Publicité
Publicité

Arlon doit gérer l'impact du riche voisin grand-ducal

"Arlon doit davantage au Grand-Duché qu’à la mère-patrie!" La réflexion date mais reste assez pertinente. La ville a tendance à s’étioler sous la pression de son riche voisin. 

Comme tous les navetteurs belgo-luxembourgeois, les Arlonais souffrent aux heures de pointe sur la E 411. Les bouchons de Sterpenich, à l’entrée du Grand-Duché, n’ont rien à envier à ceux du carrefour Léonard aux portes de Bruxelles. C’est l’un des principaux revers d’une médaille plutôt dorée et brillante... Si certains salaires bruts luxembourgeois supportent la comparaison avec leurs équivalents de l’autre côté de la frontière, ce n’est plus du tout le cas lorsqu’on les confronte après retenues fiscales. Ce n’est pas neuf, mais l’impact dépasse aujourd’hui largement le cadre d’Arlon. Habiter en Belgique mais travailler au Grand-Duché de Luxembourg est devenu un must. 

Le phénomène a d’ailleurs gagné les communes voisines d’Arlon parmi lesquelles Attert - le "petit Monaco" -, Aubange ou Messancy dont les atouts ruraux séduisent ceux qu’un centre urbain aurait pu rebuter.

Publicité

Les statistiques sont éloquentes. Attert a le taux de chômage le plus bas de la Région wallonne (5,63%), tandis qu’Arlon,  bien qu’encore privilégiée, doit se contenter de 12% (+2,5% en ans). La séduction du Grand-Duché se ressent désormais jusqu’à Léglise ou Neufchâteau. 40% de la population arlonaise tire ses revenus du Grand-Duché où elle est aussi  imposée. Cela prive Arlon d’un additionnel à l’IPP qui n’est que très partiellement compensé par une convention entre les deux Etats (4 millions par an). Ce  phénomène crée une fracture au sein de la population, selon qu’elle est rémunérée au Luxembourg ou en Belgique.

Impact sur le logement...

Le marché immobilier a spontanément répondu aux besoins des revenus aisés qui fuyaient le Grand-Duché, plus dissuasif. Mais les besoins des ménages à revenus moyens ou modestes, devenus ainsi plus difficiles à satisfaire, ont accru la pression sur le logement social. En cinq ans, la liste d’attente a doublé, à 600 ménages. Un chiffre à confronter aux seuls 55 nouveaux  logements que la société "Habitations Sud Luxembourg" a pu proposer en trois ans avec l’appui régional. Arlon a bien tenté de stimuler la construction privée sur des terrains communaux à prix plancher, mais c’est l’immobilier privé qui émerge,  admet l’échevin du logement, André Perpète. Même les casernes de l’ancienne garnison (Callemeyn) ont été reconverties en appartements de standing. 

... et sur les commerces

L’opulence du voisin grand-ducal fait aussi des dégâts colatéraux sur le commerce local et l’emploi qu’il générait historiquement. Les centres commerciaux, l’Hydrion, Cora, Mc ArthurGlen, Auchan Pôle Europe, sans parler les implantations grand-ducales qui ont fleuri  dans un rayon d’une bonne vingtaine de kilomètres, pèsent sur le commerce local. Même s’ils vivotent, Décathlon et d’autres piaffent d’impatience face à l’arrivée à Sterpenich de Ikea - qui a profité de l’empressement d’Idelux à lui dérouler le tapis rouge, avant que des Français ne s’en chargent.

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Messages sponsorisés
Tijd Connect
Echo Connect offre aux organisations l'accès au réseau de L'Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.
Partnercontent
Partner Content offre aux organisations l'accès au réseau de L'Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.