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Dès 2019, on manquera à nouveau de places dans les écoles

©Photo News

En plus des 55 millions d’euros d’investissements déjà planifiés, la Fédération Wallonie-Bruxelles va ajouter 20 millions pour pallier au manque de places dans les écoles bruxelloises.

La Fédération Wallonie-Bruxelles va créer, en moyenne, 950 nouvelles places chaque année dans les écoles bruxelloises. Et pourtant, les importants investissements consentis par le gouvernement ne suffiront toujours pas à répondre aux besoins des parents. Dans cinq ans à peine, il manquera à nouveau 560 places dans les écoles secondaires bruxelloises, alors que l’on en aura déjà créé 5.700.

Pourquoi, alors que le gouvernement précédent (législature 2009-2014) a mis 55 millions d’euros sur la table pour faire baisser la pression démographique dans les écoles (c’était le fameux plan Nollet de créations de places), n’y arrive-t-on toujours pas?

L’explication tient dans l’évolution de la démographie. Les données fournies par le Bureau du plan ont encore évolué. Et à Bruxelles, la croissance de la population s’emballe toujours sous la pression de l’immigration (lire aussi "L’Echo" du 18 mars): + 237% à l’horizon 2060, soit 315.000 habitants de plus. Dont, évidemment, des enfants…

Compte tenu de cela, le cabinet de la ministre de l’Enseignement Joëlle Milquet a repris sa calculette: les projections, malgré les places qui vont encore être créées, donnent donc ce nouveau déficit.

Pourquoi, à si longue échéance, est-ce déjà considéré comme un problème?

Le nord de Bruxelles toujours oublié

Au parlement, les députés s’inquiètent de la manière dont se répartissent les nouvelles places qui sont planifiées: "la majorité des places en cours de création dans le secondaire ne sont pas localisées dans les zones nord-ouest de la région", constatait la députée socialiste Caroline Désir lors de la dernière réunion de la Commission enseignement la semaine dernière.

560 places
En 2019 et 2020, il manquera à nouveau un total de 960 places dans le secondaire à Bruxelles (319 en 2019, 240 en 2020)

Les difficultés pour trouver de la place dans les écoles se concentrent aussi sur les premières années du secondaire. Les statistiques que l’on tire du décret sur les inscriptions en 1re secondaire l’illustrent d’ailleurs très bien. Alors qu’au terme de la première phase de la procédure qui s’est clôturée à la mi-mars, on a compté 15,6% d’écoles complètes en Belgique francophone, à Bruxelles, ce taux monte à 32%. La moitié des écoles dites "complètes" sont d’ailleurs concentrées dans la capitale (36 sur 74 écoles).

Le gouvernement actuel, et sa ministre de l’Enseignement Joëlle Milquet, compte-t-il remédier au problème? "La trajectoire budgétaire de la Communauté française a prévu un budget complémentaire de 20 millions d’euros sur trois ans à partir de 2017", a rassuré le ministre-président de la Fédération, Rudy Demotte, interrogé en Commission. Joëlle Milquet a également demandé au Bureau du plan de fournir des données démographiques commune par commune afin d’allouer prioritairement les nouveaux moyens aux zones à forte croissance. Et la ministre a aussi confié à son administration la mise sur pied d’une application informatique permettant aux chefs d’établissements de déclarer les places disponibles au sein de leurs écoles (cette application, appelée "Plaf", existe déjà dans l’enseignement fondamental).

Caroline Désir reste néanmoins sceptique sur les mesures annoncées et insiste sur l’urgence qu’il y a à agir. "Je me réjouis du budget annoncé (les 20 millions d’euros), mais je m’inquiète du calendrier. On annonce un déficit en 2019, mais en 2018 il ne restera plus que 27 places disponibles. Si on attend 2017 pour lancer les appels à projets, le laps de temps sera très court pour faire face au déficit annoncé en 2018-2019", avertit la députée. Ce débat, c’est certain, animera encore toute la législature…

[Suivez Nathalie Bamps sur Twitter en cliquant ici]

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