Le centriste Laschet élu à la tête de la CDU de Merkel

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Armin Laschet a été élu président de l'Union chrétienne-démocrate en Allemagne. Il succède à Angela Merkel et se place en bonne position pour la chancellerie.

Le centriste Armin Laschet a été élu samedi président de L'Union chrétienne-démocrate (CDU) en Allemagne, ce qui le place en bonne position pour succéder à Angela Merkel à la chancellerie.

Le nouveau dirigeant de la CDU a été élu lors d'un sommet virtuel. Traditionnellement, le chef de la CDU devient le candidat à la chancellerie allemande pour "l'Union", l'alliance entre la CDU et l'Union chrétienne-sociale de Bavière (CSU).

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Sommet de la CDU
Le sommet du parti allemand CDU d'Angela Merkel a réuni 1.001 délégués en ligne ce samedi.

Lors de ce scrutin interne à la CDU, Armin Laschet était opposé au libéral Friedrich Merz, favorable à un coup de barre à droite. Avec une majorité de 521 voix des 1.001 délégués appelés à voter, Laschet a devancé Merz (466 voix) au second tour. Il est ainsi en bonne position pour mener le camp conservateur aux élections législatives en septembre, mais n'en a pas encore la garantie. "Je veux que nous réussissions ensemble et que nous fassions en sorte que l'Union" chrétienne-démocrate (CDU) soit portée à la chancellerie en septembre, a réagi M. Laschet à sa victoire.

Prétendants en embuscade

M. Laschet, arrivé derrière M. Merz au premier tour, a bénéficié d'un report de voix des partisans d'un troisième candidat, Norbert Röttgen, lui aussi partisan d'une ligne modérée et éliminé au premier tour. Le résultat du scrutin en ligne, pour cause de pandémie, doit encore être formellement confirmé par courrier par les délégués du mouvement.

La veille, M. Laschet, qui dirige la Rhénanie du nord-Westphalie, la région la plus peuplée du pays, avait déjà reçu le soutien à peine voilé de Mme Merkel, prônant la poursuite d'un cap "centriste" et le rejet de la polarisation. Cette élection est décisive pour l'avenir de l'Allemagne avec les élections législatives de fin septembre et la fin programmée de l'ère Merkel, au pouvoir depuis 2005. Le choix du candidat de la droite et du centre-droit pour ce scrutin sera toutefois fait seulement au printemps. Et d'autres prétendants restent en embuscade, dans une Allemagne frappée de plein fouet par la deuxième vague pandémique.

Pour la première fois depuis 2000, la CDU ne sera pas dirigée par une femme.
Un temps "dauphine" de Mme Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer lui avait succédé à la présidence en 2018, avant d'en démissionner début 2020, faute d'avoir pu s'imposer.

Merz pèsera sur la CDU

Ennemi juré de la chancelière depuis qu'elle l'a évincé de la présidence du groupe conservateur au Bundestag en 2002, Friedrich Merz rêvait de revanche. Il la manque de nouveau. L'homme d'affaires avait déjà été battu d'un cheveu par Mme Kramp-Karrenbauer en 2018. Avec son positionnement dur sur l'immigration, susceptible d'attirer des électeurs séduits par l'extrême droite, il pourrait toutefois continuer de peser sur la CDU à l'avenir compte tenu de son résultat très honorable.

Armin Laschet peut plaire à l'électorat centriste et, s'il est candidat aux législatives en septembre, bâtir une éventuelle coalition avec les Verts, la deuxième force du pays.

Dans son discours samedi, M. Merz a appelé la CDU à ne pas chercher à tout prix le "compromis". Le candidat malheureux n'est pas parvenu à gommer ses handicaps, de ses fonctions grassement rémunérées chez le gestionnaire d'actifs BlackRock à ses dérapages verbaux. Samedi matin, il a ainsi voulu battre en brèche son supposé manque d'intérêt pour la cause des femmes par le fait qu'il avait une femme et des filles.

Armin Laschet, 59 ans, dispose lui de plusieurs atouts. Ce modéré, ancien journaliste aux yeux rieurs, marche en effet dans les pas de la populaire chancelière. Mme Merkel avait laissé deviner vendredi sa préférence pour "l'équipe" qu'il forme avec le ministre de la Santé, Jens Spahn. M. Laschet peut plaire à l'électorat centriste et, s'il est candidat en septembre, bâtir une éventuelle coalition avec les Verts, la deuxième force du pays.

Un candidat de la CSU?

Armin Laschet a rendu un hommage appuyé, dans son discours samedi, à la chancelière, rappelant qu'à son arrivée à la chancellerie en 2005, l'Allemagne était la "malade de l'Europe". Lui aussi souhaite être candidat à la chancellerie. Les délégués ne lui ont pas tenu rigueur des problèmes de gestion de l'épidémie dans sa région. M. Laschet avait ainsi plaidé au printemps pour un assouplissement des restrictions jugé trop précoce par les experts.

Il a reçu majoritairement le soutien des délégués qui ont voté pour M. Röttgen, expert en relations internationales qui promettait de rajeunir et féminiser le parti. Concernant la candidature à la chancellerie, un autre responsable, Markus Söder, dirigeant du parti frère CSU, reste bien placé. Il est devenu une des personnalités préférées des Allemands en prônant des restrictions strictes face à la pandémie. Même s'il s'en défend, il rêve d'être invité par la CDU à franchir le pas après une série de scrutins locaux mi-mars. Et devenir, peut-être, le premier chancelier issu de la CSU.

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