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Catherine Moureaux s'apprête à venger son père

©BELGA

À Molenbeek, Catherine Moureaux, la fille de l’ancien bourgmestre, a créé la surprise en damant le pion au MR de Françoise Schepmans.

Au cœur de Bruxelles, dans la commune de Molenbeek, il y a eu une femme triste dimanche soir (la MR Françoise Schepmans, bourgmestre en titre) et une femme heureuse (Catherine Moureaux, la socialiste, fille de l’ex-bourgmestre Philippe Moureaux).

Bourgmestre depuis 2012, Françoise Schepmans n’a pu confirmer le renversement de pouvoir qu’elle avait initié il y a 6 ans, lorsqu’elle a renvoyé le PS dans l’opposition à l’aide du cdH et d’Ecolo et viré ainsi le bourgmestre historique de la commune, Philippe Moureaux, de son siège.

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Six ans plus tard, c’est par la main de la fille de Moureaux que Françoise Schepmans risque de se voir elle-même éjectée. De son poste de bourgmestre, c’est déjà une certitude. Du collège communal, le schéma n’est pas encore clair. Mais le PS a démarré dans les communes bruxelloises une grosse opération de nettoyage des libéraux, leur retirant le pouvoir avec l’aide d’Ecolo et DéFI dans quatre communes déjà (Ixelles, Bruxelles-Ville, Anderlecht, Koekelberg). Le MR est donc en droit de craindre pour son avenir à Molenbeek. Il a perdu deux sièges (pour en avoir encore 13), alors que le PS en gagne 1 (et monte à 17).

Le PS a donc la main. Les négociations sont encore en cours. Et Catherine Moureaux, grande surprise de ce scrutin, victorieuse avec 7.137 voix de préférence (plus que son père en 2012) s’est déjà tournée vers… le PTB. L’extrême gauche explose en raflant 7 sièges (contre 1 en 2012). Encore un mauvais signe pour Schepmans. Quoique… Il semblerait en effet que le boulevard de l’Empereur ait mis un veto à toute participation du PTB dans une majorité. Mais Catherine Moureaux a quand même ouvert sa porte à l’extrême gauche, qui suffirait à elle seule pour composer sa majorité (24 sièges sur 45).

L’autre partenaire vers qui elle pourrait se tourner, c’est la liste Ecolo emmenée par Sarah Turine. Cette dernière perd quelques plumes dans son divorce d’avec Groen (un siège, comparé à 2012). Mais le profil de la tête de liste Ecolo devrait plaire à Catherine Moureaux, tant elle incarne la gauche (voire extrême gauche) écologiste. Mais pour cela, il faudra qu’elle pardonne à Ecolo d’avoir accepté de monter dans une majorité avec le MR, précipitant la chute du PS molenbeekois en 2012. Elle devra aussi embarquer le cdH pour compléter la majorité.

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