Wavre | L'absence du "grand Charles"

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C’est sans le nom de Charles Michel sur sa liste que le MR wavrien ira aux élections en octobre 2018. Mais les libéraux ne sont pas les seuls à perdre un faiseur de voix. Le PS accuse aussi un départ de taille: à quelques mois des élections, les socialistes ont perdu leur tête de liste Stéphane Crusnières.

Voilà qui risque de relancer un peu un suspens quasi mort dans la cité du Maca. Alors que les libéraux, à la tête de la ville depuis des décennies, partent aux élections communales dans un fauteuil, le renouvellement des listes pourrait rebattre les cartes et créer (un peu) de suspens.

En majorité absolue, fort de ses 20 sièges, le MR wavrien a, a priori, peu de chances de se faire renverser en octobre prochain. Loin derrière, le PS (4 sièges), Ecolo (4 sièges), le cdH (3 sièges) partent en ordre dispersé. Les partis de l’opposition, trop divisés, n’ont pas conclu d’alliance. Au mieux pourront-ils espérer grappiller quelques voix, voire l’un ou l’autre siège. Mais sans préjuger du résultat des urnes, le job s’annonce difficile.

Sans Charles Michel

Le MR, pourtant, perd un gros atout : Charles Michel, qui a été le moteur de la Liste du Bourgmestre en 2012 (4.983 voix de préférence), ne se représente plus. Ce qui, aux yeux de beaucoup, a le mérite de clarifier la situation. Ses détracteurs ont régulièrement critiqué le fait qu’il n’ait pas tenu jusqu’au bout sa promesse de s’investir à 100% dans la ville. Mais un poste de Premier ministre ne se refuse pas. Et c’est donc sa bourgmestre faisant fonction, Françoise Pigeolet, qui a tenu les rênes à partir de 2014. Mais avec l’homme le plus puissant du MR, l’œil constamment posé par-dessus son épaule… Et des dossiers qui, au dire de l’opposition, avancent couci-couça, son absence ayant un impact négatif sur la gestion communale.

Après octobre 2018, cet écueil devrait être résolu. Françoise Pigeolet tirera la Liste du Bourgmestre, une liste d’ouverture qui inclut 5 candidats non affiliés au parti, avec l’intention de décrocher un le poste de bourgmestre en titre cette fois, et plus ff (faisant fonction). Reste à voir si elle va récupérer une partie de la popularité de Charles Michel. En 2012, elle était loin dernière le bourgmestre en titre, avec 2.013 voix de préférence. 

Elle va affronter un PS, lui aussi déforcé. Alors qu’il était désigné candidat tête de liste, la figure de proue des socialistes wavriens, le conseiller communal et député fédéral Stéphane Cusnières (564 voix de préférence) a annoncé début juillet qu’il quittait la vie politique pour devenir directeur administratif et financier de la régie communale autonome de Wavre. Il a été remplacé par la conseillère communale Kyriaki Michelis. Ecolo, lui, mise sur la jeunesse, avec en tête de liste le conseiller communal Christophe Lejeune. La liste cdH sera, elle, tirée par Benoît Thoreau, le candidat d’opposition qui avait obtenu le plus de voix de préférence en 2012. DéFI, qui présente des listes dans une vingtaine de communes du Brabant wallon, a positionné en tête de sa liste le conseiller provincial Luc D’Hondt, comme en 2012.

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L’opposition wavrienne, bien qu’éclatée, risque de mettre en avant et de concert le manque de vision de la majorité quant au développement de la ville. De nombreux projets ont été lancés, comme la construction d’un centre culturel, le réaménagement du centre-ville, et d’autres sont planifiés, comme la construction d’une piscine, l’extension du piétonnier, la réalisation d’un contournement de la ville (très contesté, il oppose des intérêts économiques dépendant de l’amélioration de la mobilité, et environnementaux).

L’opposition s’est à cet égard élevée contre le manque de vision en termes de mobilité: Wavre, qui accueille de nombreuses écoles et qui est barrée par 7 passages à niveau, est une ville engorgée par la circulation en heure de pointe. Si des études ont été réalisées pour solutionner les problèmes, les mesures n’ont pas été prises (excepté la perspective du contournement nord, qui a subi un premier échec en 2014). Or, de nombreux projets d’implantation d’entreprises sur le sol wavrien seraient actuellement conditionnés à la fluidification du trafic.

Autre pomme de discorde entre majorité et opposition wavrienne: l’approbation par le conseil communal du permis pour la construction d’une gigantesque tour-hôtel de 120 mètres, projet qui finalement a été recalé par le ministre wallon Carlo Di Antonio. Le promoteur à l’œuvre travaillerait néanmoins à une version rabotée.

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