Le PS veut mettre le PTB dos au mur du pouvoir

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À Molenbeek, Charleroi ou Liège, les socialistes discutent avec la gauche radicale.

Ils finissent donc par s’asseoir à la même table de discussions. Dans trois grandes communes, Liège, Charleroi et Molenbeek, le Parti socialiste a décidé de prendre langue avec le PTB qui, dimanche, a fait une percée historique dans bon nombre de communes populaires où le PS fait également moisson de voix.

  • À Liège, le bourgmestre sortant Willy Demeyer a annoncé des discussions bilatérales avec tous les partis susceptibles de participer à une coalition, PTB compris.
  • À Charleroi, le PTB est arrivé deuxième derrière le PS de Paul Magnette, qui garde une majorité absolue, et devant le MR d’Olivier Chastel.
  • À Molenbeek-Saint-Jean, en Région bruxelloise, la situation est un peu plus compliquée puisque Catherine Moureaux (PS), qui a largement remporté les élections dimanche, a besoin du PTB et d’Ecolo pour éventuellement éjecter la bourgmestre sortante Françoise Schepmans (MR) de la majorité communale. Des discussions entre PS, Ecolo et PTB ont été entamées ce lundi.
"Nous ne participerons pas à des majorités pour y faire de la figuration."
Raoul Hedebouw
Porte-parole du PTB

Ces situations locales offrent une opportunité au Parti socialiste de tenter de déstabiliser son rival à gauche, qu’on dit hostile à l’exercice du pouvoir. Il s’agit de le forcer à se découvrir, enregistrer son éventuel refus de gouverner et in fine, plaider son irresponsabilité. La ficelle est grosse mais le PS sera aidé par les exigences démesurées affichées par le PTB. "Nous voulons une vraie politique de rupture qui propose une alternative au libéralisme. Nous ne participerons pas à des majorités pour y faire de la figuration et en être jeté au premier désaccord", a prévenu Raoul Hedebouw, porte-parole du parti.

À l’intérieur du PS, la stratégie à adopter quant à la victoire du PTB fait toutefois débat. La direction du parti semble avoir fait passer un message clair: maintenir le PTB dans l’opposition. Mais, avec la FGTB wallonne, certains estiment qu’il est temps de frotter le parti de gauche à l’exercice du pouvoir. Pas sûr que cette vision l’emporte, ce qui rouvrirait la porte à des alliances PS-MR.

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