analyse

DéFI sourit, mais affiche des résultats plutôt mitigés

Olivier Maingain est le champion bruxellois des voix de préférence. Mais le bilan électoral de son parti est plus mitigé. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Le parti amarante ne profite pas du recul du PS, du MR et du cdH à Bruxelles, empoché par Ecolo et le PTB. En Wallonie, la greffe progresse... doucement.

Dimanche soir, sur les plateaux télévisés, Olivier Maingain affichait un petit air satisfait. Sans doute pas tant des résultats engrangés par son parti, DéFI, que de son score personnel. Il faut dire que dans son fief bruxellois de Woluwe-Saint-Lambert, le président-bourgmestre cartonne. DéFI décroche un siège supplémentaire, passant de 24 à 25 sièges, sur 37. Bondissant de 55,69% à 59,35% des parts de marché électoral, le bourgmestre conforte sa très confortable majorité absolue. Et, ce qui ne gâche rien et flatte toujours l'ego, avec les 8.512 votes à son nom, il trône en tête du classement des champions bruxellois des voix de préférence, devant Philippe Close (PS) et Bernard Clerfayt, DéFI lui aussi.

Sinon, officiellement, le bilan est un brin moins brillant. Examinons.

À Bruxelles

Officiellement, DéFI "se maintient", enregistrant des "résultats contrastés". L'honneur est en tout cas sauf dans ses trois fiefs imprenables. Woluwe-Saint-Lambert, on s'en doute. Schaerbeek où, même si la liste de Bernard Clerfayt abandonne un siège, le partenaire Ecolo est en grande forme, permettant aux deux associés de larguer la troisième roue de la majorité, un cdH pas très en forme. Et Auderghem, où la majorité absolue (19 sièges sur 31) du ministre bruxellois Didier Gosuin se voit quand même solidement rabotée, la liste du bourgmestre chutant de 64,12% à 47,64%. Une explication, toutefois, permet d'amoindrir le choc: en 2012, les troupes libérales s'étaient présentées sous la bannière du bourgmestre, contrairement à ce dimanche, où elles ont capté 9,47% des votes. Bref, cela va encore. 

Olivier Maingain reste le patron incontesté de Woluwe-Saint-Lambert. ©BELGA

Pour le reste, les principaux paris sont loupés. Reprendre le siège de bourgmestre de Watermael-Boitsfort à Olivier Deleuze, qui l'avait chipé en 2012 à Martine Payfa? Raté: Ecolo a cartonné, faisant 5 sièges de plus que DéFI. Intégrer la majorité à la Ville de Bruxelles? Ce ne sera pas pour cette fois, Fabien Maingain et ses troupes, reculant d'un fifrelin, resteront dans l'opposition. Se renforcer dans le nord-ouest de la capitale? Pas évident. Bonne surprise à Ganshoren où, passant de 1 à 2 sièges, DéFI est invité à monter dans la majorité. Mais le parti amarante est débarqué à Jette, où il franchit également le cap du second siège. Quant à Berchem-Sainte-Agathe et Molenbeek-Saint-Jean, DéFI y progresse peut-être, mais à tout petits pas, et y restera au balcon. 

Enfin, pour une bonne nouvelle à Anderlecht où DéFI intègre la majorité, deux mauvaises viennent gâcher la fête: le parti prend la porte à Uccle et Forest. Quant à Saint-Gilles et Saint-Josse, les portes du conseil communal lui restent toujours fermées. 

C'est ce que le parti appelle "contrasté". Ajoutons ceci: DéFI stagne indéniablement, alors qu'Ecolo et PTB profitent largement du ressac socialiste, libéral et humaniste. Si l'on peut parler de vague verte, il n'y même pas une vaguelette amarante. 

Et l'implantation en terres wallonnes?

La Wallonie, c'est la terre promise, pour Olivier Maingain. À ce petit jeu, 2018 commençait à faire figure de dernière chance: si ça ne prenait pas maintenant, c'est que cela ne prendrait sans doute jamais. Le président avait fixé des caps: 100 élus wallons, ce serait un "triomphe"; 50 élus, ce serait déjà "un joli succès". 

Tout juste! Aux dernières nouvelles, DéFI décrocherait 50 élus dans les conseils communaux du sud du pays - notamment à Liège, Charleroi, Namur ou encore Wavre -, ainsi que 5 élus provinciaux. Suffisamment pour ne pas qualifier l'opération d'échec. 

Jonathan Martin, président de DéFI pour la Wallonie, a fait basculer la majorité à Libramont-Chevigny. ©doc

Il serait même question de grimper à bord de majorités. À Libramont-Chevigny, c'est déjà fait, puisqu'avec son seul siège, le président de DéFI Wallonie, Jonathan Martin, fait basculer la majorité et renvoie les libéraux, au pouvoir depuis 1959, dans l'opposition. Ce qui lui vaut un poste d'échevin. Echevins également à Floreffe, Tubize et Seneffe. Les négociations seraient par ailleurs en bonne voie à Fleurus

Lire également

Publicité
Publicité