Vincent De Wolf et Didier Reynders associés pour relancer le MR bruxellois

Vincent De Wolf ©Dieter Telemans

Les deux ténors libéraux Vincent De Wolf et Didier Reynders se sont vus pour lancer un processus programmatique en vue des prochaines élections. Le clivage gauche-droite est ravivé par Alain Destexhe. Boris Dilliès est en proie à une fronde libérale à Uccle.

Elle aura fait son petit effet, la sortie de Boris Dilliès sur la gestion du MR bruxellois par Didier Reynders. Le président régional bruxellois et vice-Premier ministre est furieux de se voir identifié par son Ucclois de bourgmestre comme responsable de la déroute électorale qu’a connue le MR dimanche. On ne va pas s’étaler à nouveau sur les majorités perdues et les mayeurs déchus, la situation des libéraux bruxellois a sauté aux yeux de tous les observateurs: elle est mauvaise.

On rappellera tout de même que cette semaine, Vincent De Wolf, fort de son maintien à Etterbeek, enjoignait au MR de vite revenir à ses fondamentaux de centre-gauche et au libéralisme social qu’il n’a, lui, au niveau local, jamais trahi. Il prône la fin de ce qu’il appelle l’axe Destexhe-Courtois trop marqué à droite par rapport aux aspirations des Bruxellois. La réaction de l’aile droite de son parti n’allait pas traîner. Alain Courtois, défait à la Ville de Bruxelles, ayant annoncé sa retraite et sa reconversion prochaine dans le théâtre amateur, c’est Alain Destexhe qui s’est chargé de la réplique. "Si le MR ne se droitise pas, il deviendra non pertinent dans le débat politique et, comme d’autres, contribuera à la fin de la Belgique", a-t-il décrété via l’agence Belga.

Un candidat à droite

"D’élections communales aux enjeux locaux, certains s’empressent de tirer des conclusions pour les élections régionales, fédérales et européennes et revendiquent même fièrement une sensibilité de gauche, ajoute Alain Destexhe. Alors que les défis européens, belges et bruxellois sont énormes, les mêmes les ramènent à des questions de proximité, voire de simple clientélisme politique… Oubliés les attentats du 22 mars. Oubliés les Bruxellois partis en Syrie. Oubliés le fondamentalisme islamiste et l’intégration ratée. Le système Moureaux triomphe à Molenbeek… Faisons comme s’il suffisait de se mettre en position de faire des accords avec ce PS-là."

Dans sa lancée, il pose sa candidature comme tête de liste pour les prochaines élections régionales. Ce qui en a fait rire plus d’un à l’intérieur du MR. "Il faudrait peut-être songer à sortir de la dichotomie gauche-droite et proposer des solutions aux problèmes des gens", ironisait un libéral. Entre le centre-gauche, la droite et le pragmatisme, le message MR part un peu dans tous les sens en ce lendemain de veille.

La réconciliation idéologique entre Destexhe et De Wolf relevant de l’inaccessible rêve, ce sont les ambitions de Boris Dilliès – voulant "jouer un rôle plus important au sein du MR Bruxellois" – qui focalisent l’attention des ténors. Et assez paradoxalement, les contraires commencent tout de même à s’attirer. Un axe Reynders/De Wolf est en train de voir le jour. Vous lisez bien! La nuit du scrutin, tard, Didier Reynders a appelé le bourgmestre d’Etterbeek pour le féliciter d’être le seul libéral bruxellois à avoir progressé. Un geste que De Wolf a apprécié, lui qui a longtemps, et ostensiblement, été snobé par Reynders.

©Jonas Lampens

Mais les choses n’en restent pas là puisque de concert, Reynders et De Wolf ont l’intention de mettre un coup de fouet au MR bruxellois. Les libéraux se sont vus jeudi midi et devraient sous peu proposer une série de lignes de réformes à imprimer avant de partir en campagne pour 2019. "Il y a là aussi une alliance objective, décrypte un libéral. Reynders veut la tête de liste pour les législatives et De Wolf pour les régionales, ils ont donc tout pour s’entendre, c’est une entente de circonstance." Wait and see.

En attendant, on the record, Didier Reynders fuit les micros comme la peste – tout comme le Premier ministre Charles Michel qui préfère s’asseoir à la table du Premier ministre chinois et de ses collègues européens plutôt que de mettre les mains dans le cambouis belgo-belge. "C’est quand même hallucinant de déconnexion, observe un haut responsable politique flamand. On ne sait plus avec qui traiter au MR tellement ce parti est affaibli."

Quant à Boris Dilliès, il a deux ou trois chats à fouetter avant de partir à l’assaut du MR bruxellois. Dans son fief ucclois, il est confronté à une fronde d’élus libéraux fâchés d’avoir perdu leur échevinat suite au poids pris par les écologistes dans le prochain collège. Les Verts auront quatre échevins sur huit, n’en laissant que trois au MR, s’énerve-t-on chez les Bleus. Les élus se sont réunis hier soir chez Carine Gol, échevine restante, pour déminer la situation. À l’heure d’en finir avec cet article, il semble que Boris Dilliès y soit parvenu. Jusqu’à quand? Wait and see.

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