Charleroi | Union sacrée autour du redressement de la ville

Derrière une éventuelle reconduction de la tripartite actuelle, le bourgmestre Paul Magnette fait de l'enjeu démographique une des grandes priorités pour ces six prochaines années.

Jadis bousculée par les affaires, Charleroi a retrouvé une certaine sérénité sur le plan politique aujourd’hui et avec un Paul Magnette plus que jamais consacré à 100% sur le redéploiement de sa ville.

"Chacun fait campagne pour son programme et pas contre l’autre comme c’est le cas à Mons!"
Paul Magnette
bourgmestre de Charleroi

Cet état de grâce s’explique notamment par l’union sacrée politique qui s’est établie entre les grandes familles politiques autour du redéploiement économique de la métropole carolorégienne. "Il y a un bon climat. On est évidemment en campagne, mais cela se fait dans un climat de respect mutuel. Chacun fait campagne pour son programme et pas contre l’autre comme c’est le cas à Mons!", constate le bourgmestre socialiste Paul Magnette.

Certes, le PS reste ici le premier parti de la ville avec une confortable majorité absolue de 30 sièges sur 51 au conseil communal, mais dominant sans être dominateur, le PS a ouvert sa majorité au MR et au cdH. Et il devrait en être encore de même après le scrutin d’octobre. "C’est sain d’ouvrir une majorité et surtout c’est utile d’avoir du pluralisme interne dans un collège. C’est aussi une question de relais. Une ville comme Charleroi ne peut vivre sans la Région wallonne. On dépend de tout pour la Région comme à travers le fonds des communes ou les subsides pour nos projets. Il est donc important d’avoir des relais via les différents partis", analyse le bourgmestre Paul Magnette qui regrette que par le passé il n’en fût pas ainsi. "C’est un peu le défaut historique des Hennuyers-Carolos où, à l’inverse de Liège, il n’y avait pas d’union sacrée."

"Il est important d'avoir des relais via les différents partis."
Paul Magnette
bourgmestre de Charleroi

Le scrutin pourrait malgré tout donner lieu à quelques surprises et à un éparpillement des voix, car à côté des listes du PS, du MR et de la liste de rassemblement C+, le successeur du cdH, une véritable concurrence va animer la campagne jusqu’en octobre avec un total de 10 listes dont celle d’Ecolo, déjà bien implanté à Charleroi depuis de nombreuses années, et surtout le PTB qui pourrait créer la surprise en grignotant la majorité absolue des socialistes.

Faire revenir la diaspora carolo

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Sur le front des dossiers, après les grands chantiers urbanistiques qui ont remodelé en profondeur le bas de la ville avec l’arrivée notamment d’un centre commercial, et les prochains travaux de réaménagement de la ville haute, le prochain grand enjeu pour Charleroi est démographique. "Le solde net d’emplois reste positif sur les 10 dernières années. On a perdu 10.000 emplois, mais on en a créé 11.000 notamment grâce à des entreprises comme Alstom, la Sonaca, Nexans et celles installées dans le Biopark. Mais ces emplois ne bénéficient pas encore assez à la population carolo. Chaque année, il y a 10.000 Carolos qui quittent Charleroi (notamment pour se domicilier dans la ceinture verte hors de l’entité, NDLR) et 10.000 qui arrivent. Mais ces 10.000 qui partent, ce sont souvent des personnes issues de catégories sociales supérieures. Il faut arrêter l’exode et sédentariser ceux qui ont un lien avec Charleroi. L’objectif n’est pas d’aller capter un public qui n’a aucun lien avec la ville, mais de permettre à ceux qui travaillent ici de s’établir. Cela doit nous permettre d’avoir une diversité sociologique", assure Paul Magnette.

"Il faut faire revenir cette diaspora. Cela doit notamment nous aider à faire progresser les rendements de l’impôt des personnes physiques."
Eric Goffart
chef de file de la liste C+

Eric Goffart, le chef de file de la liste C+ et actuel échevin des Travaux sous l’étiquette cdH, évoque lui l’importance du retour de la diaspora carolo. "Il faut faire revenir cette diaspora. Cela doit notamment nous aider à faire progresser les rendements de l’impôt des personnes physiques. Mais pour que ce retour soit possible, il faut encore jouer sur l’attractivité de la ville en faisant revivre certains quartiers. On a investi dans le centre-ville depuis 10 ans et les prochains chantiers vont se concentrer dans le haut de la ville. Il faut maintenant investir dans les autres quartiers de l’entité de Charleroi en réorientant les crédits d’investissement. Il faut être attentif à ne pas créer des ghettos. Mais derrière cet enjeu crucial, il s’agit aussi de faire revenir les jeunes ménages sur le territoire de Charleroi", estime-t-il en pointant à titre d’exemple l’état catastrophique du patrimoine immobilier dans l’enseignement communal.

©Photo News


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