Renaix | Les facilités s'invitent dans la campagne

L'école maternelle "Dr. Ovide Decroly" de Renaix ©Photo News

Majorité comme opposition souhaitent la suppression des facilités. Le dossier pourrait remonter jusqu’au fédéral.

Renaix, paisible commune de 26.000 habitants située en plein cœur des Ardennes flamandes, va-t-elle devenir un nouvel abcès de fixation communautaire, à l’image de Fourons dans les années quatre-vingt? En cause, les fameuses facilités dont la majorité communale (CD&V, N-VA et Open Vld), emmenée par le bourgmestre Luc Dupont (CD&V), souhaite se débarrasser.

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Le motif officiel, c’est que les facilités entravent la possibilité d’opérer une fusion avec d’autres communes. Le gouvernement flamand encourage en effet financièrement les fusions en octroyant un bonus de 500 euros par habitant. Pour Renaix, une fusion avec les communes voisines de Maarkedal et Kluisbergen serait synonyme de 13 millions d’euros de baisses de charges. Ce blocage est qualifié par le bourgmestre de "discrimination". Il considère par ailleurs que les facilités sont une charge (traduire les documents, personnel bilingue, etc.).

Le fédéral s’en mêle

En 2008 déjà, Renaix avait introduit une demande de suppression des facilités auprès du gouvernement fédéral, qui n’y avait cependant pas donné suite. Le 18 décembre 2017, le conseil communal de Renaix a approuvé à la quasi-unanimité (y compris au sein de l’opposition sp.a) une motion en faveur de la suppression des facilités. Plusieurs députés fédéraux N-VA ont embrayé et déposé début 2018, en dépit du gel communautaire convenu en 2014, une proposition de loi spéciale supprimant les facilités à Renaix. Problème: pour supprimer les facilités, l’article 129 de la Constitution devrait être ouvert à révision par la Chambre, et celle-ci devrait ensuite être dissoute.

La réponse du berger à la bergère n’a pas tardé avec la décision de DéFI de déposer une liste UF (Union des francophones) à Renaix.

Le bourgmestre Luc Dupont se montre peu impressionné: "Les Renaisiens francophones ne sont pas spécialement demandeurs. Leurs droits sont respectés, que ce soit avec ou sans les facilités. Ils le savent et ne se laisseront pas entraîner dans cette tentative de polarisation de la vie politique à Renaix."

Jusqu’ici, les faits semblent donner raison au bourgmestre, au vu des difficultés rencontrées pour constituer une liste UF. Il reste encore à rassembler une centaine de signatures d’ici le 15 septembre. "Le maintien des facilités n’est pas l’unique point de notre programme, précise André De Ruyver, avocat et chargé de constituer la liste UF à Renaix. Nous voulons surtout enrayer le déclin de la ville. Avec le départ de la bourgeoisie francophone, tout se perd ici. Le CD&V et la N-VA n’ont qu’une idée en tête, c’est de conserver leurs bastions de pouvoir que sont l’école, la clinique et l’hôtel de ville. Renaix était beaucoup plus prospère du temps où elle était plus francophone."

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