Une coalition... ou pas

(c) Reuters ©REUTERS

Trois heures après l’annonce des premières estimations, les différents médias allemands étaient encore incapables de dire quel serait le partage final des sièges au Bundestag. Voici les scénarios possibles en cas de coalition.

Qui aurait pu dire qu’une campagne électorale si soporifique aurait abouti à un résultat si passionnant ? Trois heures après l’annonce des premières estimations, les différents médias allemands étaient encore incapables de dire quel serait le partage final des sièges au Bundestag.

Les derniers chiffres révélés par la chaîne de télévision publique ZDF donnaient 42,3% des voix à la CDU, loin très loin devant le SPD (25,6%), Die Linke (8,7%), les Verts (8,1%), les eurosceptiques de l’AfD (4,9%) et les libéraux du FDP (4,5%). Mais le plus intéressant est sans aucun doute le nombre de sièges que remporteraient les principales formations à la Chambre basse du Parlement. En l’état actuel des choses, les chrétiens-démocrates auraient 303 députés. Les bancs sociaux-démocrates abriteraient 183 élus contre 62 pour Die Linke et 58 pour les Verts. Un compte rapide montre que les conservateurs auraient besoin d’un seul et unique siège supplémentaire pour disposer d’une majorité absolue au Bundestag. Si on prend en compte la marge d’erreur des sondages aux sorties des urnes, plusieurs hypothèses restent plausibles... 

 

1. La CDU remporte la majorité absolue des sièges

Cette hypothèse est la plus simple à analyser. Si son parti gagne au moins 304 sièges au Bundestag, Angela Merkel pourra gouverner seule le pays. Ce résultat serait tout simplement historique. Le dernier chancelier à avoir obtenu la majorité absolue au Parlement était… Konrad Adenauer en 1957. 

 

2. Un parlement composé uniquement de quatre partis

A l’heure actuelle, seuls la CDU, le SPD, Die Linke et les Verts ont franchi la barre fatidique des 5% de voix leur permettant de siéger au Bundestag. Dans cette hypothèse, les chrétiens-démocrates vont devoir s’unir avec une autre formation pour disposer d’une majorité à la Chambre. Une grande coalition, qui est souhaitée par une majorité des allemands, lui permettrait de contrôler pas moins de 486 sièges. " L’opposition " formée par les écologistes et l’extrême-gauche se contenterait de 120 députés, ce qui ne leur donnerait aucun pouvoir durant les quatre prochaines années. Angela Merkel pourrait toutefois opter pour une alliance avec les Verts. Ce parti formé au départ par des militants assez extrémistes aux cheveux longs s’est énormément assagi ces dernières années ce qui explique peut-être leur inexorable déclin dans les sondages. 

" Les Verts sont devenus les petits bourgeois du paysage politique allemand, juge Claire Demesmay, politologue à l'Institut allemand de politique étrangère. Ils ont longtemps incarné la liberté mais ils ne cessent aujourd'hui de vouloir légiférer et de s'immiscer dans la vie privée des gens. Ils ont perdu leur caractère contestataire et subversif. Leur électorat est désormais composé d'urbains éduqués qui gagnent bien leur vie. " Cette évolution pourrait faire les affaires de la Chancelière..

3. L’AfD joue les trouble-fête

Sept mois à peine après sa création, " Alternative für Deutschland " (Alternative pour l’Allemagne ou AfD) pourrait créer la surprise en devenant le cinquième parti à siéger à Berlin. Pour l’instant, les prévisionnistes estiment qu’il lui manquerait seulement 0,1% des voix exprimés dans les urnes pour disposer d’un groupe parlementaire. Mais un comptage final des bulletins pourrait leur donner les 5% fatidiques... Dans ce cas, les autres grands partis perdraient plusieurs de leurs sièges et la CDU s’éloignerait durablement d’une possible majorité absolue. " Angie " serait alors obligée de boucler une coalition. Un accord avec l’AfD pourrait lui permettre de contrôler assez de sièges au Bundestag mais on voit mal une Chancelière fédérale unir sa destinée avec une formation qui veut mettre fin à l’euro, une monnaie que l’Allemagne a porté à bout de bras depuis des années. La cheffe du gouvernement devrait alors s’allier avec le SPD ou les Verts. Les prochains jours mettront tout cela au clair...

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