Le coup-de-poing anti-CO2 de Thalys qui n'augmentera pas le prix du billet

©BELGA

Thalys et d’autres s’engagent à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

À l’approche de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), chacun dégaine son chapelet de bonnes intentions. Aujourd’hui, c’est Thalys qui brandit le sien: le train rouge annonce ce mercredi son intention de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% pour 2020. Juste une bonne intention?Voire…

La patronne de Thalys Agnès Ogier et le patron du WWF Belgique Antoine Lebrun. ©Olivier Polet

Car l’entreprise à grande vitesse est sérieusement encadrée. Son objectif a été défini dans le cadre du "Science Based Target", un programme international qu’elle est la première entreprise belge à rejoindre. Mis au point par les Nations Unies et l’ONG environnementale WWF notamment, il vise à mettre de grandes entreprises sur les rails de l’objectif des 2°C, fixé en 2009 par les Nations Unies sur la base du consensus scientifique.

 

Pour fixer un objectif à Thalys, le WWF s’est basé sur la méthodologie Sectoral Decarbonization Approach, axée sur un rapport de l’Agence internationale de l’énergie. Si tout le monde faisait comme Thalys, le réchauffement global et ses conséquences resteraient mesurés c’est l’idée, du moins. Thalys arrête pour l’heure son objectif à 2020  par souci de "réalisme", indique sa patronne , mais seule une économie quasi décarbonisée à la fin du siècle peut garantir l’objectif des 2°C.

Viande ou renouvelable?

Depuis qu’elle a réalisé son premier bilan carbone en 2008, l’entreprise a déjà fait fondre ses émissions de gaz carbonique de 18 points. "Evidemment, les premiers sont plus faciles à perdre que les 22 suivants", indique Agnès Ogier, la CEO du consortium. Les premiers pas ont surtout porté sur la nature des plats servis à bord - plus de produits locaux, moins de viande -, et ont permis de réduire les émissions de la voiture-bar de moitié, "tout en augmentant la satisfaction client", poursuit-elle.

40%
Thalys s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2020.


Pour la suite, il va falloir jouer plus serré.La marge se joue notamment "sur la façon dont on contractualise avec nos fournisseurs d’énergie", indique la patronne. D’autant moins évident que cela dépend du mix énergétique proposé dans chaque pays que desservent ses trains à grande vitesse (France, Belgique, Allemagne et Pays-Bas)…Et que l’augmentation de la part nucléaire fort commode pour améliorer un bilan carbone - n’est "pas ce qui est prévu dans la trajectoire", précise Agnès Ogier.

Les engagements de Thalys ont été passés au crible d’un processus de "validation" du programme "Science Based Target". "Nous apportons un cadre pour encourager les entreprises à réduire leurs émissions, mais on doit pour cela être convaincu que l’entreprise a la volonté de remplir ses engagements, on établit un rapport de confiance sur la base duquel on peut les accompagner efficacement", indique Olivier Beys, responsable climat chez WWF. Et en jouant le jeu, l’entreprise s’engage à publier chaque année ses émissions.

Retrouvez dès maintenant toute l'actualité sur la conférence de Paris pour le climat dans notre dossier spécial.


Pourquoi s’imposer une telle trajectoire? Pas pour attirer le chaland, assure la patronne de Thalys: "Je ne vendrai pas le prix de mon billet plus cher parce que je fais 40% d’émissions en moins." Par contre, la démarche est stratégique."Je suis convaincue que notre produit, le train, fait partie de la solution" aux dérèglements climatiques, poursuit Agnès Ogier.
"À partir du moment où il y aura une prise de conscience massive des effets du réchauffement, les entreprises qui n’auront pas pris ce tournant vont se faire marginaliser, un peu comme VW sur le diesel", estime de son côté Antoine Lebrun, directeur de WWF Belgique.

Thalys est la cinquième entreprise à se lier aux "Science Based Target", après l’embouteilleur Coca-Cola Enterprises, le groupe alimentaire General Mills, le droguiste Procter & Gamble et l’informaticien Dell. Proximus est également candidat pour entrer dans la danse.Le programme, né à quelques mois de la Conférence de Paris sur le climat, se focalise sur les grandes entreprises et tente d’engager un éventail représentatif des grands secteurs de l’économie.


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