jan Peumans petite barbe poivre et sel, est le plus en vue, du haut de son estrade au Parlement flamand. Ce papy de la politique sait tout aussi bien clamer le Parlement qu’il préside, que faire hurler de rire une salle remplie de militants. Par contre, il n’aime ni le Roi et ni les réceptions. Jan Peumans est républicain. Cet ancien de la VU, d’une famille ultra flamingante, ne compte plus les campagnes électorales. " J’en ai fait plus de 12 . Mais celle-ci est particulière parce que la N-VA est en ascension", explique-t-il. Jan Peumans a ceci de particulier: il adore passer ses vacances en Wallonie, où il se sent … à l’étranger.

Deux autres personnalités connues de la N-VA sont des entrepreneurs : Jan Jambon et Philippe Muyters. Le premier a travaillé dans les ressources humaines et la finance avant de vouloir appliquer en politique ses travaux du Warande, le think thank flamand. Jan Jambon a fortement critiqué l’arrivée de Michel Daerden au gouvernement fédéral. Daerden concentre tout ce que la N-VA déteste chez les politiciens wallons. Philippe Muyters, ministre flamand du budget a été administrateur délégué du Voka, la fédération patronale flamande et président du SERV, le conseil économique flamand.

Avec Siegfried Bracke, le journaliste politique transfuge de la VRT, les membres effectifs de la N-VA, donnent une image sérieuse et crédible au parti.

Partisans Flamingants

Les partisans de la N-VA, ceux que l’on voit aux meetings et qui soutiennent la campagne, montrent l’autre visage du parti. Pour eux, un francophone est par nature paresseux, unilingue et profiteur. "Je ne comprends pas l’argument francophone pour l’élargissement de Bruxelles. Parce qu’il y des francophones? Pourquoi vous ne demandez par Knokke , tant que vous y êtes ! ", lance le frère d’un parlementaire N-VA. "Vous ne parlez pas flamand en Flandre. Les conseils communaux sont toujours tenus en français dans les communes à facilités ", aboie sa voisine, qui n’a jamais été sur place. Que voulez-vous répondre à cela ? La haine contre les francophones est entretenue à coups de "on m’a dit que" et de Vlaamse Leeuw chanté sous les drapeaux.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés