Molenbeek | Moureaux suffira-t-il à Catherine?

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A Molenbeek, l'alliance MR, cdH, Ecolo semble vouloir tenir. Sous reserve de la méforme électorale des partenaires de la bourgmestre libérale Françoise Schepmans.

L’eau a coulé sous les ponts du canal depuis la chute de Philippe Moureaux. En 2012, le puissant socialiste tombait de l’estrade communale et perdait un mayorat de 20 ans, passant le flambeau à sa meilleure ennemie du MR, Françoise Schepmans. Promise à la déconfiture par un PS révulsé par la défaite, celle-ci est parvenue à souder dans le temps une coalition avec le cdH et Ecolo. Bien sûr il y eut des querelles entre les trois partenaires mais dans leur discours actuel, on sent le désir de remettre le couvert pour 6 ans de plus.

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Ahmed El Khannouss (cdH) a indiqué clairement sa volonté de renouveler l’alliance après le scrutin de 2018 lors d’une intervention au Parlement bruxellois. Sarah Turine, tête de liste Ecolo, était sur le même mood lorsqu’elle était interrogée en radio il y a quelques mois. En juillet, elle changeait toutefois de ligne dans la presse en n’excluant aucune alliance après le 14 octobre. Quant au MR, il ne semble pas prêt à remettre le PS en selle en faisant à nouveau équipe avec lui.

Et ce n’est pas les tentatives de rapprochement de Catherine Moureaux pour retisser les liens d’un mariage PS-MR - qui a fonctionné des années durant à Molenbeek - qui y ont changé quoi que ce soit. Au PS, on compte fermement sur le nom "Moureaux" pour  remporter l’élection d’octobre. Schaerbeekoise à la base, Catherine Moureaux (40 ans) est venue s’installer à Molenbeek pour mener la reconquête du pouvoir. Un avantage : son père est une figure qui reste extrêmement populaire dans la commune. Un inconvénient : son aura familiale crispe les partenaires politiques potentiels qui furent tout heureux, il y a près de six ans, de se débarrasser de la mainmise socialiste sur les affaires de Molenbeek. Une mainmise caractérisée par une forme de paternalisme et de clientélisme dénoncés de longue date par ses adversaires.

Bref, l’affaire est loin d’être dans le sac pour Catherine Moureaux. Elle compte sur le mécontentement d’une partie de la population (les garderies d’enfants devenues payantes dans les écoles communales, par exemple) quant à la politique locale pour faire gagner un PS qui est toujours très implanté. Elle peut déjà s’honorer d’avoir contenu les remous internes provoqués par son arrivée. Jamal Ikazban, ancien échevin ambitieux, sera deuxième sur la liste PS. Le sp.a du député bruxellois Jef Van Damme, qui ne fut pas facile à contenter, également. La nouvelle forme du PTB, emmené par Dirk De Block, son leader bruxellois, pourrait par contre coûter cher aux socialistes dans la course à la première place qu’ils disputent au MR.

Le PS observe aussi avec grand intérêt la santé des partenaires du MR au sein de la majorité sortante. Chez les verts par exemple, la rupture est consommée entre Ecolo et Groen. Chacun présentera des candidats francophones et néerlandophones sur deux listes séparées ce qui est loin d’être idéal. Motif du divorce : la sortie d’un livre de l’échevine Groen Annalisa Gadaleta né de ses échanges avec le sociologue italien Leonardo Palmissano. Molenbeek y est comparé au Maghreb et le système social belge (allocations familiales et réductions d’impôt) comme facteur de la natalité des populations d’origine étrangère de la commune. Ces déclarations jugées blessantes pour une partie de la population molenbeekoise firent un petit scandale et provoqua le divorce de Groen avec les écologistes francophones de Molenbeek.

Les déboires électoraux potentiels du cdH pourraient faire les affaires du PS. La méforme humaniste, dont le chef de file, Ahmed El Khannouss, n’a pas toujours honoré les nombreuses promesses faites en 2012, ne rassurent en rien le MR de Françoise Schepmans. Ahmed El Khannouss, échevin des Sports, compte capitaliser, comme la bourgmestre, sur l’arrivée du RWDM au stade Edmond Machtens. L’occupation du stade ayant défrayé la chronique durant la législature.

On s’attend aussi à une progression du côté de DéFI qui ne compte pour l’heure qu’un seul conseiller : Michaël Vossaert, une figure en progression dans le parti.

Les observateurs scruteront enfin le score du parti Islam qui dispose d’un conseiller et se présente à nouveau aux élections à Molenbeek.

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