Uccle | Un préaccord MR-cdH pour atténuer les pertes

à droite, Boris Dilliès (MR) tire la Liste du Bourgmestre et Céline Fremault (cdH) espère maintenir ses trois sièges. ©BELGA

Les libéraux ucclois doivent faire oublier le Kazakhgate et les dissensions internes.

"Plus personne ne me parle du Kazakhgate." Boris Dilliès (MR) affiche une certaine zénitude à l’approche des élections communales. Le bourgmestre d’Uccle n’est en place que depuis un an, mais compte sur l’apaisement que connaît aujourd’hui son parti au plan local pour faire campagne dans de bonnes conditions. On va tout de même rappeler qu’il est devenu bourgmestre suite au retrait d’Armand De Decker, soupçonné de trafic d’influence à l’occasion de l’élaboration d’une loi sur la transaction pénale favorable à un trio d’hommes d’affaire Kazakhs. Ceci pour "rendre service" à Nicolas Sarkozy, présume-t-on, soucieux de bien se mettre avec le pouvoir kazakh sur fond de contrats militaires.

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Complexe, l’enquête est en cours et n’a pas à ce jour finalisé ses investigations sur le détail de l’implication d’Armand De Decker. Mais une fois déclenché, le scandale a précipité sa succession à la tête de la commune d’Uccle. Au final, c’est un Boris Dilliès fort du soutien de Charles Michel et de sa locale qui tire la Liste du bourgmestre. Celle-ci perd deux poids lourds de 2012: Armand De Decker et Didier Reynders. Le vice-Premier ministre a choisi de faire l’impasse sur le scrutin communal faute de pouvoir s’imposer en interne. Cet épisode aux relents claniques s’accompagne d’une dissidence, celle de l’échevin libéral Marc Cools, qui lui aussi se verrait bien bourgmestre et se présente sur une autre liste, Uccle en avant. Consolation pour Boris Dilliès: aucun élu MR ne l’a suivi dans son aventure personnelle qui pourrait tout de même coûter un siège, voire plus au MR.

"Plus personne ne me parle du Kazakhgate dans mes contacts avec la population."
Boris Dilliès
bourgmestre de Uccle

Ainsi déforcé, le MR perdra plus que probablement la courte majorité absolue décrochée en 2012. Tout le monde s’y prépare à Uccle. Boris Dilliès assume aujourd’hui un axe formé avec le cdH qui doit amortir ce recul. Un préaccord qu’il ne peut afficher avec DéFI, ouvertement candidat au mayorat. Mais le bourgmestre sortant assume pleinement le bilan de sa majorité constituée avec DéFI et le cdH en 2012 tout en se voulant novateur. Il revendique ainsi une baisse de 30% de la criminalité dans la commune, notamment grâce à la création d’une brigade des flagrants délits. Au niveau des finances, le bourgmestre insiste sur l’équilibre structurel du budget communal et une charge de la dette "dans la moyenne régionale".

Vert mais pas tendre

L’opposition est beaucoup moins tendre, rappelant que la décision de réduire progressivement la part communale de l’impôt des personnes physiques n’a que très partiellement compensé la hausse de 10% du précompte immobilier décidée en 2015. Boris Dilliès défend également la centralisation des services communaux dans un bâtiment acheté 13 millions d’euros rue de Stalle et qui doit remplacer la maison communale à l’horizon 2020. La rénovation est aujourd’hui estimée à 30 millions d’euros alors que la facture globale avait été évaluée à 23 millions par Armand De Decker, déplore Thibaud Wyngaard, tête de liste Ecolo.

"Organiser des événements ne constitue pas une politique."
Thibaud Wyngaard
Tète de liste ecolo

Au niveau mobilité, le MR veut rompre avec le passé. En informant plus avant sur les 5 gares qui permettent de relier Uccle au centre-ville et à l’aéroport en quelques minutes. Ou en encourageant l’usage du vélo via l’implantation d’acteurs privés du vélo électrique partagé. Créer un nouvel espace public dans le quartier du Bourdon, débarrasser la place Saint-Job du stationnement auto et construire un stade de hockey figurent également au programme de la Liste du bourgmestre.

"Organiser des événements ne constitue pas une politique", décoche Thibaud Wyngaard à l’adresse d’un Boris Dilliès, connu notamment grâce au lancement des 10 km d’Uccle ou à l’organisation de mariages en plein air. "Cette majorité, dominée par le MR qui détient tous les leviers, manque cruellement de vision", dit l’Ecolo qui fustige le retard pris par la commune en matière de mobilité douce. Deuxième force politique avec 7 conseillers, Ecolo a le vent en poupe, mais n’ira au pouvoir que sur base d’un programme pointu en matière de mobilité, de participation citoyenne, d’éthique et de gouvernance, prévient Thibaud Wyngaard.

DéFI aussi affiche ses appétits à Uccle et vise les 20% en profitant des déboires du MR. La tête de liste, Emmanuel De Bock axe sa campagne sur une baisse de la fiscalité financée par la baisse des dépenses de la commune. Les amarantes veulent également en finir avec la politique "des horodateurs partout", ajoute Emmanuel De Bock, qui est chef de groupe au Parlement bruxellois et risque d’être tiraillé entre ses ambitions locales et régionales. Le cdH est quant à lui emmené par Céline Fremault, ministre régionale bruxelloise. Elle a annoncé qu’elle ne briguera pas de fonctions locales et espère capitaliser sur sa popularité pour maintenir ses 3 sièges. Le PS, enfin, semble démobilisé, mais comptera sur un de ses piliers, Bernard Hayette, pour peser au lendemain du scrutin.

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