Au Cercle de Lorraine, Reynders sur du velours

©Aurore Martignoni

Le vice-Premier ministre Didier Reynders part pour une campagne électorale qui doit le conduire jusqu’aux élections de 2019. Et il a du bois pour se chauffer pendant de longs mois. Principal combustible: Pascal Smet et sa politique de mobilité pour Bruxelles. Autres thèmes que le libéral compte développer: la sécurité, le chômage des jeunes Bruxellois et leur formation.

Easy game. La conférence-débat délivrée par le vice-Premier ministre Didier Reynders mardi midi dans le cadre (feutré) du Cercle de Lorraine s’est apparentée à une promenade de santé, tant l’auditoire était acquis par avance à la cause du libéral francophone. Celui-ci a désormais résolument enfourché sa monture bruxelloise dans la perspective du double scrutin de 2018/2019, même s’il ne sera pas candidat à Uccle en octobre.

Et dans cette longue route de campagne électorale qui s’ouvre à lui, Didier Reynders dispose d’une cible toute désignée – c’est presque trop facile tant elle se voit comme un éléphant dans un corridor – le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet.

"Je ne pensais pas qu’il serait possible de faire encore pire en matière de mobilité à Bruxelles, mais ces derniers jours, on bat tous les records."

Le socialiste flamand prend cher: "Je ne pensais pas qu’il serait possible de battre les records de mauvaise gestion en termes de mauvaise mobilité auxquels on assiste depuis plusieurs années à Bruxelles, mais ces derniers jours, le ministre se dépasse et y arrive très bien. On atteint un point proche de l’inimaginable", a tranché Reynders sous les hochements approbateurs de tête de l’assemblée. "La vérité, c’est qu’il n’y a pas de politique de mobilité à Bruxelles, la seule ligne de conduite, c’est de dire: on va être anti-voiture." Et de rappeler les turpitudes bruxelloises pour bâtir/prolonger un nouveau métro "vers le nord" et "vers Uccle et Forest".

Un institut méditerranéen à Kanal

Outre cet important volet lié à la mobilité, Reynders a rompu plusieurs lances pour le futur de Bruxelles. L’une d’entre elles est connexe au projet Kanal, le centre d’art contemporain sis dans l’ancien garage Citroën, porté par l’actuelle majorité PS/DéFI/cdH.

Élections communales 2018

Le 14 octobre prochain, les Belges se rendront aux urnes pour élire leurs représentants communaux et provinciaux. Quels sont les enjeux de cette élection? A quoi faudra-t-il être attentif au soir du 14 octobre 2018? Quelles conséquences de ce scrutin sur les différents niveaux de pouvoir? Notre dossier >

"Il reste pas mal d’espace libre dans ces bâtiments, un espace dont l’affectation n’est pas encore décidée. Ne serait-il pas temps de poser un geste, à l’image de l’Institut du monde arabe à Paris, et de bâtir à Bruxelles un institut méditerranéen, tourné non seulement vers le monde arabe, mais aussi vers la France, l’Italie, l’Espagne? Cela aurait tout son sens. Eviter de définir l’autre uniquement par son culte mais plutôt par les cultures et les philosophies. Ce sera certainement un moyen d’améliorer le vivre-ensemble bruxellois et cette fracture entre les deux Bruxelles qui se localise au niveau du Canal."

Un grand projet sportif au stade Roi Baudouin

Pour le reste, sécurité, harmonisation des politiques de propreté, formation et enseignement pour combattre le chômage des jeunes, mise en place d’un centre de commandement intégré pour les opérations de police sur tout Bruxelles, voilà quelques-uns des chevaux de bataille reyndersiens pour la capitale. Et ceci: un grand projet sportif articulé autour de la rénovation du stade Roi Baudouin. "Cela a tout son sens de rénover ce stade et d’en faire une vraie enceinte dédiée au football pour 45.000 à 50.000 spectateurs. Je demande également qu’une salle pour le basketball soit construite à côté et que le hockey, un sport en pleine explosion en Belgique, ne soit pas oublié."

Oui, mais avec qui donc allez-vous mettre ce programme sur les rails, Didier Reynders? Là, le sourire carnassier est de rigueur. "On me dit: vous n’allez quand même pas amener la N-VA au pouvoir à Bruxelles. Je vous le dis très sincèrement: si c’est pour faire des réformes telles que celles que nous avons pu lancer au Fédéral, et si on peut grâce à ces réformes faire en sorte que tout l’aspect communautaire et institutionnel ne vienne pas nous polluer, alors je ne vois vraiment pas le problème. J’ajoute qu’il faudrait vraiment se dépasser pour mettre en place des politiques plus mauvaises que celles initiées par certains ministres flamands du gouvernement bruxellois pour le moment." Pascal Smet, on y revient toujours.

Allez, il reste une douzaine de mois à Didier Reynders pour aller débattre dans des enceintes plus risquées… On suivra ça avec attention.

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