Dilbeek | Surenchère flamande

©Photo News

Les partis flamands sont à couteaux tirés depuis la défection d’un membre de la majorité. Un coup de théâtre inespéré pour l’Union des francophones.

"Dilbeek, waar Vlamingen thuis zijn." Depuis des décennies, les visiteurs de cette commune de la périphérie bruxelloise savent à quoi s’en tenir. Ce qui ne semble pas effrayer les francophones qui quittent Bruxelles pour s’installer dans le cadre champêtre du Pajottenland. Ils sont aujourd’hui 30% sur 40.000 habitants.

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Mais à Dilbeek, on n’a même pas besoin des francophones pour se taper dessus. Les Flamands assurent le spectacle à eux seuls. L’incident qui a mis le feu aux poudres remonte à septembre 2016 lorsque Jos Crabbe quitte le CD&V pour retourner à l’Open Vld dont il provenait. Le résultat, c’est que le bourgmestre Willy Seger (N-VA) n’avait plus de majorité. CD&V, N-VA, Groen et sp.a se retrouvaient en effet avec un siège en moins que l’opposition Open Vld et Union des Francophones (UF). Certains ont vu dans ce débauchage une réponse du berger à la bergère après que le bourgmestre sortant, Stefaan Platteau (Open Vld), pourtant vainqueur en 2012, a eu à digérer "une coalition dans son dos".

"La N-VA veut aller au-delà des lois linguistiques."
Guy Pardon
Union des francophones

L’affaire fit grand bruit, les partis de la majorité accusant l’Open Vld de faire le jeu des francophones. En juillet 2017, des militants flamands ont à plusieurs reprises protesté sur les marches de la maison communale. Des élus N-VA ont même offert un drapeau flamand à leurs collègues Open Vld. Ce qui a fait sortir de ses gonds l’ancien bourgmestre Volksunie, Jef Valkeniers, 84 ans, qui a renvoyé le petit drapeau à la figure du bourgmestre Willy Seger. "Je n’ai aucune leçon à recevoir de la part de blancs becs de la N-VA en matière de flamingantisme", s’est-il justifié. Le ton de la campagne était donné.

Pas de pubs en français

Fort de leur nouvelle majorité, Open Vld et UF en ont profité pour faire passer un certain nombre de points qui leur sont chers. À commencer par une réduction de la fiscalité immobilière et une révision du plan de stationnement. Dans sa campagne, l’UF plaide pour la liberté d’emploi des langues, hors administration. "La N-VA veut aller au-delà de ce que prévoient les lois linguistiques, en faisant notamment pression sur les commerçants pour qu’ils ne communiquent pas en français dans leurs publicités", explique Guy Pardon, chef de file UF et actif dans la politique locale depuis 36 ans.

L’UF n’est toutefois pas assurée de capter toutes les voix francophones à Dilbeek. "Un certain nombre de francophones de droite jugent parfaitement audible le discours de la N-VA."


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