Les promesses des partis italiens, comme une liste au Père Noël

©EPA

Les programmes politiques auront peu compté dans cette campagne électorale italienne, marquée plutôt par des rhétoriques enflammées et la désinformation. Cependant, la générosité était de mise pour les différents partis en lice.

Jamais des programmes politiques n’auront si peu compté dans une campagne électorale. Cette dernière course aux urnes en Italie a été plutôt marquée par des rhétoriques enflammées, des personnalités antagonistes et de fortes doses de désinformation.

La seule vraie tendance partagée par les divers partis en lice est une soudaine et farfelue "générosité". Toutes les formations politiques ont, en effet, promis des dépenses publiques et des allégements fiscaux supplémentaires. Pour le financement des mesures, on verra plus tard.

"On dirait la campagne électorale de la Laponie."
matteo renzi
leader du parti démocrate

D’après la calculatrice du quotidien Repubblica, les promesses de l’ensemble des partis politiques avaient déjà dépassé les 200 milliards d’euros au début de l’année, soit 12% du PIB. "La campagne en Italie ressemble à une liste de cadeaux pour le Père Noël, décrit lui-même le leader du Parti démocrate (PD) Matteo Renzi. On dirait la campagne électorale de la Laponie."

"Nous sommes en présence d’une propagande électorale irresponsable qui a peu ou rien à voir avec les politiques économiques et fiscales nécessaires au développement stable de l’économie italienne", prévient pour sa part Stefano Passigli, ancien sénateur et éditorialiste pour le quotidien Corriere della Sera.

Flat tax

La coalition de centre droit menée par Silvio Berlusconi promet un impôt sur le revenu à taux unique pour aider les ménages et combattre l’évasion fiscale. Matteo Salvini est d’accord… Dommage que les deux alliés ne se soient pas encore mis d’accord sur le niveau de cette flat tax. Berlusconi la situe à 23% des revenus, Salvini à 15%.

Pour l’anecdote, au rang des promesses de Berlusconi, on pointera la… gratuité des dentiers en faveur des plus de 65 ans.

Le Parti démocrate de Matteo Renzi promet aussi des réductions fiscales pour les familles et les entreprises mais dans son programme, qui prévoit aussi une ambitieuse réduction de la dette publique (à 100% du PIB en 10 ans), aucune couverture financière n’a été clairement envisagée pour réaliser ces projets.

Le M5S de Luigi Di Maio est aussi impatient de couper… mais ses domaines de prédilection sont plutôt la "jungle normative" qui handicape l’Italie, et les privilèges des représentants politiques en commençant par leurs salaires, remboursements de frais et retraites. Ce qui ne l’empêche pas de promettre des retraites minimum à 780 euros net ou encore le recrutement de milliers de fonctionnaires (policiers et professeurs entre autres).

Immigration

L’immigration est un autre thème explosif qui a dominé cette campagne électorale. Les programmes électoraux sont pourtant assez flous à ce sujet. Les partis de centre droit promettent le rapatriement de tous les clandestins… sans expliquer les modalités d’un effort aussi titanesque.

Le PD adopte une position ambivalente qui oscille entre sa sincère volonté d’accueil et la nécessité d’écouter la voix de cette Italie profonde, qui tend désormais à confondre immigration et délinquance. Le M5S, de son côté, considère la gestion de l’immigration comme "le plus grand échec" des partis traditionnels, et prévoit la décentralisation de cette gestion par la création de diverses commissions territoriales.

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