Watermael-Boitsfort | Olivier Deleuze passe ou se casse

©Thierry du Bois

Trois candidats-bourgmestres se disputeront la commune en octobre.

"Avant de gérer autrement, il faut gérer", aime à répéter Olivier Deleuze. L’unique bourgmestre Ecolo de Bruxelles de tous les temps l’assume, il n’a pas souhaité faire de Watermael-Boitsfort un laboratoire local de l’écologie politique. Sa plus grande fierté demeure toutefois l’effort de transparence réalisé par les autorités communales lors de l’affaire Publifin. "Tout, absolument tout, est publié... On ne peut pas faire plus en la matière", dit Olivier Deleuze. Autre contentement, la réduction impressionnante de la dette communale passée de près de 22 millions à 15 millions d’euros. "C’est important car cela nous rend moins dépendants des banques et de la Région", se réjouit-il en admettant aussi que cette réduction de dette fut synonyme de moins de rénovation de trottoirs et de bâtiments communaux.

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Pour le reste, il se réjouit surtout de vivre dans un "village urbain" où chacun peut se sentir bien malgré de grandes disparités sociales. Watermael-Boitsfort est un petit paradis vert de Bruxelles où les prix de l’immobilier ont explosé mais demeure caractérisé par un grand nombre de logements sociaux. Entre les deux, "les classes moyennes sont sous pression", regrette le bourgmestre. Si Olivier Deleuze veut donc rempiler six ans de plus pour un mandat mayoral qui serait son dernier, il ne sera pas l’échevin d’un autre, prévient-il encore. S'il est réélu, il se propose de permettre aux habitants de choisir l’affectation d’une partie du budget communal.

Dans l’autre coin du ring: Martine Payfa. Celle qui fut bourgmestre FDF (aujourd’hui DéFI) de la commune durant 18 ans après avoir succédé à sa mère entend récupérer le trône perdu en 2012 suite au changement de majorité. "Ceux qui s’attendaient à une gestion écologique avec Olivier Deleuze ont été déçus", mord-t-elle d’emblée. Elle dénonce notamment les tentatives de bétonisation de certains lieux comme la place Keym où la mobilisation citoyenne a fait reculer le projet de rénovation de la commune. "Nous sommes maintenant à la recherche d’une gestion écologique, participative, ambitieuse et chaleureuse", ajoute Martine Payfa. Son handicap: sa situation, même en interne, n’est pas idéale. Un vote de la locale DéFI avait en effet placé quelqu’un d’autre (Anne Spaak, parente d’Antoinette) en tête de liste avant que Martine Payfa introduise un recours au parti et que le président Olivier Maingain l’impose comme tête de liste. Ce choix ne sera pas forcément payant alors que la personnalité de Martine Payfa, perçue comme revancharde, ne facilitera pas les alliances. Ecolo pourrait s’allier avec DéFI mais à la seule condition qu’elle fasse un pas de côté, dit par exemple Olivier Deleuze.

Ce scénario de reconduction de la vieille alliance DéFI-Ecolo (2006-2012) grâce à la mise à l’écart de Martine Payfa est alimenté par le désamour quasi complet entre MR et DéFI. Il fait craindre le pire au troisième candidat bourgmestre: David Leisterh. Ce jeune libéral (34 ans) est président du CPAS et travaille donc avec Ecolo depuis 2012. Durant la législature qui s’achève, il est parvenu à rallier l’autre partenaire de la majorité, Gestion Municipale, une liste tendance cdH. Total: 6 sièges. Les deux se présenteront ensemble aux élections. Avec pour objectif d’incarner "une énergie nouvelle dont la commune a besoin", lance David Leisterh. Son programme repose sur le renforcement de "la cohésion sociale et l’efficience des services en faisant de WB une commune avant-gardiste au travers de projets novateurs".

Selon Martine Payfa, la majorité actuelle est prête à repartir pour 6 ans, ni Ecolo ni MR-GM ne l’ayant approchée jusqu’ici. Pour emporter les mayorat, elle doit donc "se rendre incontournable", dit-elle. En raflant 15 sièges sur 29 (DéFI en a 10 sur 27 actuellement) ou en étant suffisamment forte pour construire une majorité avec l’autre parti de l’opposition: le PS, qui ne pèse que 2 sièges.

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