Ganshoren | Rabattre toutes les cartes

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Au cours de la législature en cours, le pouvoir communal a connu des renversements de situation parfois rocambolesques, empêchant une gestion sereine de la commune.

Travailler pour les gens. Ce leitmotiv aussi naturel en politique qu’une eau qui mouille va devoir reprendre quelques couleurs à Ganshoren. Cette petite commune du nord-ouest de Bruxelles est en effet le théâtre d’un rock’n roll unique depuis les dernières élections communales. "Les gens n’y comprennent plus rien", y souffle-t-on de dépit. Toute proportion gardée, le scénario est  digne de House of Cards. On exagère à peine. Au début, il y avait une bourgmestre socialiste, Michèle Carthé, qui dirigeait la commune depuis 2001 et qui avait conclu un accord pour gouverner avec Hervé Gillard, feu le leader du MR local.

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Au lendemain du scrutin, celui-ci s’en était allé trahir sa parole en signant un acte de présentation comme bourgmestre avec les écologistes et ProGanshoren, un groupe teinté CDH. Imprudents, ces derniers étaient partis dormir sans boucler l’accord sur les postes d’échevins. Sous pression du MR, Hervé Gillard était finalement revenu vers le PS avec la signature des deux autres partis qui, oui, c’est légal, lui permettait d’être bourgmestre. C’est ainsi que Michèle Carthé perdait son mayorat mais parvint à rester dans la majorité à Ganshoren. ProGanshoren et Ecolo, eux, étaient les cocus de l’histoire. Hervé Gillard gagnait le mayorat grâce à un coup tordu.

En 2016, le vent allait tourner. Deux graves accusations touchaient le bourgmestre en plein vol. Il aurait abusé de la faiblesse d’une dame d’un âge certain pour payer sa campagne, financée par ailleurs en vidant les caisses d’une association. Les enquêtes ne permirent jamais de confirmer les premiers faits et furent interrompues quant aux seconds. Hervé Gillard avait obtenu une transaction pénale éteignant toute procédure. C’était quelques semaines avant le drame: son décès des suites d’une maladie.

Il ne fallut pas trois semaines pour que quatre indépendants élus sur la liste de madame Carthé la quitte. Parmi eux, deux échevins ont même intégré les rangs du cdH, repoussant le PS dans l’opposition en plein milieu de la législature. Nous arrivons dans la situation actuelle – qui est assez extraordinaire - avec deux échevins PS de l’opposition mais restés dans un collège dirigé par M. Robert Genard, le remplaçant MR d’Hervé Gillard. L’opposition Ecolo parle de collège "en affaires courantes" depuis un an.

Les élections communales vont donc rabattre toute ces cartes. Michèle Carthé repart au combat sans exclusive avec une liste Ensemble/Samen associant PS, sp.a, des indépendants et… l’Open VLD, malgré les mains tendues du MR. Ce dernier se ressource avec une liste du bourgmestre poussée par Robert Genard mais tirée par le jeune Stéphane Obeid. Il a moins de trente ans et se présente fort d’un accord préélectoral assumé avec ProGanshoren, dont la tête de liste n’est autre que Pierre Kompany (cdH), père du célèbre Diable Rouge. Stéphane Obeid précise qu’il ne montera pas au pouvoir avec Michèle Carthé. Ecolo sera emmené par une nouvelle venue, Marie Fontaine et la liste DéFI de Grégory Rase essayera de faire mieux que le siège obtenu en 2012. A noter, la N-VA dont la liste est tirée par le médiatique sénateur Karl Van Louwe.

Les enjeux du scrutin? Les places à créer en crèche et dans l’enseignement, la mobilité et la sécurité avec le poids de la commune à renforcer au sein de sa zone de police. Et ramener un peu de sérénité à l’hôtel communal.

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