Jean-Pierre "Ice-Watch" Lutgen part à la conquête du maïorat de Bastogne

©Anthony Dehez

La tête d’affiche des communales est désormais connue: Jean-Pierre Lutgen veut déloger son frère Benoît de l’hôtel de ville bastognard.

Le thriller bastognard "Lutgen contre Lutgen" a pris une nouvelle dimension ce mardi puisque Jean-Pierre, CEO et fondateur de la marque horlogère Ice-Watch a officialisé sa candidature aux élections communales d’octobre prochain. Jean-Pierre, frère aîné de l’actuel bourgmestre Benoît, est candidat bourgmestre puisque c’est effectivement bien lui qui sera tête de liste de ce rassemblement appelé "Citoyens positifs".

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La particularité de l’affaire, outre qu’elle oppose deux frères, est qu’elle dépasse de loin le spectre purement local bastognard. À côté de sa casquette de bourgmestre de Bastogne, Benoît Lutgen est également président du cdH et député fédéral, du coup, chaque mouvement est ausculté avec attention. Ainsi une défaite de l’actuel bourgmestre signifierait probablement la fin de sa carrière politique – mais nous n’en sommes pas là. Rappel; en Wallonie, en vertu du code de la démocratie locale, "the winner takes it all", à savoir que deux membres d’une même famille ne peuvent siéger ensemble dans un conseil communal: celui qui emporte le plus de scrutins peut siéger, l’autre doit s’effacer…

Demi-surprise

"Humainement, ce n’est pas très agréable"
Benoît Lutgen

Jean-Pierre Lutgen, sur sa liste, a coalisé des membres des quatre formations politiques traditionnelles – à l’exception, évidemment, du cdH. Ainsi retrouve-t-on sur la liste citoyenne des membres d’Ecolo, de DéFI, du PS et du MR. Pour ce qui est des verts et de DéFI, c’est une demi-surprise, les présidents de ces partis nourrissent une hostilité qu’ils ne prennent plus vraiment la peine de dissimuler à l’égard de Benoît Lutgen – singulièrement depuis le retournement d’alliance du 19 juin 2017; Olivier Maingain n’a pas pardonné à Benoît Lutgen, etc, etc. Pour le PS, c’est le même raisonnement qui prévaut – à peu de chose près. Plus étonnant, en revanche, le fait de retrouver le MR sur cette liste visant à détrôner Benoît Lutgen de son fauteuil. C’est le président du cdH, en effet, qui a ramené les libéraux francophones au pouvoir en Région wallonne. Au MR, on dit: "il ne faut pas confondre les niveaux de pouvoir, ce n’est en aucun cas un geste d’agression vis-à-vis de Benoît Lutgen".

Autoritarisme

La liste de Jean-Pierre dispose-t-elle des moyens de ses ambitions?

Rappel, Benoît dispose d’une large majorité de 17 conseillers sur 25, il faudra donc ramer ferme pour lui enlever la majorité absolue acquise en 2012. Du côté du challenger, un des reproches formulés à l’encontre de l’actuel maïeur est son absence de la vie communale, entre autres due à ses fonctions de président à Bruxelles. On lui reproche également son autoritarisme. Benoît Lutgen balaye ces critiques en exhibant les chiffres de sa présence, par exemple, au conseil de police où, lors de la dernière législature, il a été présent, dit-il, à 85%. "Loin devant ceux qui me critiquent". Lundi, le président du cdH ne s’est pas fait prier pour rappeler que son frère était inculpé pour défaut de permis de bâtir et outrage à agent, se demandant "ce qu’en pensait le chevalier blanc de l’éthique Olivier Maingain".

Du côté du candidat bourgmestre Jean-Pierre Lutgen, on rappelle qu’un appel a été interjeté contre ces décisions de justice et on se dit épuisé par les bâtons dans les roues qui sont systématiquement mis contre le développement de l’économie et de l’entreprise Ice-Watch à Bastogne, qui emploie une cinquantaine de personnes, entre autres dans son entrepôt et à son QG dans le centre-ville. "JP", entrepreneur de l’année en 2018, est, dit-on, prêt à délocaliser son business dans un environnement plus serein et accueillant. "Marre des tracasseries incessantes et des misères que l’administration communale nous fait subir", déplore-t-on dans l’entourage du CEO. "Il n’y a jamais rien de positif, c’est toujours dans le détricotage et le négatif".

Jean-Pierre et Benoît Lutgen sont les fils de Guy Lutgen qui – lui-même – fut bourgmestre de Bastogne entre 1977 et 2000.

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