Et la police de proximité, elle coûte combien?

Sans surprise, la facture sécuritaire est plus élevée dans les grandes villes qu'en rase campagne. A Bruxelles, le coût annuel par citoyen est d'un peu plus de 306 euros. ©ANP

A l'approche des élections communales du 14 octobre, L'Echo décortique les indicateurs-clefs de votre commune. Aujourd'hui: le coût des zones de police. C'est à Bruxelles-Ville que le coût par citoyen est le plus élevé. Pas étonnant.

C'est le coût le plus important pour les finances communales, et de loin. En 2018, selon les données agrégées par la banque Belfius, le personnel représentait environ 10 milliards de dépenses, soit environ 65% des dépenses communales. Un poids lourd.

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C'est au sein des zones de police que le facteur humain pèse le plus: 86% - au final, une zone de police, c'est essentiellement... des policiers. Prenons les 188 zones du pays, et les quelque 32.900 policiers qu'elles emploient: la facture totale avoisine les 3 milliards d'euros. Dont 1,85 milliard était à charge des collectivités locales, via la dotation aux zones de police.

Une charge au final assez stable dans le temps, du moins entre 2012 et 2018, et qui représente entre 9,5% et 15,7% des dépenses communales. En moyenne, cela représente un coût annuel par citoyen de:

  • 306,2 euros à Bruxelles;
  • 152,9 euros en Flandre;
  • 135,2 euros en Wallonie. 

Sans surprise, la facture sécuritaire est plus élevée dans les grandes villes qu'en rase campagne. En moyenne, a calculé Belfius, le coût par tête de pipe dans les quatre plus grandes entités du pays (Anvers, Gand, Charleroi et Liège) s'élevait à 331,9 euros.

Où le citoyen paie-t-il le plus pour "sa" police?

Voilà pour l'image globale. Afin d'obtenir une vision plus détaillée, penchons-nous sur les comptes 2016 des communes belges. Ce sont les derniers rentrés et traités par l'autorité de tutelle - ceux du cru 2017 sont encore en phase de collecte et de digestion. Les enseignements qui peuvent en être tirés restent toutefois d'actualité, le poids de la "dotation policière" étant resté globalement stable. 

 

À Bruxelles, la plus importante dotation est celle de Bruxelles-Ville (162,53 millions), soit près de 25 fois celle de la plus modeste, versée par Watermael-Boitsfort (6,17 millions). Si l'on rapporte ces montants au nombre d'habitants, voici où les forces policières coûtent le plus cher:

  • Bruxelles-Ville: 907 euros par citoyen (lire notre encadré consacré à la Ville);
  • Saint-Josse-ten-Noode: 595 euros;
  • Evere: 364 euros.
Pourquoi donc Bruxelles-Ville dépense-t-elle autant?

Penchons-nous sur le cas de la Ville de Bruxelles. Pourquoi supporte-t-elle une dépense presque trois fois supérieure à celle consentie par les autres grandes villes? Parce qu'il s'agit du plus important corps de police de Belgique? Sans doute. Mais celui-ci ne se consacre pas uniquement aux tâches de proximité. Parce que Bruxelles, la Ville, est au coeur de Bruxelles, la Région. Et que celle-ci est la capitale du pays. Bref, c'est Bruxelles.

"La Ville totalise plus de 3.000 événements et 900 manifestations par an", résume-t-on au cabinet du bourgmestre Philippe Close (PS). Bien sûr, d'autres niveaux de pouvoir, Fédéral en tête, mettent également la main à la poche. "Mais ce financement n'a pas suffisamment évolué au fil des ans. Prenez les événements revendicatifs: il y en a eu 656 en 2012, et 912 en 2017. Même constat avec les sommets européens et autres rencontres internationales de premier rang: 22 en 2012, 60 en 2017. Or, entre 2012 et 2018, la Ville a augmenté de 14% sa dotation à la zone de police, tandis que la contribution fédérale n'a progressé que de 6,4%."

Le trio des communes payant le moins ne suscitera sans doute pas de vive surprise:

  • Uccle: 209 euros;
  • Woluwe-Saint-Lambert: 223 euros;
  • Woluwe-Saint-Pierre: 227 euros.

Même exercice en Wallonie, où les dotations vont de 67,22 millions (Charleroi) à 109.305 euros (Fauvillers). Voici donc où les habitants paient le plus:

  • Charleroi: 333 euros;
  • Liège: 330 euros;
  • Huy: 236 euros.

Et le moins:

  • Amblève: 36 euros;
  • Erezée: 37 euros;
  • Burg-Reuland: 38 euros.

Et dans les grandes villes?

Le cas des grandes villes est évidemment particulier - c'est Anvers qui gagne la palme de la plus importante dotation (194,3 millions). On vous a dressé la liste des dix plus grandes entités belges, et les coûts que représentent pour elles les forces de police (montant brut et facture par habitant). Voici ce que cela donne:

 

 

  • Anvers: 194,3 millions (371 euros par habitant);
  • Gand: 78,65 millions (302 euros par habitant);
  • Charleroi: 67,22 millions (333 euros par habitant);
  • Liège: 65,09 millions (330 euros par habitant);
  • Bruxelles-Ville: 162,53 millions (907 euros par habitant);
  • Schaerbeek: 44,05 millions (331 euros par habitant);
  • Anderlecht: 29,42 millions (248 euros par habitant);
  • Bruges: 26,57 millions (225 euros par habitant);
  • Namur: 18,65 millions (168 euros par habitant);
  • Louvain: 21,94 millions (216 euros par habitant).

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