Georges-Louis Bouchez rebondit à la Toison d'Or

©Anthony Dehez

Des nouvelles du "golden boy" montois dans les "coulisses de la rédaction".

Il n’aura donc pas fallu attendre (trop) longtemps pour que le "golden boy" bleu Georges-Louis Bouchez rebondisse… Ejecté de son fauteuil de député wallon après la démission de Jacqueline Galant, dégommé – ensuite – de son poste d’échevin des Finances à Mons par Elio Di Rupo, coucou le revoilou. Olivier Chastel vient en effet d’embaucher le remuant Bouchez au MR. Et, accrochez-vous, le titre de sa nouvelle fonction est assez ronflant. "GL" est désormais délégué général du MR en charge de l’animation politique et de la prospective. En un mot comme en cent, Georges-Louis Bouchez a carte blanche pour vendre partout et même ailleurs l’action du gouvernement fédéral. Ce nouveau job lui a été confié à la demande expresse du Premier ministre Charles Michel. Et, au passage, asséner de grands coups de marteau bleu sur la tête de l’opposition socialiste. Ce dont il ne se prive pas, entre autres lors des séances marathon du conseil communal de Mons. Ces séances, dit-on, sont devenues des arrière-salles du Parlement fédéral tant les débats y sont rudes entre libéraux et socialistes. Bouchez, il est vrai, élevé à l’école Reynders, n’est jamais avare d’un bon mot voire d’une pique politique. Il ne se prive d’ailleurs pas pour rappeler qu’après Louis Michel, Didier Reynders et Charles Michel, il est le quatrième sur la liste des libéraux à s’être fait trahir par Elio Di Rupo. "Je suis donc en bonne compagnie sur cette liste", s’amuse-t-il volontiers…

Jan Smets et Jean-Paul Servais renvoyés en seconde session. Le gouverneur de la Banque nationale, Jan Smets, et le président de la FSMA, Jean-Paul Servais, ont fait quasiment salle comble, mardi dernier, pour venir s’expliquer en commission des Finances de la Chambre sur les raisons pour lesquelles certaines banques belges avaient pu (par le biais de leurs filiales) échapper à leur vigilance pour tremper dans les Panama Papers. Rendez-vous avait été fixé à midi et un plateau de sandwiches attendait au fond de la salle la fin de l’audition. Sauf que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu…

L’exposé de Jan Smets dure 1h20. Et ce malgré la demande insistante du président de la commission Ahmed Laaouej (PS) d’"aller à l’essentiel". Celui-ci ne relâche pas la pression sur Jean-Paul Servais qui conclut en 30 minutes. Les estomacs gargouillent. Mais voilà qu’il cède le micro au juriste en chef de la FSMA, Jean-Michel Van Cottem, qui, lui, se lance dans un rappel historique de l’"interprétation doctrinale" depuis les années 70. Le temps passe, tout le monde soupire, Laaouej est en droit de s’énerver mais ne le fait pas, il est trois heures. L’heure espagnole pour passer à table. Et les sandwiches attendent toujours dans leur coin pendant que les estomacs gargouillent de plus belle. Les députés peuvent enfin poser leurs nombreuses questions. Mais ils doivent faire vite car il faut libérer la salle pour quatre heures. Plus le temps d’écouter les réponses des deux invités. La séance est levée et ils sont convoqués pour se présenter en seconde session à une date ultérieure. Et tant pis pour les sandwiches et pour les députés qui, sans y avoir été conviés, ont fait l’expérience d’un demi-jour de ramadan.

Waar is da feestje? Parmi les 20.000 Belges qui avaient fait le déplacement pour assister à la leçon lyonnaise de Conté à Wilmots, il y avait bien sûr le Premier d’entre eux, Charles Michel. Mais pas que. On peut même dire que la place Bellecour, cœur de Lyon, qui battait au rythme des "waar is da feestje?", avait des airs de "place to be" politico-économique belgo-belge. Bien sûr les partenaires des Diables avaient fait le déplacement. Michel Lecomte, le directeur du service des sports de la RTBF, a même eu droit à son petit bain de supporters. Une gloire éphémère dont auraient bien goûté les chefs des deux principaux groupes du Parlement wallon: Christophe Collignon (PS) et Pierre-Yves Jeholet (MR) qui se sont croisés dans la capitale des Gaules. Comme Jean-Luc Crucke (MR). Pour rester dans le politique wallon, notons la présence du ministre des pouvoirs locaux, Paul Furlan (PS), et de l’ex-ministre des sports, René Collin (cdH). Dans les ex, il y avait aussi Jacqueline Galant (MR), consternée par la démission de Kevin & Co. Même le dossier Lampiris (repris par Total le lendemain) s’est peut-être finalisé dans les travées lyonnaises puisqu’Olivier Vanderijst, le discret patron de la SRIW, avait atterri à Satolas dans la matinée de ce lundi pluvieux. Comme Pierre Rion (ex-Iris). En bon promoteur de la fée électricité, Fernand Grifnée, patron d’Ores, avait préféré le train. Bref, du beau monde. Comme à Bordeaux d’ailleurs où les Diables pourront compter ce samedi sur l’inconditionnel soutien du même Grifnée, doublé cette fois, notamment de Dominique Leroy, la patronne de Proximus.

Breaking news. Jeudi matin, le piétonnier piétine: L’Echo annonce que l’auditeur du Conseil d’Etat demande la suspension du grand projet mayeuresque. La magie de l’information couplée à celle des réseaux fait atterrir la notification sur les smartphones des nombreux abonnés à notre vénérable quotidien, que compte le Collège des bourgmestres et échevins de la Ville de Bruxelles. Le hic? C’est qu’ils sont justement réunis en Collège lesdits abonnés. "Un breaking news qui a secoué", confiera l’un d’entre eux.

Un camouflet. Il faut croire que les blessures provoquées par la guerre des chefs au Cercle de Lorraine ne sont pas encore tout à fait cicatrisées. Baudouin Velge, l’ancien président du Cercle de Lorraine flanqué à la porte au cours d’un automne mortifère, a récemment vécu un nouveau camouflet. Le 31 mai dernier, le Cercle recevait Matthew Taylor, le CEO de Bekaert, à déjeuner. Ce dernier devait être présenté par Luc Bertrand, le CEO d’Ackermans & Van Haaren. Mais Bekaert et les Velge, c’est une histoire de famille. Et Baudouin Velge, l’un des héritiers du tréfileur, y a siégé comme administrateur pendant 18 ans, de 1998 à cette année. C’est donc tout naturellement qu’il a pris son téléphone pour appeler Dirk Gyselinck, le nouveau président du Cercle, en lui demandant de pouvoir présenter Matthew Taylor à la place de Luc Bertrand. Il nous revient cependant que les téléphones ont chauffé. Dirk Gyselinck a appelé Luc Bertrand. Bof bof. On a également appelé Godefroid de Woelmont, l’administrateur-délégué du Cercle. Toujours bof bof, mais façon plus tendue, pas question, ce serait un scandale. Bof bof au carré, quoi. L’histoire ne dit pas qui a appelé Baudouin Velge pour lui annoncer, mais il a insisté, a rappelé Dirk Gyselinck une dernière fois, mais c’était toujours bof bof, tendance non non, en fait. Et le statut de président honoraire du Cercle de Lorraine (acquis lors de l’enterrement de la hache de guerre) n’y a rien fait.

Juniac compte les jours. Quand 264 compagnies se rencontrent comme il y a dix jours à l’assemblée générale de Dublin, il est difficile de suivre tous les apartés, y compris ceux réservés à la presse. Les barrages sont nombreux. Même le service de presse d’Air France a tenté de nous écarter, mais c’est Alexandre de Juniac, CEO du groupe Air France KLM, qui nous a sauvé la mise. Nos confrères n’ont parlé que des grèves des pilotes, de l’Euro 2016 et de l’accident d’Egyptair. Juniac écoutait d’une oreille distraite, tandis que Frédéric Gagey (Air France) répondait bon gré, mal gré, des propos ponctués de temps en temps par tout le mal que pensait Juniac des syndicats de pilotes d’Air France, au passage considérablement conspués par leurs homologues de KLM, avec pétitions à l’appui.

Nos confrères ayant fait le tour de leurs questions, nous sommes revenus sur la nouvelle charge qui attend Juniac en septembre et sur ses relations avec Bernard Gustin, le patron de Brussels Airlines. "Nous nous apprécions beaucoup", nous a-t-il confié, alors que les compagnies sont dans des alliances différentes. Nous le savions car, le 22 mars, jour des attentats, Gustin avait des soucis logistiques avec le blocage de certains avions dans ses escales africaines et le personnel Air France sur place semblait vouloir "négocier les services". Un coup de fil entre les deux CEO a tout résolu. Et Juniac de confirmer: "Il y en avait quelques-uns qui voulaient faire du zèle et j’ai rappelé qu’en pareille circonstance, la solidarité est de mise." La classe. Alexandre de Juniac est le prochain directeur général de l’Iata, l’association internationale du transport aérien. Plus qu’une centaine de fois dormir et il découvrira un autre monde. Celui où on converse en gentlemen et pas en arrachant les chemises.

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