Mons | Au final, c'est toujours Elio qui gagne!

©Photo News

Alors qu'il avait renoncé à se présenter devant les électeurs comme candidat bourgmestre à Mons en promettant de céder son écharpe mayorale à son dauphin Nicolas Martin, Elio Di Rupo maintient le suspense en estimant aujourd'hui qu'il pourrait rempiler comme bourgmestre si il arrive en tête du scrutin le 14 octobre. À moins que le fougueux Georges-Louis Bouchez arrive à créer la surprise et bouscule la majorité absolue socialiste.

Mons, c’est avant tout un combat. Certains parleront de celui de David le libéral contre Goliath le socialiste. On n’en est pas loin! Bastion socialiste depuis les années 1950, la citadelle montoise semble imprenable pour les adversaires politiques. Et après une brève parenthèse où le PS a accepté d’accueillir les libéraux dans sa majorité absolue à la suite du scrutin de 2012, Elio Di Rupo, maître absolu de la Ville depuis 2000, a rapidement sonné la fin de la récré en renvoyant son encombrant échevin libéral Georges-Louis Bouchez sur les bancs de l’opposition.

Ne manquez rien des élections communales

- Notre dossier avec toutes les analyses

- Notre blog avec tous les à-côtés

- Abonnez-vous sur Twitter et Instagram

Pour l’édition 2018, le scénario qui se dessinait jusqu'il y a quelques jours intégrait un changement de casting. Toujours aussi populaire dans la cité du Doudou, Elio Di Rupo semblait vouloir tirer sa révérence. Le bourgmestre de Mons, et président du parti socialiste, a fait part en début de campagne qu'il ne rempilerait pas au mayorat et laissera la place à son dauphin Nicolas Martin, déjà bourgmestre faisant fonction du temps où Elio Di Rupo exerçait le poste de Premier ministre.

Loin d’être un novice, le premier échevin Nicolas Martin se présente comme le candidat du changement. "La fonction de bourgmestre est liée à la personne qui l’occupe. Il y aura donc forcément un changement si j’accède à ce poste", prévient Nicolas Martin. "J’ai la même volonté qu’Elio. Je m’inscris dans le développement de la Ville, mais j’ai aussi la volonté d’être présent. Je ne serai que bourgmestre", promet-il. "La majorité absolue est indispensable pour garder une cohérence et éviter des négociations laborieuses pour chaque projet. C’est plus compliqué d’avoir une politique claire en cas de coalition."

"La fonction de bourgmestre est liée à la personne qui l’occupe. Il y aura donc forcément un changement si j’accède à ce poste."
Nicolas martin
premier échevin PS

Un grain de sable nommé Bouchez

Derrière cette passation de pouvoir qui, en d’autres temps, se serait passée sans encombre et sans remous pour les socialistes montois, le scrutin 2018 aura un goût de combat, car le tandem socialiste Martin (en tête de liste) et Di Rupo (pour la pousser), rencontrera immanquablement sur sa route l’omniprésent et brouillant Georges-Louis Bouchez.

Georges-Louis Bouchez (MR). ©Aude Vanlathem

Jadis échevin des Finances d’Elio Di Rupo avant que le MR se fasse débarquer de la majorité communale, Georges-Louis Bouchez entend bousculer le PS. "Il faut que le PS ne soit plus en mesure de diriger tout seul la ville de Mons. Le PS ne doit plus avoir la majorité absolue. C’est une entrave à la démocratie et au pluralisme d’idées", martèle-t-il. Longtemps vu comme le meilleur ennemi d’Elio Di Rupo, Georges-Louis Bouchez ne semble guère faire plus confiance en Nicolas Martin. "Il y a plus de modernité chez Di Rupo que chez Martin."

Pour égratigner les socialistes et percer leur majorité absolue, le candidat libéral a créé voici quelques mois la liste d’ouverture "Mons en mieux" qui intègre tant des personnalités venant du MR comme Richard Miller que certains transfuges cdH ainsi que des candidats de la sociétés civiles.

Voilà pour le décor. Et les bousculades s’annoncent musclées entre le PS et Mons en mieux.

"Il y a plus de modernité chez Di Rupo que chez Nicolas Martin."
Georges-Louis Bouchez
candidat Mons en mieux

Côté enjeux politiques, c’est forcément un combat d’idées qui va animer Mons ces prochaines semaines. Du côté de Mons en mieux, la stratégie semble évidente: les recettes du passé (socialiste) n’ont pas fonctionné. "Mons est un exemple unique d’une précarité sociale avec deux universités et des milliers d’étudiants. Le nœud du problème est le manque de vision et un développement global."

Choc des idées

Pour animer les débats, Georges-Louis Bouchez axe son discours autour de trois thématiques: l’emploi, l’enseignement et la santé. "Il faut sortir des débats sur l’état des trottoirs et se lancer sur les grands enjeux pour Mons." Ainsi, à côté des annonces chocs comme la fin des biennales et les restrictions budgétaires dans les musées, Georges-Louis Bouchez entend remobiliser les fonds publics autour des trois axes forts de sa campagne.

"Il y a 41.000 emplois disponibles à Mons, mais 70% ne sont pas occupés par des Montois! Or, le rendement fiscal d’une commune est plus lié au domicile des travailleurs qu’à celui de l’entreprise. Cette attractivité pour les habitants doit passer par des services publics de proximité et ouverts le samedi. Le vrai enjeu à Mons c’est le taux de chômage de près de 20% auquel il faut rajouter les 9% de personnes qui bénéficient du RIS. Si on ne casse pas toute cette fatalité autour de cette pauvreté, rien ne pourra suivre et on ne pourra plus rénover des routes. Idem du côté de la santé. Les indicateurs sont catastrophiques. Nous avons le plus haut taux d’obésité, on meurt plus jeune… On dit toujours que la culture rapporte de l’argent pour justifier les subsides. Mais les musées nous coûtent 2,9 millions par an et on n’a pas baissé le taux de chômage. Si c’est du marketing que l’on recherche, à ce prix un club de foot en D1 rapporte plus. Tout le monde parle du Sporting de Charleroi."

"Les musées nous coûtent 2,9 millions par an et on n’a pas baissé le taux de chômage. Si c’est du marketing que l’on recherche, à ce prix un club de foot en D1 rapporte plus. Tout le monde parle du Sporting de Charleroi."
Georges-Louis Bouchez
candidat Mons en mieux

Face à ce que Nicolas Martin voit comme de "l’agressivité de Mons en mieux et de son chef de file", le PS joue la carte de la proximité avec les citoyens. "Il faut travailler à l’efficacité des services rendus aux citoyens. On peut toujours faire mieux. Il est important de revenir aux services de base comme la propreté, le logement et la sécurité. C’est ce qu’attendent de nous les montois."

Derrière ce discours, le nouveau chef de file des socialistes montois entend renforcer ce qu’il appelle les services décentralisés. "Mons, c’est un centre-ville et des villages. Il ne faut pas oublier les Montois qui habitent dans le grand Mons en proposant une politique décentralisée au niveau des services." Le candidat bourgmestre veut aussi poursuivre le développement de la métropole montoise. "Mons a un potentiel économique important. On doit poursuivre sa promotion et sa défense à tous les niveaux de pouvoir."

Di Rupo n'est pas encore parti

Mais voilà, face à ce combat musclé Martin-Bouchez, il manquait immanquablement un rebondissement dans cette campagne montoise. Il s'appelle Elio Di Rupo! Aux premières loges, mais loin de l'arène, le maître de Mons s'est mis en retrait et assiste à la joute verbale qui oppose Nicolas Martin et Georges-Louis Bouchez. Il évite les coups! Avant de lancer le sien et de se replacer au centre du jeu en une petite phrase prononcée sur RTL il y a quelques jours. "La population choisira. Sera bourgmestre l'homme ou la femme qui aura le plus de voix dans le parti le plus important de la majorité. Cette question ne se pose pas".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content