Louvain | Une nouvelle ère s'ouvre

Louis Tobback ©Photo News

Personne ne se présente comme favori pour succéder à Louis Tobback qui a dirigé Louvain pendant 24 ans.

Si on caricature un peu, on pourrait dire que ce 14 octobre se tiendront à Louvain (92.000 habitants) les premières élections libres depuis un quart de siècle. Depuis 1994 en effet, Louis Tobback est la figure incontournable de la politique locale. Aujourd’hui, à 80 ans, il a décidé de laisser la place aux jeunes, à commencer par son fils Bruno Tobback, dont les intentions ne sont cependant pas encore totalement claires.

Ne manquez rien des élections communales

- Notre dossier avec toutes les analyses

- Notre blog avec tous les à-côtés

- Abonnez-vous sur Twitter et Instagram

Louis Tobback n’a jamais caché sa nette préférence pour des coalitions avec les sociaux-chrétiens, que ce soit à Louvain ou au fédéral d’ailleurs. En 2012, il avait remporté 31,4% des voix, ce qui était en fait assez modeste par rapport aux 38% réalisés en 2006. Le CD&V suivait à bonne distance avec 18,5%. Aux élections fédérales de 2014, cependant, le sp.a n’avait obtenu que 17% des voix contre 19% pour Groen. Est-ce à dire que le vent est en train de tourner pour les socialistes à Louvain? "Louis Tobback est un bourgmestre unique qu’il sera difficile de remplacer", souligne Nicolas Bouteca, politologue à l’Université de Gand. Il prévoit dès lors une campagne très ouverte.

Tobback n’entend pas pour autant se retirer complètement. "Si nous sommes jetés hors de la majorité, j’irai siéger dans l’opposition", annonce-t-il. De son propre aveu, la plus belle période qu’il a vécue en politique, c’est celle où il était chef de groupe de l’opposition à la Chambre contre le Premier ministre Wilfried Martens.

Le dauphin de Louis Tobback, ce n’est pas son fils Bruno, mais l’échevin Mohamed Ridouani. "C’est un homme de dossiers, qui ne possède pas le charisme de son mentor", observe Nicolas Bouteca. D’après lui, les difficultés rencontrées par le sp.a au niveau national auront immanquablement des répercussions dans les communes où ils étaient traditionnellement en position de force.

Caravane en feu

La campagne louvaniste a pris une tournure un peu bizarre lorsque, le 24 mai dernier, des inconnus ont bouté le feu à la caravane de campagne du chef de file de la N-VA Lorin Parys. Un acte désapprouvé par tous les partis et heureusement resté sans suites. En 2014, la N-VA était arrivée en tête dans la ville universitaire. Reste à voir avec qui ils pourraient forger une coalition. Lorin Parys, lui, a déjà formulé une exclusive, en indiquant, conformément à la ligne du parti, qu’il n’entrerait pas dans une coalition avec les socialistes.

Au CD&V, on mise sur l’austère Carl Devlies, anciennement secrétaire d’Etat dans le gouvernement Di Rupo et aujourd’hui censeur à la Banque nationale. Les libéraux de l’Open Vld enverront, eux, un vieux de la vieille en la personne de Rik Daems, originaire d’Aerschot où il a été bourgmestre (1989 – 1994), ainsi que ministre à de multiples reprises.

La situation à Louvain ressemble à bien des égards à celle qui prévaut à Gand: un bourgmestre socialiste sortant très populaire, mais qui ne se représente plus. Ce qui rend le jeu très ouvert.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content