Tournai | Remariage ou divorce pour l'actuelle majorité?

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L’ambiance n’est plus au beau fixe entre le MR et le PS dans la Cité des 5 clochers.

Au centre de cette bisbrouille, on retrouve notamment les deux ténors politiques locaux, d’un côté le socialiste Rudy Demotte, ministre-président de la Communauté française et de l’autre la libérale Marie-Christine Marghem, ministre de l’Energie au gouvernement fédéral qui se critiquent mutuellement. "Cette majorité PS-MR est large mais régulièrement, il y a des votes fractionnés au sein du MR. Le MR négocie et revient après sur ses décisions", soupire Rudy Demotte.

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De son côté, Marie-Christine Marghem, qui avait créé une véritable surprise en 2012 avec un score record de 7.911 voix de préférence, soit un peu plus de 400 voix de plus que Rudy Demotte, voit derrière toutes ces tensions un problème identitaire. "Nous avons fait de bonnes choses avec le PS mais nous avons une vision différente de la ville. Certains (Rudy Demotte, NDLR) ne pensent pas la ville comme d’autres qui y vivent depuis toujours", analyse celle qui rêve de propulser les libéraux au sommet de Tournai. "Nous étions passés très près du 13e siège en 2012 et mon objectif est de faire grandir le MR afin de se retrouver en position d’être représentativement le plus fort ", prévient Marie-Christine Marghem qui brigue le mandat de bourgmestre et entend l’exercer en cas de victoire. "J’ai accompli quasiment la totalité de mon cahier des charges au Fédéral. Si j’ai l’autorisation de mon chef d’exécutif, je prêterai serment à la fin 2018."

J’ai accompli quasiment la totalité de mon cahier des charges au fédéral. Si j’ai l’autorisation de mon chef d’exécutif, je prêterai serment à la fin 2018.
Marie-Christine Marghem
Ministre de l'Energie

Elle retrouvera forcément sur sa route un Rudy Demotte déterminé à maintenir le PS en tête des voix.

Défi démographique et patrimoine

Mais derrière les différends politiques, PS et MR se rejoignent sur une série de constats par rapport aux grands enjeux de la ville. Sur le plan économique d’abord. Coincée dans l’ouest de la Belgique et à quelques encablures de la France, la ville de Tournai est confrontée à un véritable défi démographique. Rudy Demotte y voit même un des principaux enjeux pour l’avenir de sa ville. "Le taux de vieillissement est supérieur à la moyenne de la Wallonie picarde et de la Wallonie dans son ensemble. La pyramide des âges vieillit et les Tournaisiens de 20-30 ans quittent la ville. Certaines formations politiques ont une lecture conservatrice de Tournai et font de cette ville un lieu où des exilés fiscaux vivent et où les personnes âgées sont accueillies, mais par contre elles sont intolérantes par rapport à la jeunesse. Il faut un esprit dans cette ville qui soit réorienté vers la jeunesse en accentuant les évènements pour les jeunes."

Il faut un esprit dans cette ville qui soit réorienté vers la jeunesse en accentuant les évènements pour les jeunes.
Rudy Demotte
Ministre-président de la Communauté française

L’enjeu est partagé par Marie-Christine Marghem qui plaide pour que Tournai mène une politique qui maintienne les étudiants après leurs études. "Enormément d’étudiants viennent sur Tournai. C’est une richesse mais il faut parvenir à les maintenir ici en développant une économie qui permette aux étudiants d’entreprendre", estime la libérale qui prend en exemple le cas de la ville de Courtrai. "À Courtrai, des lieux ont été créés afin de permettre aux étudiants de rencontrer des entrepreneurs et ainsi leur transmettre la passion de leur travail. On doit arriver à faire la même chose à Tournai."

L’autre grande inquiétude des Tournaisiens et de ses représentants politiques touche l’étendue du patrimoine historique de la ville. Cette richesse culturelle pèse sur les finances. "Tournai est une cité médiévale mais ce patrimoine doit rejaillir encore plus dans la manière dont on entrevoit le développement de la ville", juge Marie-Christine Marghem. Rudy Demotte estime de son côté que sans l’aide financière de l’Union européenne et de la Région wallonne, la gestion de tout ce magnifique patrimoine historique serait une catastrophe pour la ville. "Tournai est une ville au riche passé mais elle est incapable de faire face à son capital historique. Elle n’a pas aujourd’hui les moyens de financer des chantiers comme la restauration de la cathédrale ou le musée des Beaux-Arts. Cette œuvre de l’architecte Horta nécessite un budget de 25 millions pour sa restauration or, nous n'avons trouvé que 18 millions. C’est pourquoi il est important de ramener une population jeune et qui a des revenus afin de remettre de l’activité économique dans Tournai. Et une des manières d’y arriver est certainement d’investir dans les différents quartiers de la ville."

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