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Un retournement de veste n'est pas l'autre en politique

Le passage d’Annick De Ridder de l’Open Vld à la N-VA a fait beaucoup de bruit. ©BELGA

Le récit politique est jalonné de passages d’un parti à l’autre. Déceptions se mêlent souvent à des ambitions personnelles. Certains transfuges sont difficilement compréhensibles sur le plan idéologique.

Il en est des spectaculaires. D’autres finissent dans les oubliettes de l’actualité politique. Le passage d’Annick De Ridder de l’Open Vld à la N-VA fait incontestablement partie de la première catégorie. Fin 2013, alors âgée de 34 ans, cette figure du parti libéral flamand, dont le déclin n’échappait plus à grand-monde, décidait de changer de crémerie. Raison avancée: les couleuvres que son parti avait dû avaler sous le dernier gouvernement. "Ce fut l’une des décisions les plus difficiles de ma vie, justifiait alors la députée flamande. Mais je ne reconnais pas la manière dont Open Vld représente le libéralisme. Quand je vois ce que le parti accepte dans le gouvernement Di Rupo, je ne peux pas m’identifier à ça…". Aujourd’hui, l’Anversoise est l’une des personnalités les plus prometteuses du parti de Bart De Wever qui l’a placée en n°2 sur la liste pour les élections communales. Et ce n’est pas le procès en opportunisme que certains peuvent lui faire jusqu’au sein de la N-VA qui y changera quoique ce soit.

Ex-Ecolo, Marie Nagy est passée chez DéFI. ©doc rv

Ce type de retournement de veste fait partie intégrante du film politique. Avec plus ou moins de bonheur. Plus près de nous, on a pu enregistrer quelques transfuges notoires. À la Ville de Bruxelles, il y a quelques mois, la principale figure locale d’Ecolo, Marie Nagy, quittait la maison verte avec fracas pour rejoindre l’équipe de Fabian Maingain, aujourd’hui tête de liste DéFI. Un parti qui n’a pourtant pas comme core business la défense de l’environnement. À l’époque, elle avait expliqué ce divorce-remariage par un débat jugé impossible sur la laïcité chez les écologistes. Piqués au vif, les verts contre-attaquaient en pointant une personnalité difficile qui avait fini par s’isoler dans la locale bruxelloise. Celle-ci cherchait aussi à changer de leader.

Proximité idéologique

Du côté de Namur, les partis traditionnels s’inquiètent d’un autre changement de couleur qui, sur papier, peut faire quelques dégâts. Pierre-Yves Dupuis était socialiste, le voici DéFI. Et tête de liste pour les élections communales. En 2012, il était en deuxième place sur la liste PS et avait rassemblé quelque 2.700 suffrages. Un "score" qui rejette aujourd’hui toute accusation d’opportunisme. Interrogé par L’Echo, ce médecin à la fibre sociale affirmée rappelle que c’est en 2013 qu’il a quitté le Parti socialiste dont le travail d’opposition n’était pas suffisamment constructif à ses yeux. Il choisissait de siéger d’abord comme indépendant.

Pierre-Yves Dupuis ©BELGAIMAGE

"Olivier Maingain est venu me voir en 2014 et m’a fait des propositions pour les élections régionales et fédérales que j’ai refusées", assure-t-il. Sous sa nouvelle bannière, adoptée il y a un an et demi, Pierre-Yves Dupuis entend "revenir à zéro" et asseoir sa légitimité au plan local. À Namur, il y a eu du mouvement ces dernières années, en 2015, deux mandataires PS, Florence Collard et Christophe Capelle sont passés dans les rangs du cdH. DéFI, qui cherche à s’implanter en Wallonie, accueillait par ailleurs deux figures libérales du Namurois: Bernard Ducoffre et Françoise Kinet.

Ces premiers exemples ont un point commun. Ils illustrent des transferts opérés entre partis plus ou moins compatibles sur le plan idéologique. L’Open Vld est à droite, la N-VA encore plus. Quant au libéralisme social revendiqué par DéFI, il est en mesure de séduire dans à peu près tous les partis de l’échiquier. Le cdH revendique lui aussi ce centrisme fait pour plaire au plus grand nombre mais qui s’avère parfois difficile à vendre à l’électeur. D’autres rhabillages laissent plus songeur.

Grand écart

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Il y a quinze jours à peine, Naoual Hamdani, socialiste de Molenbeek, rejoignait la N-VA tout heureuse de trouver une candidate de plus pour les communales. C’est ce qui convient d’appeler un grand écart tant les projets de société proposés par les deux partis diffèrent. On se rappellera encore les débuts libéraux d’un Marc-Jean Ghyssels, aujourd’hui pilier bien planté du PS bruxellois. Ses déboires interpersonnels de l’époque chez les libéraux défrayèrent la chronique locale de Forest mais relativisons, l’histoire de Belgique a déjà connu son lot de voyages entre PS et parti libéral. Et il n’est pas interdit à un libéral d’avoir une fibre de gauche.

Après un début de carrière au FDF, un passage au cdH et un échouage au MR, quelqu’un comme Danielle Caron, ex-députée-échevine de Woluwe-Saint-Lambert, a par contre plus de mal à se défaire d’une image d’opportuniste politique.

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