Publicité

L'Allemagne de Scholz dévoile son accord de coalition pour ouvrir l'après-Merkel

Après plusieurs semaines de négociations, Annalena Baerbock (Die Grünen), Olaf Scholz (SPD) et Christian Lindner (FDP) ont présenté leur "contrat" de gouvernement. ©EPA

Les sociaux-démocrates du SPD, les Verts et les Libéraux du FDP ont dévoilé ce mercredi leur accord gouvernemental pour former la coalition qui succédera aux conservateurs d'Angela Merkel.

Les sociaux-démocrates allemands, les Verts et les libéraux ont conclu ce mercredi un accord pour gouverner ensemble et ouvrir une nouvelle ère après 16 années d'Angela Merkel. Près de deux mois après les élections législatives marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, le social-démocrate Olaf Scholz va devenir le prochain chancelier de la première économie européenne, dans une alliance inédite avec les Verts et le parti libéral du FDP.

Parmi les mesures phares que le nouvel attelage au pouvoir en Allemagne veut mettre en oeuvre figurent notamment une sortie du charbon anticipée à 2030, le retour à la rigueur budgétaire dès 2023 et la légalisation du cannabis.

Ces trois formations ont conclu un "contrat" de coalition intitulé "Oser plus de progrès. Alliance pour la liberté, la justice et la durabilité" et qui fait la part belle à la protection de l'environnement, avec notamment une sortie du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant. Parmi les autres mesures phares que le nouvel attelage inédit au pouvoir en Allemagne veut mettre en oeuvre figurent notamment le retour à la rigueur budgétaire dès 2023 et la légalisation du cannabis. 

Olaf Scholz, 63 ans, doit être investi chancelier début décembre par les députés du Bundestag. L'Allemagne tournera alors la page des années Merkel, celle-ci n'assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois. "Le feu tricolore est là", a lancé devant la presse Olaf Scholz, en référence au nom donné à cette coalition par rapport aux couleurs politiques des trois partis (rouge, vert et jaune). Jamais une telle combinaison politique n'a été au pouvoir dans l'Allemagne d'après-guerre.

1
milliard d'euros
Un milliard d'euros va d'ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant.

L e nouveau chancelier a promis de tout faire pour combattre la propagation du Covid-19 au moment où l'Allemagne connaît sa plus forte vague de contaminations depuis l'apparition du virus. "La situation est sérieuse", a-t-il admis alors que la première économie européenne craint une saturation des hôpitaux. Un milliard d'euros va d'ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant. L'Allemagne doit également "étudier" une éventuelle "extension" de l'obligation vaccinale, en vigueur dans l'armée et bientôt dans les établissements de soins. En revanche, la nouvelle coalition semble exclure dans l'immédiat toute idée de confinement national.

D'ores et déjà, les Verts sont assurés d'accéder au ministère des Affaires étrangères ainsi que d'un "super" ministère du Climat et de l'Economie tandis que le FDP, très orthodoxe sur les comptes publics, détiendra le portefeuille des Finances. L'accord de coalition a été ficelé à l'issue de négociations menées tambour battant. Car le temps presse au moment où la pandémie de Covid-19 n'a jamais été aussi virulente avec des records quotidiens de nouvelles infections et la crainte d'une saturation des hôpitaux. Signe d'une nervosité grandissante face à la flambée des contaminations, Angela Merkel a reçu mardi soir à la chancellerie les responsables des partis de la future coalition dite "feu tricolore".  

16
ans
La nouvelle coalition mettra fin au règne du parti conservateur et à celui d'Angela Merkel, après 16 ans au pouvoir.

La conclusion rapide d'un accord de gouvernement devrait rassurer les autres pays européens, inquiets après les législatives de voir l'Allemagne, poids lourd de l'UE, sans réel capitaine à bord. Et ce, au moment où les Vingt-Sept affrontent une nouvelle crise majeure à leurs portes avec l'afflux orchestré par le Bélarus de milliers de Syriens et d'Irakiens à la frontière avec la Pologne.

Olaf Scholz, rompu aux arcanes de la négociation, a déjà fait ses premiers pas sur la scène internationale en accompagnant Angela Merkel au sommet du G20 le mois dernier à Rome et en participant informellement aux principaux entretiens bilatéraux notamment avec le président américain Joe Biden. Pour la première fois depuis 16 ans, le SPD, arrivé en tête avec 25,7% des voix lors du scrutin législatif, va de nouveau diriger le gouvernement de la principale économique européenne.

Annalena Baerbock, première femme à la diplomatie?

Candidate malheureuse des écologistes à la chancellerie après une campagne ratée, Annalena Baerbock, 40 ans, devrait prendre la tête de la diplomatie allemande dans un gouvernement à parité hommes-femmes, selon les médias. La nouvelle coalition gouvernementale veut placer la défense d'une "Europe souveraine" au coeur de sa politique étrangère, a affirmé à cet égard Olaf Scholz. Une "Europe souveraine est la clé et c'est un devoir pour notre politique étrangère", a déclaré le social-démocrate, qui veut "rendre possible cette Europe souveraine, la promouvoir et la faire progresser".

15
millions
L'Allemagne se fixe pour objectif d'avoir au moins 15 millions de véhicules électriques en circulation d'ici 2030.

Le très important et prestigieux maroquin des Finances devrait quant à lui échoir au chef du parti libéral FDP, Christian Lindner, tenant d'une ligne orthodoxe sur les déficits publics. Quant au populaire co-président des Verts, Robert Habeck, il devrait lui quant à lui s'installer dans un "super ministère" du Climat au moment où la lutte contre le réchauffement climatique est au premier plan des débats, dans un pays parmi les des plus gros pollueurs de la planète. Le nouveau gouvernement a à ce propos indiqué vouloir accélérer dans la voiture électrique. L'Allemagne se fixe ainsi pour objectif d'avoir au moins 15 millions de véhicules électriques en circulation d'ici 2030 dans le cadre de sa feuille de route vers la neutralité climatique. La nouvelle coalition souhaite enfin augmenter de 25% le frêt ferroviaire d'ici la fin de la décennie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité