Chaumont-Gistoux | Bataille rangée au pays des tartes

Chaumont-Gistoux tartes

Chaumont-Gistoux, commune aisée du Brabant wallon, fait face à un gros défi: la résorption de la dette qui s’est accumulée sur la tête des habitants. La majorité sortante, Arc-Ecolo, a déjà fait une part du travail. L’opposition Villages pointe l’effet de l’explosion de l’imposition des citoyens, ce que dément la majorité.

Chaumont-Gistoux, on la connait pour ses tartes (au sucre). Les industriels se souviendront de ses carrières, toujours en exploitation. Mais abordez le sujet de la politique, le silence plane. Chaumont-Gistoux fait plutôt office de havre de paix où coulent doucement les jours dans les grands jardins ombragés. Commune semi-rurale de 11.700 habitants, qui étire son territoire sur huit villages, Chaumont-Gistoux est une commune "de riches". C’est son bourgmestre, Luc Decorte (MR) qui le répète à l’envi quand on lui parle finances communales. "Une commune de riches, mais qui n’est pas riche." Un de ses signes extérieurs de richesse, l’immobilier. Après Lasne, c’est la seconde commune la plus chère du Brabant wallon. Prix moyen des maisons: 392.000 euros, 100.000 de plus que la moyenne brabaçonne.

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Luc Decorte, bourgmestre sortant, y est en place depuis 2006, à la faveur d’un renversement de l’Union communale formée par les élus cdH (ex-PSC) et MR (PRL à l’époque). Tête de liste Arc (pour Avenir et rassemblement communal, une liste de dissidents MR fondée avec le PS), Luc Decorte avait ouvert son collège aux Ecolos lors du scrutin de 2012, Arc occupant 11 sièges sur les 21 à pourvoir. Une majorité un peu juste, du coup il s’était assuré du soutien des Verts en leur offrant 4 sièges.

Seul dans l’opposition, le groupe Villages (ex-Union communale, qui comporte des candidats cdH, DéFI, MR et indépendants) ronge donc son frein depuis deux législatures. Et compte se battre bec et ongles pour renverser le pouvoir en place. Dans les mois qui viennent, politiquement du moins, Chaumont-Gistoux n’aura plus rien d’un havre de paix… La guerre des tranchées a déjà débuté par des attaques et contre-attaques sur les réseaux sociaux, notamment sur la question des finances communales. Le cheval de bataille de Villages, qui peste sur le manque de transparence du collège communal. "La majorité vend petit à petit tous les avoirs immobiliers de la commune pour résorber la dette, dans la plus grande opacité. On découvre les choses une fois que tout a déjà été décidé au collège", dit Révy Misra, un des colistiers de Philippe Barras, la tête de liste pour Villages.

Au sein de la majorité, l'échevin des Finances, Pierre Landrain, réagit à cette première attaque. "Village parle d'un manque de transparence, je fais remarquer que toutes les séances du collège font l'objet d'un PV accessible à tous les conseillers. Et, en ce qui concerne la vente de biens immobiliers, c'est le Conseil communal qui décide. Et au conseil siège les 6 conseillers de l'opposition." 

"Soit ils sont menteurs, soit incompétents. Le bilan de l'actif immobilier est supérieur à celui de 2009."
Pierre Landrain
Echevin des finances


La majorité sortante a-t-elle pour autant soldé des bâtiments communaux dans l'objectif de résorber la dette? "C'est totalement faux, soit ils sont menteurs, soit incompétents, tempête l'échevin Arc. Le bilan de l'actif immobilier est supérieur à celui de 2009. Alors oui, on a vendu certains biens, soit pour investir dans des projets patrimoniaux nouveaux (comme la construction de 15 appartements en lieu et place de l'ancienne école de Gistoux), soit parce que ces biens, coûtaient trop cher ou étaient source de nuisances (comme l'ancienne salle de fête de Dion le Val). La résorption de la dette, elle se fait au travers de la fiscalité uniquement."

Hausse de la pression fiscale

La dette de la commune, il est vrai, a bel et bien fondu au fil des années "Arc". De 8,3 millions, sur les 22 millions qui s’amoncelaient au-dessus de la tête des chaumontois en 2006. "Mais ce sont les citoyens qui l’ont payée, via une hausse des centimes additionnels, proteste l’opposition. Ils sont passés de 6% en 2005 à 8% en 2007. Les dépenses internes (charges et frais généraux) aussi sont en nette hausse", pointe encore Révy Misra. Ce à quoi la majorité rétorque que, si les impôts ont augmenté, cela s’est surtout fait dans le but d’assainir la mauvaise gestion des prédécesseurs. Et donc… ceux que l’on retrouve aujourd’hui dans le groupe Villages.

Pierre Landrain précise également qu'une partie de la hausse des centimes aditionnels s'est fait sous la majorité précédente, et donc par les actuels représentants du groupe Villages...  Pour l'échevin des Finances, compte tenu de l'assiette plus réduite des contributeurs à l'IPP (1/5e des contribuables de la commune sont sous le régime de l'impôt des sociétés, et échappent donc aux centimes additionnels), il est difficile de maintenir un taux bas d'imposition à l'IPP.  "Par contre, il faut aussi signaler que les centimes aditionnels prélevés sur le précompte immobilier sont nettement en dessous de la moyenne de la région wallonne, nous avons un des taux les plus bas...", ajoute l'échevin, qui signale au passage que cette imposition ne sert pas à faire des bénéfices, mais à réaliser des investissements et assurer les missions que la commune doit remplir. 

L'échevin insiste aussi sur l'assainissement de la dette réalisée par l'équipe Arc-Ecolo. "En 2007, 94% des investissements étaient réalisés via des emprunts. Une catastrophe. Aujourd'hui on est tombé à 33%, grâce à l'activation des autres sources de revenus. On a aussi réalisé une révision de la dette et assuré la sécurité des nos remboursements."

"Une commune de riches, mais qui n’est pas riche."
Luc Decorte
Bourgmestre de Chaumont-Gistoux

Pour Villages, l’un des gros défis sera de poursuivre la réduction de la dette, sans alourdir encore davantage la pression fiscale. Le parti compte notamment s’appuyer sur le nouvel outil de gouvernance locale, le plan stratégique transversal qui va permettre une meilleure programmation des nouvelles politiques en se basant sur la planification. Ce qui fait sourire l'échevin des Finances... "On a déjà introduit des outils de gestion bien plus performants que ceux là, qui viennent de la région wallonne qui a 50 ans de retard..."

Pour le reste, Villages et Arc affichent des ambitions assez similaires: garder le caractère semi-rural de la commune, réaménager le centre, développer les commerces de proximité et le circuit-court. Villages ambitionne aussi une réduction de 40% des émissions de CO2, de miser sur la politique zéro déchets et de développer la permaculture auprès des habitants. Un clin d’œil à Ecolo, en vue d’une association?

Les Verts, eux, au coude-à-coude avec Villages, ont misé cette année sur le renouvellement des têtes, en présentant en tête de liste Philippe Descamps. Luc Mertens, l’échevin Ecolo sortant, poussera la liste. Avec qui décideront-ils de travailler si l’électeur le permet? Aucune exclusive, dit le parti.

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