Gand | Les socialistes vont-ils se remettre des scandales?

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Les affaires Publipart et Optima pourraient mettre un terme à une domination socialiste qui prévaut depuis 30 ans.

Les élections communales à Gand (260.000 habitants) s’annoncent comme les plus serrées depuis 2006, c’est-à-dire avant l’ère Termont. Champion des voix de préférence (44.561 en 2012) dans la cité d’Artevelde, le socialiste Daniël Termont, 65 ans, s’était constitué une majorité absolue avec Groen et Open Vld. Il a cependant vu son deuxième mayorat complètement terni par les "affaires" Publipart et Optima.

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Publipart, c’est l’équivalent flamand de Publifin, c’est-à-dire des intercommunales à la gestion opaque où on se partage les postes et les jetons de présence entre camarades socialistes. Publipart, la Gantoise, n'est d’ailleurs rien d'autre qu'une filiale de Publifin, la Liégeoise. La principale conséquence de cette affaire a été la démission de l'échevin Tom Balthazar, un des deux administrateurs de la Ville chez Publipart et dauphin désigné de Daniël Termont. Du même coup, Balthazar a renoncé à la tête de liste du cartel sp.a-Groen. Il a été remplacé par Rudy Coddens, 58 ans. A ses côtés, on retrouve la candidate écologiste Elke Decruynaere (Groen).

L’affaire Optima, c’est cette banque privée dirigée par Jeroen Piqueur qui a fait faillite en 2016 et dans laquelle des édiles gantois avaient de puissants intérêts (Daniël Termont s’est ainsi rendu au Mipim de Cannes dans le jet privé de Jeroen Piqueur). Une commission d’enquête a conclu à l’absence de "faute" dans le chef du bourgmestre mais y a quand même vu une "imprudence". En attendant, pour l’image des socialistes gantois, le mal était fait.

"En 2012, Termont avait près de 45.000 voix de préférence sur environ 200.000 votants. La question est de savoir comment ce réservoir de voix sera réparti", souligne Nicolas Bouteca, politologue à l’Université de Gand. "Malgré les scandales, le cartel sp.a-Groen devrait l’emporter et il a été convenu que le fauteuil de bourgmestre reviendrait au sp.a, donc à Rudy Coddens. Mais il n’est pas exclu que Groen fasse un meilleur score et se retrouve avec plus de conseillers communaux que les socialistes. On aurait alors une sorte de cabinet de l’ombre."

Clash entre Sleurs et Bracke

Si le camp progressiste a perdu pas mal de crédibilité au cours de la législature écoulée, en face, ce ne fut pas non plus un long fleuve tranquille. A la N-VA, Elke Sleurs a quitté en février 2017 son poste de secrétaire d’Etat dans le gouvernement Michel, pour tirer la liste de son parti à Gand. Jusqu’au coup de théâtre de janvier 2018, lorsque Sleurs annonce, en larmes, qu’elle renonce à la tête de liste. En cause, un crash frontal avec Siegfried Bracke. Il faut dire qu’elle n’avait pas ménagé le président de la Chambre en lui proposant l’avant-dernière place sur la liste ou… rien du tout.

"La question demeure de savoir si une ville jeune et progressiste comme Gand dispose d'un terreau favorable pour les nationalistes"
Nicolas Bouteca
Politologue

Bracke, lui, a considérablement terni son image avec sa mission de conseil chez Telenet. Sleurs a voulu en profiter pour l’écarter dans la course au mayorat gantois. Raté donc, puisque Bart De Wever a décidé de renvoyer chacun dos-à-dos et de pousser en tête de liste une parfaite inconnue, l’eurodéputée Anneleen Van Bossuyt, 38 ans.

"La N-VA a galvaudé ses chances en raison des dissensions internes, mais la question demeure de savoir si une ville jeune et progressiste comme Gand dispose d'un terreau favorable pour les nationalistes", interroge Nicolas Bouteca.

Revoilà Verhofstadt

Les choses sont moins mouvementées du côté de l’Open Vld qui, avec Mathias Declercq (Open Vld), 36 ans, s’est choisi un chef de file dont les chances de décrocher le mayorat sont réelles, du moins si l’on en croit les sondages. L’actuel premier échevin de la ville emmène une liste où 33 candidats sur 53 sont des nouvelles têtes. L’ancien Premier ministre Guy Verhofstadt poussera la liste, où figure également une certaine Gerda Bosschem, 70 ans, la patronne du plus vieux café de Belgique, Den Turk, ouvert en 1228.

Reste le CD&V qui, avec Mieke Van Hecke, tient une candidate solide. A 71 ans, celle qui fut de 2004 à 2014 à la tête de l’influent réseau de l’enseignement catholique en Flandre dispose d’une vaste expérience des lieux de pouvoir.

"Le vrai challenger sera Mathias Declercq qui se positionne au milieu de l’échiquier politique afin de pouvoir grappiller tant à gauche qu’à droite. Mais je pense qu’il sera quand même un peu juste. Sauf s’il parvient à s’entendre avec la N-VA et le CD&V. Mais Mieke Van Hecke n’a pas caché qu’elle préfèrerait être dans une coalition de centre-gauche" conclut Nicolas Bouteca.

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