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Reynders et De Wever chez Bruneau pour parler élections anticipées

©Photo News

Le vice-Premier ministre Didier Reynders a discrètement retrouvé à la mi-décembre, à l’heure du lunch, le vice-Premier N-VA Jan Jambon et le président de la N-VA Bart De Wever. Au menu de cette rencontre, qui s’est tenue au restaurant étoilé Bruneau, aujourd’hui fermé: faire coïncider les différentes élections.

Le petit repas discret entre la N-VA et le MR – auquel la VRT a fait allusion hier – ne s’est pas tenu par hasard. En réalité, il s’agissait d’une réunion. Car ce n’est pas la première fois que Reynders rencontre les dirigeants de la N-VA chez Bruneau. La dernière fois, c’était en 2010, au moment où la N-VA était en négociations avec Elio Di Rupo (PS) en vue de la formation d’un gouvernement fédéral. C’est lors de cette rencontre que furent semés les germes de la collaboration entre les deux partis, ce qui a finalement abouti en 2014 à la mise en place du gouvernement Michel.

À l’époque, les patrons de la N-VA et du MR avaient été réunis par le lobbyiste Koen Blyweert. Le MR était représenté par Didier Reynders, Louis Michel et Jean-Claude Fontinoy (le bras droit de Reynders), et la N-VA par Bart De Wever et l’actuel président de la Chambre, Siegfried Bracke.

Sans les Michel

Cette fois-ci étaient présents du côté du MR Reynders et Fontinoy, sans les père ou fils Michel. Et pour la N-VA, De Wever, Jambon et son chef de cabinet Joy Donné.

D’après nos sources, c’est lors de cette rencontre que l’idée d’élections anticipées a été mise sur la table pour la première fois. En effet, la N-VA ne voyait pas d’un mauvais œil que les élections communales d’octobre coïncident avec les élections nationales, prévues pour mai 2019.

La N-VA aurait pu ainsi faire campagne avec ses thèmes de prédilection – comme la sécurité – pour les importantes élections communales. Le parti flamand a pensé que cette idée pourrait également plaire au MR, qui recueille lui aussi beaucoup de voix en misant sur les problématiques nationales.

Ce n’est bien entendu pas un hasard si les premières rumeurs concernant d’éventuelles élections anticipées ont commencé à circuler dans les médias peu de temps après cette rencontre.

Lorsque De Wever a menacé de quitter le gouvernement au début de l’année, en pleine crise des Soudanais, si un partenaire de la coalition exigeait la démission de Francken, la nervosité a augmenté d’un cran.

Le Premier ministre a perdu son sang-froid lorsqu’il a compris que la N-VA caressait l’idée d’élections anticipées. Une telle perspective aurait en effet pu être considérée comme un échec pour le Premier ministre, qui aurait été jugé incapable de mener son mandat à terme. Avec en prime le fait que tout cela avait été manigancé derrière son dos.

Pire encore, la présence de son collègue de parti Reynders – avec qui il est en désaccord depuis le changement de pouvoir au sein du MR – au cours de ces négociations secrètes avec le top de la N-VA aura davantage encore fait sortir le Premier ministre de ses gonds.

De plus, Michel se trouvait à ce moment-là sous le feu des médias francophones – en pleine crise des Soudanais –, qui le décrivaient comme étant la marionnette de la N-VA.

Double attaque

S’y ajoute le fait que la N-VA avait déjà empêché le Premier ministre de conclure un Pacte énergétique avant la fin de l’année et que Francken avait ensuite mis le Premier ministre dans l’embarras dans la crise soudanaise. "Une double attaque", peut-on entendre dans les cercles du MR. "Cela laisse des traces."

Se lancer dans des élections anticipées dans une telle atmosphère serait suicidaire pour le Premier ministre et son parti. C’est ce qui explique que Michel ait riposté violemment. Il a pour la première fois laissé entendre que la N-VA devait faire attention à ne pas risquer de perdre son unique partenaire francophone.

La N-VA n’a donc pas eu d’autre choix que de mettre au frigo ses projets d’élections anticipées. Une longue discussion a eu lieu entre le Premier ministre et Jan Jambon, au cours de laquelle la N-VA a assuré qu’elle continuerait à le soutenir jusqu’à la fin de la législature en 2019.

Le week-end suivant, Jambon l’a confirmé dans une interview: "Nous continuons jusqu’en 2019."


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