Saint-Josse-ten-Noode | A l'assaut de la citadelle socialiste

Emir Kir, bourgmestre socialiste de Saint-Josse. ©Dieter Telemans

Emir Kir s’est solidement installé au pouvoir mais gouverne à couteaux tirés avec l’opposition.

C’est un des derniers bastions socialistes de la capitale. A Saint-Josse-ten-Noode, commune marquée par une population jeune mais aux revenus parmi les plus faibles de Belgique, cela fait 70 ans que le PS jouit d’une majorité absolue. Depuis 2012, c’est le député-bourgmestre Emir Kir qui est le garant de cette domination (16 conseillers communaux sur 29) à laquelle il a souhaité arrimer le cdH. En ces temps électoraux, Emir Kir a le triomphe facile. "La majorité sort avec un bilan solide", dit-il. Avant de dérouler.

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L’enjeu financier? "L’assainissement a été réalisé et nous sommes parvenus à l’équilibre trois ans plus tôt que prévu. Nous avons évité la tutelle régionale, cela grâce à une maîtrise des dépenses de fonctionnement." Et grâce à des augmentations de taxes sur les bureaux, nombreux dans la commune. L’enjeu démographique? "Nous avons doublé le nombre de crèches." Projet urbain? "Soixante mesures dont le nettoyage des rues réalisé de 7 à 20h, nous avons doublé le nombre de corbeilles et lancé des projets dont une maison des cultures." 

Le bourgmestre met également en avant les prix des documents administratifs, les plus bas de Bruxelles, la gratuité des garderies scolaires et un large panel de primes (cheques sport, primes à la rénovation, etc.). "Nous sommes passés de 18 à 400 primes octroyées par an", ajoute-t-il.

Pas de quoi faire tomber en pâmoison une opposition, qualifiée de "destructrice" par le bourgmestre, qui ne rêve que de faire tomber le maître des lieux. Ecolo par exemple à l’ambition de "passer à une autre époque" et de renvoyer le PS dans l’opposition "après 70 ans de pouvoir". Les verts prônent une alliance de tous les autres partis, MR compris, pour contourner le PS. En ligne de mire: des problèmes de gouvernance et d’éthique "incompatibles avec une gestion rencontrant les besoins de la population", selon les verts.

Les scandales de gouvernance se répètent en effet dans la presse locale mais, selon le bourgmestre, ils ne reposent sur aucune réalité. "Notre gestion est saine et transparente, la seule manière pour l’opposition de produire de l’action politique, c’est de salir", dit Emir Kir. Ecolo critique encore le faible pourcentage de dépenses des subsides octroyés par d’autres niveaux de pouvoir pour souligner une gestion inefficace… Ce qui est contesté par le bourgmestre.

Autre dossier chaud de la commune: la prostitution dans la quartier Nord. Faute de solution globale pour Bruxelles à laquelle il serait prêt à participer, Emir Kir a décidé "d’éliminer le problème de la traite des êtres humains" sur son territoire. "Il y avait 103 carrées, nous en avons fermé 58. Il n’y en aura bientôt plus que 25 suite à l’ouverture d’une crèche dans le quartier." C’est le résultat d’un nouveau règlement communal qui sera probablement cassé par le Conseil d’Etat, indique l’opposition.

Pour Zoé Genot (Ecolo), le bourgmestre "se réveille un peu tard" alors que le règlement précédent fut cassé par le Conseil d’Etat, laissant un vide juridique qui  "a permis aux propriétaires de carrées de s’en mettre plein les poches".

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