Valse de démissions à Bruxelles-Ville

Philippe Close ©Debby Termonia

Une conseillère Ecolo démissionne à la Ville de Bruxelles pour faire monter Arnaud Pinxteren au collège. Trois conseillers PS de Bruxelles doivent passer la main en raison de conflits d’intérêts. À Uccle, la fronde de l’échevin MR Eric Sax tente de modifier une alliance MR/Ecolo.

Plusieurs majorités sont en cours de constitution dans des communes d’importance. À commencer par la Ville de Bruxelles où l’on s’apprête déjà à assister à une valse de démissions au sein du conseil communal pourtant élu depuis quelques jours à peine. Ce week-end, PS et Ecolo ont ouvert leur majorité à DéFI, ce qui préfigure la montée de Fabian Maingain comme échevin. Ecolo hérite de quatre échevinats au sein du prochain collège. Dont un pour le député bruxellois Arnaud Pinxteren qui n’a pourtant pas été élu dimanche. Il profite de la démission de Catherine Lemaitre "qui avait annoncé en interne qu’elle participerait aux élections mais ne souhaitait plus siéger", explique Arnaud Pinxteren.

Ce dernier quittera donc le Parlement bruxellois avec son collègue Christos Doulkeridis, futur bourgmestre d’Ixelles. Ce qui n’est pas sans causer quelques problèmes puisque leurs deux suppléants Elise Willame, fille d’Isabelle Durant, et Matteo Segers ne sont pas certains de s’engager au Parlement pour quelques mois seulement. Il faudrait donc chercher les quatrième et cinquième suppléants pour compenser le départ des deux députés. Mais rien n’est encore fait, dit Arnaud Pinxteren.

Trois pas de côté au PS

Côté PS de la Ville de Bruxelles, ça bouge pas mal aussi. Le parti a demandé à trois de ses nouveaux conseillers communaux de démissionner, révélait lundi la RTBF. Pour cause, ceux-ci travaillaient pour l’administration communale ou des structures liées à la Ville. "Il était clair depuis le début qu’ils auraient à choisir", explique-t-on du côté du bourgmestre socialiste Philippe Close. L’épisode interpelle évidemment puisque le PS ne pouvait pas ignorer ces possibles conflits d’intérêts avant de constituer sa liste. Dont acte.

Petit tour à Uccle où certains ne digèrent toujours pas l’accord conclu dès dimanche soir entre MR, Ecolo et cdH. Les mécontents sont verts et bleus. L’échevin libéral Eric Sax, qui ne retrouvera pas son poste mais demeure élu dans la nouvelle majorité, a annoncé qu’il ne soutiendra pas la tripartite négociée par son bourgmestre Boris Dilliès. Il juge que le poids d’Ecolo dans le nouvel attelage est trop important et laisse un rôle de pivot démesuré au cdH, pourtant perdant des élections. Si sa fronde gagne d’autres élus MR, Boris Dilliès pourrait être mis en difficulté mais on n’en est pas là.

"Il était clair dès le début que ces trois conseillers auraient à choisir."
Le cabinet Close

Chez Ecolo, l’alliance avec le MR, dont certains candidats avaient souhaité l’exclusion durant la campagne, ne passe pas toujours bien. Les nombreux commentaires sur la page Facebook de la locale en témoignent à l’envi. À Uccle, on se demande pourquoi la tête de liste Ecolo, Thibaud Wyngaard, forte d’une victoire historique, a renoncé au mayorat pour le laisser aux libéraux. D’autant qu’il avait fait passer le message à DéFI, au PS et à la liste de l’échevin libéral dissident Marc Cools que des discussions pourraient s’engager pour jeter le MR dans l’opposition et installer un bourgmestre Ecolo. Malgré la majorité suffisante des quatre acolytes, il n’en a rien été, l’assemblée générale d’Ecolo Uccle a validé l’accord avec Boris Dilliès dès dimanche.

En attendant le PTB

Toujours à Bruxelles, on a appris que la majorité Ecolo, MR, cdH de Forest, un peu courte, avait entamé des négociations avec DéFI afin de se renforcer. Les discussions sont en cours. La configuration est totalement différente à Molenbeek où la socialiste Catherine Moureaux tente de faire participer le PTB au pouvoir. Les deux possibles partenaires ont entamé leurs discussions lundi avec Ecolo qui n’est pas spécialement candidat au pouvoir.

Le PTB est également au centre de l’attention en Wallonie. À Liège, le bourgmestre sortant Willy Demeyer (PS) a bouclé son tour de table politique en terminant ses consultations avec DéFI ce lundi. Les choses devraient s’accélérer dans les prochains jours. Les instances du PS liégeois ont prévu de se réunir le 9 novembre afin de prendre leur décision sur le choix de la future coalition. Deux scénarios sont sur la table. Outre une coalition PS-MR, le PS pourrait également miser sur une tripartite PS-Vert Ardent-cdH.

Les choses avancent par contre moins facilement du côté de Charleroi où le bourgmestre socialiste Paul Magnette doit rencontrer le PTB pour la deuxième fois ce jeudi. "Ce n’est pas simple", a-t-il ainsi confié à nos confrères du Soir ce week-end. Le socialiste reproche aux communistes de ne pas venir avec des propositions concrètes ou d’avancer des propositions relevant davantage de la Région. Aux yeux du bourgmestre carolorégien, qui a proposé aux communistes deux postes d’échevin, le PTB doit réaliser qu’il ne peut obtenir 100% de son programme. "Si on rédige un programme de majorité, c’est un programme aux trois quarts PS et un quart PTB." Sans accord rapidement, le PS devrait se tourner vers d’autres partis comme Ecolo ou le MR et C+.

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