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Il n'y a pas d'âge pour faire de la politique

©Doc

Rencontre avec Augustin Pitrebois, candidat tournaisien de 19 ans et Joseph Daussogne, bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre, 85 ans.

Augustin Pitrebois, 19 ans, plus jeune tête de liste

Il est né le 26 juillet 1999. Ça lui fait donc 19 ans tout juste. Il s’appelle Augustin Pitrebois. Il figure en tête de liste du nouveau parti Oxygène, dans la ville de Tournai. C’est le plus jeune candidat tête de liste pour ces élections communales. Il n’est pas arrivé par hasard en politique, mais par passion. Par contre, cette place en vue, il ne l’a pas choisie, ni même espérée. Il y est arrivé par la chance du résultat du vote secret de la section locale de son parti. "Je ne m’imaginais pas figurer en tête de liste à 19 ans. Il y a des répercussions auxquelles on ne pense pas, on est propulsé sur le devant de la scène, mais l’investissement reste le même."

"Nous voulons partir de la base, de ce que le citoyen veut, et pas imposer nos idées d’en haut."
augustin pitrebois
tête de liste oxygène

Surpris? Il y aurait de quoi, quand on voit la composition de la liste tournaisienne qui s’alignera aux côtés des poids lourds du PS Rudy Demotte et du MR Marie Christine Marghem. Augustin est le plus jeune de sa liste, et de loin. "Il n’y a pas d’âge pour entrer en politique ou pour en sortir (petit clin d’œil vers Joseph Daussogne? – lire ci-contre), dit-il. C’est l’engagement réel qu’on est prêt à avoir avec le citoyen qui importe. Regardez, y a-t-il une limite d’âge pour un chanteur? Non. C’est la passion qui compte."

Voilà qui est très gentil pour les ténors de la politique. Mais Augustin aurait-il envie que davantage de jeunes se lancent, comme lui l’a fait? "Ce qu’il faut surtout, c’est que les jeunes s’investissent d’abord dans les actions locales, dans les projets, les choix à faire. Le politique, il faut vraiment l’avoir au fond de soi."

Étudiant à l’Insas (Institut supérieur des arts) en option son, Augustin a attrapé le virus de la politique dès 12 ans. Il a accumulé les fonctions de délégué de classe tout au long de son parcours scolaire. Mais il rejette les partis traditionnels, dont le fonctionnement ne lui convient pas. D’où son engagement dans le mouvement citoyen qu’est Oxygène. "Nous voulons partir de la base, de ce que le citoyen veut, et pas imposer nos idées d’en haut. Ce n’est pas aux citoyens à s’adapter aux choix des politiques, mais le contraire."

Ne lui demandez pas quelles sont les promesses que fait Oxygène dans son programme, il n’y en a pas. "Moi, je veux défendre une éducation à la politique locale. Trop souvent, les citoyens ne comprennent pas ce qu’il se passe. Je défends aussi la bonne gouvernance et la transparence, il faut pouvoir justifier et expliquer chaque dépense."

Joseph Daussogne, 85 ans, tête de liste la plus âgée

"Je ne vois pas pourquoi je devrais laisser ma place à quelqu’un. Je sais que ça les embête que je ne meure pas plus vite. Moi je suis ici par passion. J’aime ma commune." A 85 ans, Joseph Daussogne, le bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre, n’a pas sa langue dans sa poche.

"Moi je pense que je suis resté le plus jeune dans ma commune. Je travaille encore 12h par jour."
joseph daussogne
tête de liste de la liste du bourgmestre

Et la question du renouvellement en politique, il l’évacue d’un revers de la main. Place aux jeunes? Pourquoi, quand on a l’expérience, et qu’on peut encore la transmettre? Et donc, il veut rempiler. Sur la Liste du bourgmestre, dont il occupe la tête, il annonce fièrement qu’il a d’ailleurs placé 6 jeunes de moins de 25 ans.

Sa langue en poche, Daussogne ne l’a jamais eue. Et c’est bien pour cela qu’il ne peut plus, aujourd’hui, afficher les couleurs du PS sur le revers de sa veste. Il a en effet été exclu du PS fin 2011, après avoir refusé de verser 10% de ses revenus nets liés à ses mandats, comme le prévoient les statuts du parti. En 2012, sa liste a perdu les élections, battue sur la ligne par l’alliance MR-cdH-Ecolo, qui a remporté 13 sièges, contre 12 pour la Liste du bourgmestre. Qu’à cela ne tienne, à mi-législature, Daussogne a récupéré son poste après avoir fait voter une motion de méfiance et obtenu un renversement de majorité.

Ancien syndicaliste (Setca), ancien technicien à Saint-Gobain, propriétaire d’une exploitation agricole, ex-conseillé provincial, ex-échevin des travaux publics, Joseph Daussogne a tout fait dans la vie. "Même construire des usines, aux Pays-Bas et en Suisse", aime-t-il à raconter. Alors, cette expérience, il veut en faire encore profiter sa commune. Même si sa popularité vacille. Même s’il a été reconnu coupable d’homicide involontaire pour défaut de prévoyance après qu’un des ouvriers de la piscine communale soit décédé. Jugement qu’il n’a jamais avalé.

Résultat, certains de ses échevins socialistes (Michel Gobert et Philippe Carlier) ont quitté sa liste pour créer la liste PepS, estampillée PS. Ce qui pourrait lui faire mal. Joseph Daussogne sait que c’est l’électeur qui décidera de son sort. Et que vu son âge, ce mandat – s’il le décroche – sera le dernier"Moi je pense que je suis resté le plus jeune dans ma commune. Je travaille encore 12h par jour. Mes échevins, je vois souvent leur bureau fermé… Ils ne sont pas là. Il y a ceux qui sont forts pour donner des leçons, et ceux qui travaillent. Moi, j’estime que j’ai bien fait mon travail."

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