Uccle | Le MR et sa majorité absolue en sursis

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Les libéraux ucclois doivent faire oublier le Kazakhgate et les dissensions internes.

"Plus personne ne me parle du Kazakhgate dans mes contacts avec la population."  Boris Dilliès (MR) affiche une certaine forme de zénitude à l’approche des élections communales. Le bourgmestre MR d’Uccle n’est en place que depuis un an, mais compte sur l’apaisement que connaît aujourd’hui son parti au plan local pour faire campagne dans de bonnes conditions. On va tout de même rappeler qu’il est devenu bourgmestre suite au retrait d’Armand De Decker, soupçonné de trafic d’influence à l’occasion de l’élaboration d’une loi sur la transaction pénale favorable à Patokh Chodiev pour "rendre service" à Nicolas Sarkozy. Ce dernier, alors président des Français, étant soucieux de bien se mettre avec le pouvoir kazakh sur fond de contrats militaires.

"Plus personne ne me parle du Kazakhgate dans mes contacts avec la population."
Boris Dilliès
bourgmestre de Uccle

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Complexe, l’enquête est en cours des deux côtés de la frontière et n’a pas à ce jour finalisé ses investigations sur le détail de l’implication d’Armand De Decker. Le scandale déclenché a toutefois précipité sa succession à la tête de la commune d’Uccle. Au final, c’est donc un  Boris Dilliès fort du soutien de Charles Michel et surtout, de celui de sa locale, qui tirera la Liste du Bourgmestre. Celle-ci perd deux poids lourds de 2012: Armand De Decker et Didier Reynders. Le vice-Premier ministre a choisi de faire l’impasse sur le scrutin communal faute de pouvoir s’imposer comme potentiel bourgmestre en 2018. Ce coup dur pour le MR s’accompagne d’une dissidence, celle de l’échevin libéral Marc Cools, qui lui aussi se verrait bien bourgmestre et se présente sur une autre liste, Uccle en avant. Consolation pour Boris Dilliès: aucun élu MR ne l’a suivi dans son aventure personnelle qui devrait coûter au moins un siège au MR.

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Ainsi déforcé, le MR perdra plus que probablement la courte majorité absolue décrochée en 2012. Tout le monde s’y prépare à Uccle. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un effondrement de l’électorat libéral à Uccle. Boris Dilliès assume pleinement le bilan de la majorité sortante constituée avec DéFI et le cdH en 2012 tout en se voulant novateur. Il revendique ainsi une baisse de 30% de la criminalité dans la commune, notamment grâce à la création d’une brigade des flagrants délits. Au niveau des finances, le bourgmestre insiste sur l’équilibre structurel du budget communal et une charge de la dette "dans la moyenne régionale".

Déménagement de la maison communale 

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L’opposition est beaucoup moins tendre, rappelant que la décision de réduire progressivement la part communale de l’impôt des personnes physiques n’a que très partiellement compensé la hausse de 10% du précompte immobilier décidée en 2015. Boris Dilliès défend également la centralisation des services communaux dans un bâtiment acheté 13 millions rue de Stalle et qui doit remplacer la maison communale à l’horizon 2020. La rénovation est aujourd’hui estimée à 30 millions d’euros alors que la facture globale avait été annoncée à 23 millions par Armand De Decker, déplore Thibaud Wyngaard, tête de liste Ecolo. La vente des bâtiments laissés par les administrations (aujourd’hui dispersées sur 7 sites) devrait alléger la facture, défend Boris Dilliès. Cette opération permettra "des conditions de travail décentes pour le personnel et un accueil digne de ce nom de la population", argumente-t-il. Ecolo craint que la commune soit tentée de vendre des biens sans lien avec l’administration, pour financer les surplus budgétaires.

Au niveau mobilité, le MR veut rompre avec le passé. En informant plus avant sur les 5 gares qui permettent de relier Uccle au centre-ville et à l’aéroport en quelques minutes. Le MR veut encore encourager l’usage du vélo, notamment en favorisant l’implantation d’acteurs privés du vélo électrique partagé. Créer un nouvel espace public dans le quartier du Bourdon, débarrasser la place Saint-Job du stationnement auto et implanter un stade de hockey figurent également au programme de la liste du bourgmestre.

 "Organiser des événements ne constitue pas une politique", décoche Thibaud Wyngaard à l’adresse d’un Boris Dilliès, connu notamment grâce au lancement des 10 km d’Uccle ou à l’organisation de mariages en plein air. "Cette majorité, largement dominée par le MR qui détient tous les leviers, manque cruellement de vision", dit l'Ecolo qui fustige notamment le retard important pris par la commune en matière mobilité douce. Les verts veulent créer 10 km de pistes cyclables au cours de la prochaine législature. Deuxième force politique, Ecolo a le vent en poupe, mais ne montera dans une majorité que sur base d’un programme pointu en matière de mobilité, de participation citoyenne, d’éthique et de gouvernance, prévient Thibaud Wyngaard.

DéFI aussi affiche ses appétits à Uccle et vise les 20% en profitant des déboires du MR. La tête de liste, Emmanuel De Bock axe sa campagne sur une baisse de la fiscalité financée par la baisse des dépenses de la commune. Les amarantes veulent également en finir avec la politique "des horodateurs partout", ajoute Emmanuel De Bock, qui est chef de groupe au Parlement bruxellois et risque d’être tiraillé entre ses ambitions locales et régionales. Le cdH est quant à lui emmené par Céline Fremault, ministre régionale bruxelloise. Elle a annoncé qu’elle ne briguera pas de fonctions locales et espère capitaliser sur sa popularité pour maintenir ses 3 sièges. Le PS, enfin, semble démobilisé à l’approche des élections, mais comptera sur un de ses piliers, Bernard Hayette, pour peser au lendemain du scrutin.

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