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Une victoire "amère" voire "cauchemardesque" en Allemagne

Les dirigeants de l'AfD, heureux de leur percée historique. ©REUTERS

La presse est unanime et la condamnation est forte ce lundi, au lendemain d'une élection historique en Allemagne. "Catastrophique", "amère", "coup de massue": les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la percée spectaculaire du parti d'extrême-droite AfD.

"Victoire cauchemardesque", "amère victoire": ce lundi, la presse allemande et étrangère est unanime pour qualifier les élections législatives allemandes qui ont livré leur verdict ce dimanche. Certes, l'union CDU/CSU de la chancelière Angela Merkel a, pour la quatrième fois consécutive, remporté le scrutin. Mais ce qui est historique, c'est l'impressionnante percée du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne) qui obtient 12,6% des voix et 94 députés au Parlement allemand.

Frauke Petry, coprésidente de l'AfD refuse son siège au parlement en raison du discours devenu trop extrême de son propre parti. ©REUTERS

"La progression spectaculaire des populistes de droite constitue un tournant historique pour la vie politique allemande", écrit le quotidien conservateur allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Alors que le plus grand quotidien allemand Bild parle d'une "victoire cauchemardesque", Die Welt et Die Zeit parlent d'une "catastrophe électorale" et de "la dangereuse AfD". 

"La consternation règne dans les rangs conservateurs et la principale responsable est toute désignée", souligne le journal de centre-gauche Süddeutsche Zeitung. Pour le Frankfurter Rundschau, "la démocratie est menacée", tandis que le Der Freitag parle d'un "vernis qui se casse" et de la "consolation du nationalisme". Mais le quotidien qui résume peut-être le mieux la situation que vit l'Allemagne ce lundi matin est le Die Tageszeitung qui évoque "le tabou qui s'écroule".

Consternation dans le monde

"Coup de massue en Allemagne", titre en Une le journal néerlandais Algemeen Dagblad ce lundi. "La montée de l'AfD est indubitablement inquiétante", commente le quotidien britannique The Guardian dans son éditorial, qui y voit le "signe d'une fragmentation politique grandissante". "Cela introduit dans la politique fédérale allemande un élément de toxicité et de polarisation, au sujet duquel tous ceux qui sont attachés à la démocratie libérale ne peuvent qu'être inquiets".

Des manifestations se sont tenues dans les heures qui ont suivi l'annonce des résultats pour dénoncer le discours extrémiste de l'AfD. ©AFP

De l'autre côté de l'Atlantique, un éditorialiste du Washington Post estime que "ce qui avait été le sens accru de supériorité morale de l'Allemagne - par rapport à la France, à la Pologne et à d'autres voisins aux politiciens nationalistes tapageurs; par rapport aux Etats-Unis et à leur Maison Blanche dysfonctionnelle - diminuera rapidement. L'Allemagne devient désormais l'un de ces pays luttant contre des problèmes similaires, plutôt qu'un 'outsider' désintéressé".

La nécessité pour les chrétiens démocrates de Merkel de s'atteler à la formation d'une nouvelle coalition rendra le quatrième mandat de la chancelière "singulièrement plus compliqué", juge le New York Times, qui prédit "des semaines de douloureuses négociations".

Une victoire au goût très amer pour la chancelière Merkel qui a eu du mal à cacher sa déception dimanche soir. ©AFP

"Merkel, à qui gagne perd", résume le français Libération. "C'est affaiblie que la chancelière cherchera à former son prochain gouvernement", ajoute le quotidien, tandis que le Figaro affiche en Une une "Amère victoire" pour celle qui devrait se diriger vers une coalition "Jamaïque".

"Pour se hisser à la mesure de son vrai modèle, la Grande Catherine de Russie, dont elle sonde régulièrement le portrait posé sur son bureau, la route est encore longue", peut-on lire dans l'éditorial du Figaro.

"La 'Mutti' allemande (...) n'a pas encore laissé d'empreinte réformatrice bien profonde. Sa nouvelle victoire a même un goût amer. La place de la chancelière dans la postérité est entachée par le score historique des populistes de l'AfD. Sa politique migratoire conjuguée à l'alliance avec le SPD a offert ce résultat à l'extrême droite, qui fait une entrée en force au Bundestag, une première dans l'après-guerre. Voici 'Mutti' transformée en 'mère de l'AfD'".

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