Tervuren | Entre nationalistes et écologistes, la sauce a pris

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La majorité sortante N-VA, CD&V et Groen souhaiterait renouveler l’expérience.

Tervuren est une commune de 22.000 habitants où résident environ 25% de francophones mais sans bénéficier de facilités linguistiques. La commune héberge la British School of Brussels, ce qui explique la présence d’une importante communauté d’expatriés. Mais très peu (à peine 500 en 2012) s’inscrivent pour aller voter.

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L’actuelle majorité est un attelage assez hétéroclite qui rassemble N-VA, CD&V et Groen (devenu Groen+). On imagine mal ce type d’alliance au niveau fédéral… "On ne voit pas pourquoi écologistes et nationalistes ne pourraient pas s’entendre", s’irrite un membre de Groen+. D’autant que le bourgmestre Jan Spooren fait partie de l’aile gauche de la N-VA. Il est le spécialiste des matières sociales pour le parti nationaliste à la Chambre.

Dans l’opposition, on trouve l’Open Vld et l'ancien bourgmestre Bruno Eulaerts. Celui-ci, avocat, a occupé le mayorat de 2000 à 2012 mais n’était pas parvenu à former une nouvelle majorité en 2012, en dépit d’une victoire assez nette dans les urnes. En cause, une personnalité assez clivante qui a braqué certains partenaires potentiels, nous dit-on.

L’actuelle majorité est un attelage assez hétéroclite qui rassemble N-VA, CD&V et Groen.

Dans l’opposition, on trouve aussi les francophones de Tervuren Unie, le nouveau nom donné à l’Union des francophones (UF). Cette liste avait réalisé un gros score en 2006, en partie grâce au renfort apporté par Christian Van Eyken, jusque-là bourgmestre de Linkebeek depuis 1993 et aujourd’hui toujours seul francophone à occuper un siège de député au Parlement flamand. Il avait quitté Linkebeek pour venir s’installer à Tervuren. Pour cette élection-ci, il n’y aura pas d’effet Van Eyken, puisque l’intéressé doit répondre en justice du meurtre du mari de sa maîtresse (qui est aussi sa secrétaire).

Ceci étant, on trouve des francophones sur d'autres listes, chez Groen+ notamment où Christine Tinlot est conseillère depuis 2012. Elle se refuse pourtant d'être assimilée à un "attrape-voix". "Je suis une écologiste convaincue, mes priorités sont de lutter pour un monde meilleur pour nos enfants. Ce sont là mes engagements et ceci, quelle que soit la langue parlée. Il se fait que j’habite en Flandre et c’est donc tout naturellement que je m’engage auprès de Groen+." Elle précise que la liste Groen+ rassemble des Flamands, des Wallons et des Bruxellois ainsi que des expatriés (Hollandais, Allemands,…).

Acheter coûte cher

Il se dit que les membres de la majorité actuelle souhaitent rempiler si le verdict des urnes le permet. Les principaux thèmes de campagne sont la mobilité, toujours problématique en périphérie bruxelloise, et l’habitat, trop cher. Tervuren est la deuxième commune la plus chère du Brabant flamand, après Oud-Heverlee. Au point que beaucoup de Tervurenois se voient contraints de s’installer plus loin, en direction de Louvain. C’est pour contrer cet exode des jeunes néerlandophones que la commune met en vente des lotissements à des prix avantageux pour ceux qui ont un lien avec la commune.

Les conditions sont les suivantes: 
- Avoir vécu au moins 10 ans à Tervuren au cours des 15 années dernières années 
- Avoir vécu de manière continue à Tervuren pendant au moins 5 ans 
- Faire valoir une participation active à une association reconnue depuis au moins 5 ans au moment de la demande 

Christine Tinlot tient à souligner que, grâce à Groen+, la langue ne fait pas partie des critères. "Nous nous y sommes fermement opposés."

En outre, le groupe bénévole "Welkom Team Tervuren" accueille les nouveaux habitants en plusieurs langues. "Une initiative qui était une de nos conditions et que la N-VA a accepté", précise Christine Tinlot.

En dépit de l’absence d’entreprises, les finances communales sont plutôt saines et il n’y a pas eu de hausses d’impôts au cours de la législature écoulée. La réouverture du musée d’Afrique centrale, prévue le 8 décembre prochain, devrait relancer le tourisme local. Les autorités locales ne sont pas peu fières d’avoir obtenu le statut de commune touristique, ce qui lui donne la possibilité d’ouvrir les magasins le dimanche.

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