Overijse | Rififi entre francophones

Le bâtiment Ter Nood (csc) à Overijse ©Olivier Polet

La principale liste francophone à Overijse ne comprend pas DéFI, jugé encombrant vis-à-vis des néerlandophones.

Overijse constitue une sorte de verrou entre Bruxelles et le Brabant wallon. C’est sans doute ce qui explique pourquoi cette commune de 25.000 habitants s’est toujours profilée comme très flamande. Et ce malgré une importante présence francophone (30%), cantonnée jusqu’ici dans l’opposition au conseil communal.

Ce statu quo communautaire pourrait toutefois changer. Premièrement parce que l’actuelle majorité flamande, qui rassemble CD&V, N-VA et Open Vld, est divisée. Deuxièmement parce que l’opposition francophone s’est débarrassée de DéFI, afin de se rendre fréquentable auprès des Flamands.

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Commençons par la majorité sortante. À peine élu en 2012, le bourgmestre Dirk Brankaer passe du CD&V à la N-VA. Et tant pis pour le cartel. Le 1er juillet 2017, sans prévenir, Brankaer prend sa retraite et cède le flambeau à Inge Lenseclaes, du même parti que lui et jusque-là présidente du CPAS. Echaudé par ces volte-face successives, l’Open Vld décide de s’associer avec les écologistes de Groen pour le prochain scrutin. De leur côté, CD&V et N-VA ne se voient pas poursuivre ensemble. Pas facile dans ces conditions de constituer une majorité flamande.

Les sociaux-chrétiens d’Overijse ont réussi à attirer une pointure avec la candidature de Marcia De Wachter, figure bien connue à la Banque nationale. Elle a quitté l’institution monétaire début 2018 et se présente en deuxième place sur la liste CD&V, bien qu’il n’y ait pas d’incompatibilité formelle entre la BNB et un mandat local.

Désunion francophone

Côté francophone, les choses ont également bougé. Comme dans la plupart des communes de la périphérie, les francophones se présentent sur une liste commune. Sauf qu’à Overijse, cette liste ne comprend pas le parti DéFI. Le chef de file d’Overijse Plus, Jean-Pierre Audag, a en effet exclu DéFI de sa liste, considérant ce parti comme infréquentable auprès des néerlandophones. "Nous n’avons pas envie de ranimer le feu communautaire, d’autant qu’il y a une réelle entente avec les néerlandophones au conseil communal", explique-t-il.

La ministre fédérale du Budget Sophie Wilmès (MR), qui habite Rhode-Saint-Genèse, a même été appelée à la rescousse pour tenter d’aplanir les choses, mais sans grand résultat. "Elle m’a reproché d’avoir mis le ver dans le fruit", déplore Jean-Pierre Audag qui souhaite au contraire faire campagne sur des thèmes d’intérêt général, à commencer par la mobilité.

Autre priorité: l’assainissement des finances communales, mises à mal par de lourds investissements ces dernières années: travaux d’égouttage, piste d’athlétisme, terrain de football, etc. Sans oublier la rénovation coûteuse de la maison communale, De Vuurmolen, premier bâtiment en béton armé construit en Belgique (1905) et donc classé.

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