Auderghem | La succession incertaine de Didier Gosuin

Didier Gossuin ©Photo News

Le ministre régional emmène à nouveau les amarantes dans son fief historique.

Bienvenue à Auderghem, petite commune à la lisière forestière sud de Bruxelles où la politique se pratique tranquillement, loin des projecteurs et surtout dans l’ombre de son charismatique bourgmestre en titre: Didier Gosuin. Le champion régional des voix de préférence est ministre bruxellois de l’Economie et de l’Emploi. Il a donc cédé son poste local à un faisant fonction, Christophe Magdalijns pour le compte du parti DéFI, ultradominant à Auderghem. Longtemps, il était prévu que ce fin technicien -  il est inspecteur des finances de profession - s’engage comme le dauphin naturel de Didier Gosuin.

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En place depuis 1995, le bourgmestre en titre affiche la ferme volonté de préparer dans les meilleures conditions une succession politique garante de ses réalisations. Le tout en gardant un oeil sur la gestion de la commune. A Auderghem, Didier Gosuin n’est jamais loin.

C’était sans compter le revirement de Christophe Magdalijns qui, pour des raisons multiples – compétition interne, ambiance générale et perspectives professionnelles notamment –, a choisi de ne plus briguer le mayorat, laissant Didier Gosuin dans l’embarras. DéFI a en effet misé gros sur le décumul des mandats locaux et régionaux et le voilà obligé de jouer à nouveau les premiers rôles dans sa commune alors qu’il est toujours ministre. Il le sera d’ailleurs jusqu’aux élections de 2019, a-t-il annoncé en catapultant son échevine Sophie De Vos (45 ans) comme nouvelle faisant fonction et dauphine potentielle.

Didier Gosuin a manifesté sa volonté de supprimer le viaduc Herrmann-Debroux afin de rendre cet espace public tranché en deux aux habitants.

A ces péripéties, il faut ajouter les possibles ambitions régionales de Didier Gosuin au détour de 2019. DéFI est sorti grandi de la volte-face du cdH vis-à-vis du PS en juin 2017 et se voit, au minimum, en faiseur de roi au lendemain des élections régionales à Bruxelles. Le parti le sent, l’occasion de briguer la ministre-présidence n’a jamais été aussi proche et Didier Gosuin semble toujours le mieux placé pour emmener les amarantes vers ce sacre inespéré il y a quelques mois encore. 

La majorité (Liste du bourgmestre plus groupe Samen) jouit d’une confortable majorité de 23 sièges sur 31 et ne laisse que peu de place à l’opposition. Ecolo et PS souffrent évidemment la manière jugée expéditive dont la majorité travaille et le peu de cas réservé à leur opposition. Les verts pointent aussi le manque de prise en compte des problèmes de mobilité rencontrés à cette entrée de Bruxelles. De son côté, le MR, autrefois associé au bourgmestre, a choisi de présenter sa propre liste en octobre.

Auderghem n’est pas une commune à problèmes mais va devoir, dans les années à venir, gérer son statut de porte d’entrée sud de Bruxelles. De longue date, Didier Gosuin a manifesté sa volonté de supprimer le viaduc Herrmann-Debroux afin de rendre cet espace public tranché en deux aux habitants. Cette ambition n’est plus un rêve alors que la capitale, dans son ensemble, évolue vers une diminution de la tolérance envers la pression automobile. Non loin, le site Delta, zone d’intérêt stratégique aux yeux de la Région bruxelloise, vient de voir sortir de terre le nouvel hôpital Chirec. Bpost devrait également s’installer sur le site anciennement dédié aux chemins de fer, remettant en question l’ensemble de la mobilité du quartier. 

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