La reconduction de l'alliance actuelle est le scénario espéré sur les marchés financiers

©doc

Selon Johannes Müller, économiste en chef chez Deutsche Asset & Wealth Management, les élections de ce week-end devraient avoir peu d’impact sur la Bourse de Francfort.

Les élections législatives allemandes mettront aux prises un certain nombre de partis en mesure de décrocher 5% des voix, niveau nécessaire afin de pouvoir entrer au parlement: les chrétiens démocrates (CDU/CSU) d’Angela Merkel, les sociaux-démocrates (SPD), les libéraux (FDP), les verts, les socialistes ainsi que quelques partis contestataires. "Les deux cas de figure les plus probables sont une poursuite de la coalition actuelle (CDU/CSU et FDP), ou le retour d’une grande alliance sociale-démocrate (CDU/CSU et SPD)", indique Johannes Müller.

Risque de volatilité

"Au plan économique, l’impact de la prochaine coalition devrait toutefois être limité. Les différents grands partis ont une approche assez comparable des grands dossiers européens, et le caractère pratiquement incontournable de la CDU/CSU fait que l’attitude vis-à-vis des pays de la périphérie devrait rester constante, soit un soutien mais à des conditions très strictes", poursuit l’économiste.

Mais il souligne que dans le cas d’une grande alliance CDU/CSU & SPD, un certain temps sera probablement nécessaire avant de voir les deux partenaires parvenir à se mettre d’accord.

Dans ces conditions, l’élection de ce week-end devrait avoir relativement peu d’impact sur la croissance économique (l’idéal à ce niveau étant une reconduction de l’alliance actuelle), sur les taux obligataires, sur l’euro ou sur les actions allemandes. "Si une taxe sur les riches est peu probable, et une taxe sur les transactions financières possible mais avec un spectre limité, les principales bénéficiaires d’une reconduction de l’alliance actuelle seront les petites et moyennes sociétés, qui verront leurs impôts diminuer. Les grandes entreprises allemandes sont à ce titre beaucoup plus dépendantes de ce qui se passe au niveau de la croissance mondiale, ou des décisions prises au niveau de la Réserve fédérale US", indique encore Johannes Müller.

Deux scénarios négatifs

Il souligne toutefois que deux éventualités sont à prendre en compte, qui pourraient avoir un impact négatif sur les actions et obligations allemandes. "Premièrement, si le parti d’Angela Merkel venait à être exclu de la coalition, cela sera très mal perçu par le marché, d’autant que les agendas très différents des membres de cette éventuelle coalition (Gauche, Vert, SPD) risquent de retarder la constitution d’un gouvernement. En outre, les entreprises agiront de manière beaucoup plus prudente dans leurs décisions d’investissement, ce qui aura un impact plus marqué sur la croissance. Deuxièmement, un petit parti antieuropéen flirte actuellement avec les 5% de voix, et pourrait donc faire son entrée au Bundestag, ce qui serait une première depuis l’introduction de l’euro. Or, comme nous l’avons vu en Italie, un vote contestataire n’est jamais à exclure, et ce parti pourrait devenir une source de distraction si son score dépasse significativement les 5%".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés